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résumé de la page

Cinq sermons divers délivrés par Bouddha à des personnes différentes, qui visent tous à corriger des vues erronées.

autres sermons

Le brahmane Pañcagga

Il était une fois un brahmane nommé Pañcagga, parce qu’il offrait toujours son riz en tout premier lieu et à chacune des cinq phases de sa préparation (du fauchage au service dans l’assiette) à Bouddha et au saṃgha : « pañca » signifie « cinq » et « agga » signifie (dans ce cas) « en premier lieu ». (1) Quand il fauchait le paddy, avant de consommer le riz pour lui, il allait l’offrir au saṃgha. (2) Quand il faisait tourner les bœufs sur le paddy (pour récupérer les derniers grains), avant de consommer ce riz pour lui, il allait l’offrir au saṃgha. (3) Quand il mettait tout le riz dans les silos, avant de le consommer pour lui, il allait l’offrir au saṃgha. (4) Quand il cuisinait le riz dans la grande marmite, avant de le consommer pour lui, il allait l’offrir au saṃgha. (5) Quand il servait le riz dans les assiettes, avant de le consommer pour lui, il allait l’offrir au saṃgha.

Bouddha demeurait au monastère de Jetavana, dans le royaume de Sāvatthi. Un matin, alors qu’il vit (par ses pouvoirs mentaux) que ce brahmane et son épouse étaient mûrs pour la réalisation du dhamma, il alla faire sa collecte près de chez eux. Quand il arriva devant leur petite maison, il s’y arrêta, demeurant silencieux. Le brahmane Pañcagga ne pouvait pas voir Bouddha, car il lui tournait le dos. Il était en train de manger. Son épouse, en revanche, vit le Bienheureux. Elle songea à cet instant :

« Si mon époux aperçoit Bouddha, il lui offrira notre riz. S’il fait ainsi, on devra aller chercher encore du riz, et je n’en ai pas la volonté. »

Elle s’approcha discrètement du Bienheureux, et lui chuchota à l’oreille :

« Désolée, Vénérable Bouddha, nous n’avons rien à donner, aujourd’hui. »

Bouddha fit un non de la tête, tout en restant sur place, ce qui fit rire la brahmane. Il rayonna soudainement de ses fameuses lumières de six couleurs dans toute la maisonnette des brahmanes. Comme le brahmane les vit très clairement et qu’il entendit aussi le rire de son épouse, il se retourna et la gronda :

« Bouddha est ici et vous ne me dites rien ? »

Il avait déjà consommé la moitié de son riz. Comme il voulut offrir le reste de son repas à Bouddha. Le brahmane, devant sa maison, offrant du riz à Bouddha qui attend avec son bol.Il lui dit :

« Habituellement, je vous offre toujours le riz avant d’avoir commencé à manger. Aujourd’hui, j’ai déjà commencé à manger. Puis-je tout de même vous offrir ce riz ?

— Pañcagga ! Qu’il s’agisse de nourriture avant d’avoir mangé, qu’il s’agisse de nourriture pendant que l’on mange, ou qu’il s’agisse de restes de nourriture après avoir mangé, il est convenable de l’offrir aux moines de la même manière. Telle est la pratique des moines ; ils mangent ce qu’on leur donne. Un moine ne doit pas complimenter la nourriture qu’on lui donne, ni la critiquer.

— Ô noble Vénérable ! Quel genre de personnes sont les moines ?

— Ceux qui ne développent pas d’attachements sur les nāma (consciences) et les rūpa (matières) sont des moines. »

À cet instant, Bouddha enseigna une gāthā aux deux brahmanes à l’issue de laquelle ils devinrent anāgāmi.

Le moine malade, soigné par Bouddha

Bouddha effectuait régulièrement une tournée des monastères, dans le souci de contrôler si tout se passait pour le mieux, et de régler les éventuels problèmes qui pouvaient se manifester. Comme pour la plupart de ses déplacements, son fidèle cousin, le Vénérable Ānandā, l’accompagnait lors ces visites d’inspection. Un jour, lors de l’une de ces tournées, le Bienheureux aperçut un vieux moine malade, qui s’appelait Putigatta. Le vieux moine était affligé d’une diarrhée aiguë, il se traînait lamentablement dans ses propres excréments. Interrogé par le Bienheureux, le Vénérable Putigatta put lui répondre, en dépit de sa grande faiblesse. Il lui déclara :

« Personne ne s’occupe ni même ne fait attention à moi. Je n’ai plus de famille, et pas d’amis. »

Bouddha prit immédiatement soin de lui. Il le lava lui-même à l’aide d’eau chaude que lui apporta le Vénérable Ānandā, et tous deux le mirent sur une robe propre avant que la sienne soit lavée et séchée (les moines utilisent leurs robes comme draps). Bouddha soignant le moine malade.Quand le Bienheureux eut apporté au moine malade les soins nécessaires au soulagement de sa douleur, il réunit tous les moines du monastère pour les réprimander d’avoir abandonné leur compagnon sans aide. Il expliqua qu’il est dans le devoir de chacun de s’occuper les uns des autres, et que le saṃgha est comme une famille, dans laquelle aucun membre ne doit être délaissé par les autres. Ensuite, Bouddha conclut :

« Les moines qui prennent soin de moi sont ceux qui prennent soin des malades. »

Le sermon au jeune Singāla

Sur le chemin du retour à Rājāgaha, le Bienheureux effectuait sa collecte de nourriture. Ce matin-là, il vit un jeune homme aux cheveux et aux vêtements trempés d’eau, qui se prosternait humblement face à six directions : vers l’est, vers le sud, vers l’ouest, vers le nord, vers le ciel et vers la terre. Interrogé par Bouddha, le jeune homme, qui s’appelait Singāla, lui expliqua :

« Ô noble Bouddha ! Je fais toujours ainsi, car mon père, avant de mourir, a tout juste eu le temps de me donner une dernière recommandation : “Ô fils ! Chaque jour, mouillez-vous intégralement, et prosternez-vous vers les six directions !”

— Vous avez raison de respecter chaque jour la dernière volonté de mon père, mais il convient de ne pas suivre cette recommandation à la lettre. Comme il était mourant, il n’a pas eu le temps de vous donner sa recommandation en détail. Néanmoins, il savait que lorsqu’un sage vous verrait faire ainsi, il en comprendrait la signification et serait alors en mesure de vous l’expliquer. En voici donc la signification :

“mouillez-vous intégralement” est une métaphore qui exprime la fraîcheur de mettā, l’amour et la bienveillance dont il faut rayonner de tout son être, en toutes situations.

Les six directions, quant à elles, correspondent aux personnes qu’il convient de respecter et d’honorer :

l’est pour le père et la mère ;

le sud pour ses professeurs ;

l’ouest pour son épouse (pour son époux si l’on est une femme) ;

le nord pour le reste de sa famille, pour ses amis et pour ses voisins ;

le ciel pour les sages — les moines, les ascètes, etc. ;

la terre pour ses employés. »

Ensuite, Bouddha enseigna au jeune Singāla les devoirs de chacun dans la société, qui font l’objet du Singālovāda sutta, avant de poursuivre :

« Il y a quatre choses qui doivent être soigneusement évitées : 1) le meurtre, 2) le vol, 3) la méconduite sexuelle et 4) le mensonge.

Il y a quatre types de causes qui incitent à commettre de mauvaises actions : 1) la partialité ou le fait d’être influencé, 2) l’hostilité, 3) la stupidité et 4) la crainte.

Il y a six façons de gaspiller lamentablement sa richesse : 1) boire de l’alcool ou consommer des intoxicants, 2) errer à l’extérieur tard dans la nuit, 3) passer trop de temps dans les fêtes et les divertissements, 4) s’adonner au jeu, 5) s’associer avec des amis nuisibles ou paresseux, 6) rechercher la compagnie de femmes supplémentaires – en plus de son épouse – (d’hommes supplémentaires pour les femmes – en plus de son époux). »

Écoutant respectueusement le sermon que lui délivrait Bouddha, le jeune Singāla lui avoua :

« Soudainement, je me souviens que mon père me disait souvent combien merveilleux était l’enseignement de Bouddha. Bien qu’il m’ait fréquemment incité à aller écouter vos enseignements, je lui donnais toujours un prétexte pour ne pas y aller : “c’est trop ennuyeux”, “je n’ai pas le temps”, “je suis trop fatigué”, “je n’ai pas de quoi faire un don au saṃgha”… Dorénavant, je vous promets de m’appliquer à la recommandation de mon père, tel que vous m’en avez enseigné la véritable signification. Veuillez me considérer, dès aujourd’hui, comme votre upāsaka ! »

Le Vénérable Vakkali, admirateur de la beauté de Bouddha

Dans le royaume de Sāvatthi, vivait un homme nommé Vakkali, qui avait une admiration sans limite pour Bouddha, et en particulier pour la pureté de son esthétique. Un jour, il songea :

« En demeurant dans ce village, je n’ai pas l’occasion d’admirer la beauté parfaite de Bouddha. Par contre, si j’étais moine, j’aurais tout le loisir de l’admirer de près. »

C’est alors qu’il entra dans le saṃgha. Il était si préoccupé par admirer l’apparence du Bienheureux qu’il ne faisait rien d’autre de ses journées, négligeant ainsi de se consacrer à la pratique du dhamma. Il suivait Bouddha dans ses moindres déplacements, même pendant la collecte de nourriture, comme s’il était son ombre. Bouddha ne disait rien, attendant qu’il se ressaisisse. Néanmoins, au lieu d’étudier l’enseignement de la réalité ou de s’entraîner au développement de la connaissance par la vision directe de la réalité, il se contentait toujours de s’émerveiller de l’apparence du Bienheureux.

Un jour, Bouddha répondait à une invitation de trois mois dans le royaume de Rājāgaha, laissant le Vénérable Vakkali à Sāvatthi. Celui-ci s’était tant attaché à regarder constamment Bouddha auprès de lui qu’il ne supportait pas l’idée de vivre sans le voir. Il se morfondait à longueur de journée dans une profonde tristesse, attendant impatiemment le retour du Bienheureux. Au bout de trois mois, lorsque Bouddha rentra, il constata que rien n’eut changé dans son attachement, et il sut alors que seul un choc violent serait en mesure de le pousser à réfléchir sur le caractère futile de ses attachements. Ainsi, il le convoqua pour le chasser :

« Vakkali ! Partez d’ici et allez vivre ailleurs ! Il n’y a pas le moindre bénéfice à regarder ce corps. Ceux qui voient le dhamma me voient ! Ceux qui ne voient pas le dhamma ne me voient pas ! »

Le Vénérable Vakkali fut tant accablé de tristesse qu’il décida d’aller se jeter du haut de la montagne Gijjhakīṭa. Lorsque, à l’aide de ses pouvoirs psychiques, Bouddha le vit arriver en haut de la montagne, il voulut le réconforter afin de lui éviter le suicide. Il fit alors apparaître une radieuse et chaleureuse image de lui, en lui enseignant les quatre nobles vérités, mais il avait déjà sauté dans le vide qui entourait la haute falaise. Pendant sa chute, toutes ses pāramī parvinrent à maturité à l’écoute de la parole du Parfait. Il devint arahant en quelques instants et parvint à développer les abhiñña à temps pour s’épargner l’écrasement fatal au sol.

Peu après, le Vénérable Vakkali reçut du Bienheureux la distinction particulière de l’être ayant la plus forte vénération pour Bouddha.

Le sermon au brahmane Akkosa Bhāradvāja

Irrité par les fréquentes intégrations dans le saṃgha des brahmanes de son clan, le brahmane Akkosa Bhāradvāja se fâcha contre Bouddha, lui proférant des blasphèmes et de virulentes insultes. Subissant patiemment les vulgarités hostiles du brahmane, Bouddha lui demanda :

« Supposons que des parents vous rendent visite et qu’ils repartent sans avoir accepté la nourriture que vous leur avez offerte. Qu’advient-il de la nourriture laissée ?

— De toute évidence, cette nourriture me reviendrait ! Ce que les autres ne veulent pas, je le garde naturellement pour moi !

— Je n’accepte pas vos grossières insultes. De ce fait, puisqu’elles vous reviennent, vous pouvez les garder pour vous. »

Ensuite, il délivra un sermon expliquant comment dosa est vaincu par adosa.

infos sur cette page

Origine : ouvrage français

Auteur : Moine Dhamma Sāmi

Date : Janv. 2004

Mise à jour : 8 juin 2005