Cliquez ici pour afficher normalement la page (avec mise en forme et graphisme). Si ça ne fonctionne pas, vérifiez que votre navigateur accepte JavaScript et supporte les CSS. Nous vous recommandons un navigateur respectant les standards, tel que : Google Chrome, Firefox, Safari…

Vous êtes ici : accueil > bouddha > docteur jīvaka
résumé de la page

Jīvaka est un docteur à la compétence exceptionnelle, capable de soigner n’importe qui.

Ayant beaucoup de respect pour la communauté monastique, il devient le docteur de Bouddha.

le docteur Jīvaka

Le bébé de la courtisane Sālavatī

Dans la ville de Vesālī, vivait une courtisane, nommée Ambapālikā (voir le chapitre « La moniale Ambapālikā »). Devenue célèbre grâce au roi Licchavī qui la laissa exercer en vue d’attirer du monde dans la capitale, la seule prostituée du royaume était d’une beauté éblouissante. Pour cette raison, nombreux étaient les hommes qui furent attirés à Vesālī et beaucoup l’admiraient pour sa contribution à la prospérité de la ville. Un jour, un riche homme de Rājāgaha se rendit à Vesālī pour ses affaires. Comme il fut surpris de constater beaucoup d’animation dans la ville, il se renseigna pour en connaître la raison. On lui expliqua que cela était dû à la courtisane Ambapālikā. De retour à Rājāgaha, le riche homme rendit visite au roi Bimbisāra, à qui il proposa de conférer à une femme une fonction de fille de joie afin d’instituer au royaume le même attrait dont jouit Vesālī. Approuvant la suggestion du riche homme, le roi ordonna de choisir une fille qui accepterait une telle fonction. Une splendide fille fut trouvée. Nommée Sālavatī, cette jeune femme était talentueuse dans l’art de la danse et du chant. Elle se vit attribuer officiellement le titre de courtisane de Rājāgaha. Son tarif s’élevait à 100 « devises » de l’époque pour la nuit.

Bientôt, l’un des nombreux fils du roi Bimbisāra, le prince Abhaya, alla passer une nuit avec la superbe Sālavatī. Elle sut qu’il était l’un des fils du roi. Sans rien lui dire, elle le laissa la mettre enceinte. Comme sa grossesse l’empêcha d’exercer, elle ne voulut plus accepter de clients. Ainsi, elle donnait divers prétextes à ceux qui la désiraient pour un soir, comme le mal de tête ou des douleurs d’estomac. Dix mois plus tard, naquit un garçon. Comme la courtisane aurait nettement préféré avoir une fille, elle n’aimait pas cet enfant. Préférant s’en débarrasser, elle se demandait où elle allait pouvoir l’abandonner. Quand elle eut réfléchi, Sālavatī plaça son indésirable fils dans une boîte en bois et l’abandonna sur un tas d’ordures, au bord du chemin qu’avait l’habitude d’emprunter le prince Abhaya. Le lendemain, peu après l’aube, quand le prince suivit son chemin, il aperçut une bande de corbeaux se réunissant en cercle autour de la boîte en bois, prêts à manger le bébé. Il demanda à ses hommes :

« Allez voir ce qu’il y a dedans !

— (Une fois le bébé découvert) C’est un nouveau-né qui a été abandonné ici, prince !

— Est-il encore vivant ?

— Il est vivant ! (en pali : “jīvaka !”)

— Prenez-le ! Je le ramène au palais. »

En raison de l’exclamation poussée par le valet quand il trouva le bébé, ce dernier fut appelé Jīvaka, « le vivant ». Lorsqu’il eut quelques années, il avait l’habitude de jouer avec les autres enfants du palais. Quand ceux-là se disputaient avec lui, ils l’insultaient méchamment :

« Fils sans père ! Fils sans mère ! gamin trouvé dans un tas d’ordures ! »

Entendant cela, l’enfant vint demander à son père :

« Qui est mon père ? Qui est ma mère ? Est-il vrai que j’ai été récupéré dans un tas d’ordures ?

— Je ne connais pas ton véritable père, ni ta véritable mère. Je ne suis que ton père adoptif. »

Les études de Jīvaka

Une fois que Jīvaka fut devenu jeune homme, il songea :

« Si je n’acquiers pas de connaissances, je serai pauvre. Je dois donc faire des études. Quelle matière vais-je pouvoir étudier ? Je dois développer une connaissance avec laquelle je sois susceptible d’aider les autres. »

Au temps de Bouddha Padumuttara, un dāyaka offrit une grande quantité de médicaments et appliqua de nombreux soins au saṃgha. Il était un médecin réputé d’une habileté remarquable, connu comme étant le docteur Sīlava. Quand le futur Jīvaka le rencontra, il eut la grande volonté d’en faire autant. Quand il apprit qu’une telle fonction exigeait un nombre important de kusala, il effectua de nombreuses offrandes à Bouddha Padumuttara et au saṃgha. Un jour, il se rendit auprès du Bienheureux. Lorsqu’il se fut respectueusement prosterné devant le bouddha Padumuttara, il s’adressa à lui :

« Ô noble Bouddha ! Tout comme le docteur Sīlava, je voudrais être le docteur attitré du bouddha et du saṃgha d’un prochain buddha sāsana ! »

Quand Bouddha Padumuttara eut vérifié ses pāramī et ses conditions futures, il lui donna la certification de son souhait, par le byāditta (parole annonciatrice). Depuis, il ne cessa de développer des kusala, spécifiquement orientés vers des actes de soins médicaux. C’est pour cette raison que le jeune Jīvaka fut naturellement porté sur la médecine, et deviendrait doué d’une compétence inégalable en la matière.

Comme il opta rapidement pour la médecine, il demanda aux gens qui se rendaient à Rājāgaha, de toutes provenances :

« D’où venez-vous ? Peut-on étudier la médecine dans votre ville ? Dans quelle école ? »

Un jour, un voyageur venant de Takkasila l’informa que dans sa ville, il y avait un grand professeur de haute compétence, très versé sur les sciences médicales. Comme Jīvaka lui demanda de le ramener avec lui dans sa ville, le voyageur accepta. Ainsi, il quitta discrètement Rājāgaha, sans rien dire à son père, car il craignait qu’il lui dise :

« Il n’est pas convenable pour vous d’étudier la médecine. Je vous défends de partir d’ici ! »

Lorsque Jīvaka arriva à Takkasila, réputée pour sa grande université, il ne tarda pas à rencontrer le grand professeur dont lui avait parlé le voyageur. En le recevant, le professeur l’interrogea :

« Que voulez-vous étudier ?

— Je souhaiterai étudier la médecine, professeur.

— C’est entendu, si vous êtes prêt à étudier sérieusement, je vous enseignerai.

— Il y a cependant un problème ; je suis sans un sou.

— Ne vous inquiétez pas ! Vous n’aurez qu’à vous occuper de moi et effectuer quelques taches ménagères. »

Ainsi toujours très proche du professeur, Jīvaka devint rapidement le meilleur de ses élèves. Il apprenait beaucoup, très vite, et retenait parfaitement tout ce qu’il étudiait. Au bout de sept ans, il avait déjà développé une compétence sans pareil en médecine. Un jour, il questionna son professeur :

« J’ai vite appris, professeur. J’ai beaucoup appris et je retiens tout ce que j’ai appris. À présent, mes études ne sont-elles pas arrivées à terme ? Que me reste-t-il encore à apprendre ?

— Bien. Allez chercher des plantes qui soient dépourvues de vertus médicinales. Si vous en trouvez une, apportez-la-moi ! »

L’étudiant Jīvaka alla dans la forêt proche et chercha longuement des plantes qui n’eussent point de propriétés médicinales. Épuisé par sa vaine recherche, il rentra auprès du professeur, lui avouant son échec :

« Professeur ! Je ne suis pas parvenu à trouver une seule plante dont les vertus ne soient pas médicinales.

— Parfait ! Cela prouve que vous êtes en mesure d’exercer à présent, je suis très satisfait de vous ! Vous pouvez vous en aller ! »

Les premiers soins du docteur Jīvaka

Son professeur lui donna quelques sous pour son voyage de retour. Il ne lui en remit toutefois pas suffisamment, car lorsque le docteur Jīvaka parvint à mi-chemin entre Takkasila et Rājāgaha, il se retrouva dans la ville de Sāketa, sans un sou pour poursuivre son trajet. Le professeur le fit exprès pour que son élève soit ainsi obligé, pour continuer sa route, de trouver de l’argent par lui-même. Pour ce faire, il n’aurait d’autre choix que de mettre en pratique la médecine qu’il venait d’étudier sept ans durant. Faisant ainsi, il constaterait ses grandes capacités et pourrait alors avoir une grande gratitude envers son professeur. C’est donc ce qu’il fit. Comme il cherchait des personnes qui avaient besoin de soins, il rencontra des gens qui lui parlèrent d’une femme riche souffrant d’un mal de tête qui durait sans relâche depuis sept ans. Ce mal ne s’était jamais amélioré, en dépit des nombreuses consultations dont elle avait déjà fait l’objet. Sa migraine était devenue tristement connue. Le docteur demanda à voir la femme. Lorsqu’il arriva chez elle, il fut reçu par le gardien :

« Qui dois-je annoncer ?

— Je suis le docteur Jīvaka. Je me propose de soigner Madame qui, m’a-t-on dit, souffre d’une migraine vieille de sept ans.

— Attendez un instant je vous prie. (Le domestique se rendit auprès de sa maîtresse…) Madame, un docteur se propose de vous guérir de votre migraine.

— Quel âge a-t-il ?

— Il a environ vingt-cinq ans.

— Je ne veux pas le recevoir, il est trop jeune.

— (Le domestique retourna vers le docteur…) Madame ne souhaite pas vous recevoir.

— Puis-je savoir pour quelle raison ?

— Elle prétend que vous êtes trop jeune.

— L’âge ne signifie rien ! Laissez-moi soigner Madame. Si mes soins s’avèrent inefficaces, qu’elle ne me donne pas un sou. Seulement si je parviens à la guérir, elle pourra me payer. »

Comme elle consentit, il la consulta, et diagnostiquant son mal, il sut que le beurre constituerait le meilleur remède. Il ordonna donc à un domestique :

« Apportez-moi du beurre ! »

Quand on lui en apporta, il en introduisit dans les narines de sa patiente, et pour bien le faire pénétrer à l’intérieur de sa tête, il souffla dans son nez, de sorte que tout le beurre ressortit par sa bouche. Elle fit ramasser par son domestique tout le beurre échappé de sa bouche. Voyant cela, le docteur craignit que sa patiente fût d’une avarice si sévère qu’elle refuserait de le payer. Quand la dame vit la tête soucieuse du docteur, elle le rassura :

« Ne vous inquiétez pas docteur ! Je vous payerai si je suis satisfaite. Simplement, je n’aime pas le gaspillage, c’est pourquoi je récupère ce beurre pour l’éclairage (dans les lampes à huile). »

Ayant terminé ses soins, le docteur se lava les mains. Après sept années de douleurs, le mal de tête de la riche femme disparut soudainement et complètement. Elle fut si ravie que son cœur s’emplit d’une intarissable allégresse. Elle lui donna 4 000 « devises », tout comme son époux, son fils et sa belle-fille, ce qu’il lui fit en tout 16 000 « devises ». À cette belle rétribution, ils ajoutèrent tout le nécessaire à son voyage jusqu’à Rājāgaha : un char attelé de chevaux, des domestiques, etc.

Lorsque le docteur arriva à Rājāgaha, son père adoptif fut réjoui de le retrouver. Comme il estimait qu’il n’avait plus besoin de rien, à présent qu’il était rentré à Rājāgaha, le docteur donna tout ce qu’il avait au prince Abhaya, qui ne voulut plus le laisser repartir :

« Restez ici, je vous en prie ! N’allez plus ailleurs ! »

Le roi Bimbisāra était malade depuis longtemps. Il perdait beaucoup de sang dans ses selles. Le docteur Jīvaka est donc allé le voir. En apportant une seule fois ses soins au souverain, celui-ci fut totalement guéri. Ensuite, il soigna un riche homme qui souffrait de douleurs abominables dans la tête. Une fois qu’il l’eut ausculté, le docteur décida de l’opérer. Il lui ouvrit le crâne duquel il retira deux insectes parasites minuscules qui rongeaient le cerveau du malade. Quand le patient fut rétabli après l’opération, le docteur lui montra les deux insectes en lui annonçant :

« Si ces deux parasites étaient restés plus longtemps dans votre tête, le petit aurait rongé la totalité de votre cerveau en sept jours, tandis que cinq jours auraient suffi au gros pour vous tuer. »

Un autre riche avait le ventre torturé par une douleur, qui disparut aussitôt que le docteur Jīvaka appliqua ses soins.

Les soins apportés au roi Caṇṭapajjota

Plus tard, le docteur se rendit auprès du roi Caṇṭapajjota, de Campānagara, qui souffrait d’une grave maladie. Il était d’une grande faiblesse, incapable de se redresser. Son teint était très pâle, il n’avait plus d’appétit depuis fort longtemps. Après l’avoir ausculté, le docteur Jīvaka décréta que son patient devait être soigné à l’aide de beurre. En entendant cela, le roi tressaillit, car il exécrait le beurre. Refusant catégoriquement qu’on utilisât du beurre, il ordonna qu’on le soignât à l’aide d’autres produits. Bien que le docteur savait que sa maladie ne pouvait guérir qu’à l’aide d’une potion à base de beurre, il n’osa pas contredire le roi. Cependant, soucieux de guérir son patient, il trouva un moyen de lui faire avaler sa potion à base de beurre, en y mélangeant un ingrédient capable de dissiper l’odeur et le goût du beurre. Le docteur réfléchit :

« Quand le roi aura digéré la potion, il va l’éructer. À ce moment-là, l’odeur du beurre apparaîtra. Il deviendra furieux, il me fera tuer. Je vais lui demander un éléphant pour me sauver. »

Il prétexta alors au roi un besoin d’aller chercher des plantes médicales dans la nature, loin dans la forêt, et qu’il le sollicita pour cela de bien vouloir lui prêter un éléphant. Comme le roi accepta, le docteur Jīvaka lui fit avaler le remède et partit sans tarder, au dos de l’éléphant. Il s’empressa aussi loin qu’il le put, ne faisant halte au bord de la route que lorsqu’il estima qu’on ne pouvait plus le rattraper, et il s’installa pour prendre son repas. Lorsque le roi éructa, selon ce qui fut prévu, une violente et nauséabonde effluve de beurre envahit les narines du monarque, qui éclata brusquement dans une rage impérieuse. Il ordonna immédiatement à Kāka, son meilleur coursier – l’homme le plus rapide à la course à pied –, de rattraper le docteur. Lorsque Kāka se mit en route, le roi lui cria pour le mettre en garde :

« Rattrapez-le-moi vite ! Mais méfiez-vous, car les médecins sont vicieux ! S’il vous nourrit, n’acceptez rien, il pourrait vous empoisonner ! »

L’homme courra si vite qu’il arriva bientôt devant le docteur, qui prenait tranquillement son déjeuner au bord de la route, à côté de son éléphant. Surpris de voir le coursier venir le chercher, il parvint toutefois à garder son sang froid et lui proposa un fruit. Comme le coursier refusa, il prit discrètement un peu d’une substance diarrhéique à l’aide de son ongle qu’il planta dans un fruit en le saisissant. Sous les yeux du coursier, il croqua à pleines dents dans le côté non contaminé du fruit et le lui tendit généreusement. Comme le coursier le vit manger une partie de ce fruit, il pensa :

« Ce fruit ne peut pas être empoisonné puisque ce médecin en a consommé lui-même. Je n’encours alors aucun danger en le mangeant. Je vais donc l’accepter, car cette course m’a donné de l’appétit. »

C’est ainsi que le coursier accepta joyeusement le fruit que lui offert par le docteur Jīvaka. Un bref instant plus tard, il fut pris d’une violente diarrhée, devenant impuissant à poursuivre sa course après le docteur, qui put tranquillement continuer sa route, jusqu’à Rājāgaha. En arrivant dans le royaume du souverain Bimbisāra, il fut en sécurité.

Remarque : Le rapide coursier Kāka, lors d’une vie passée, rencontra un pacceka buddha, qu’il vit de loin. Voulant absolument lui offrir de la nourriture, il s’empara de son propre repas et courut vers lui pour le lui donner. Comme le noble être était déjà loin et commençait à disparaître dans la forêt, c’est non sans grandes difficultés qu’il parvint de justesse à le rattraper, complètement essoufflé. Lorsqu’il eut effectué son acte méritoire, il fit le souhait de devenir dans une existence prochaine, l’homme le plus rapide à la course à pied. C’est pourquoi il fut, au temps de Bouddha Gotama, le plus rapide coureur du monde. Il eut beau rattraper le docteur Jīvaka, mais malheureusement, il ignorait qu’il s’agissait du meilleur médecin du monde.

Le premier soin apporté à Bouddha

La sixième personne que soigna le docteur Jīvaka fut Bouddha. Un jour, alors que Bouddha souffrait de constipation, il demanda au Vénérable Ānandā :

« Ānandā ! J’ai besoin d’un médicament contre la constipation. »

Le Vénérable Ānandā alla avertir le docteur Jīvaka du besoin de son maître. Le docteur donna de l’huile au serviteur attitré du Bienheureux, en le chargeant de la première partie du traitement :

« Vénérable Ānandā ! Quand Bouddha prendra son repas, mélangez cette huile avec son riz. Faites cela trois jours de suite. Le quatrième jour, je viendrai lui donner des médicaments. »

Le Vénérable Ānandā suivit soigneusement la prescription. Le quatrième jour, le docteur arriva près de Bouddha, qu’il ausculta. Ensuite, il lui remit trois feuilles de lotus :

« Ô noble Bouddha ! Reniflez trois fois ces feuilles ! Cela achèvera de vous guérir, vous pourrez retourner aux selles et sans peine. »

L’après-midi, quand le docteur arriva de nouveau, il interrogea le Bienheureux :

« Ô noble Bouddha ! La médecine de ce matin a-t-elle montré son efficacité ?

— À merveille ! Cela est très satisfaisant. »

Dès ses premiers soins, la compétence du docteur Jīvaka devint très célèbre, tant en médecine qu’en chirurgie. Outre les soins qu’il se proposait d’offrir au saṃgha, beaucoup de personnes importantes firent appel à lui, dont des rois et des ministres. Toutefois, son plus grand bonheur était de venir trois fois par jour s’occuper de Bouddha, en vérifiant soigneusement l’état de sa santé.

L’autorisation des robes offertes

En ce temps-là, Bouddha n’avait pas encore autorisé les robes offertes par les dāyaka. Seules, les robes faites de tissus abandonnés étaient portées par les moines. Un jour, après le repas, le docteur vint auprès de Bouddha, souhaitant lui offrir une robe. Cependant, Bouddha déclina son offre :

« Les moines n’acceptent pas les robes offertes.

— Ô noble Bouddha ! Je souhaiterais justement qu’ils puissent le faire, car les robes abandonnées sont source de problèmes de santé ; elles procurent beaucoup de maladies aux moines, car elles sont ramassées dans des lieux généralement très sales, où pullulent les bactéries. De plus, cela permettrait aux dāyaka de développer de considérables mérites. Pour ces deux raisons, veuillez laisser les moines accepter les robes offertes ! »

Depuis ce jour, Bouddha autorisa les moines à accepter les robes que leur offrent les bienfaiteurs. Aussitôt que les gens furent mis au courant de cette autorisation, ils furent si heureux de cette belle occasion qu’ils furent nombreux à offrir de grandes quantités de robes aux moines.

Conscient des avantages d’avoir le saṃgha près de lui, il offrit à Bouddha et au saṃgha un parc, peu éloigné de sa propre demeure, dans lequel il leur fit bâtir un monastère, qui porterait le nom d’Ambavana. À l’issue de la cérémonie d’offrande de ce monastère, le Bienheureux délivra un enseignement du dhamma. À ce moment-là, le docteur Jīvaka devint sotāpana.

Remarque : Avant que Bouddha n’autorise au saṃgha d’accepter les robes offertes, chaque moine se procurait lui-même son habit monastique en ramassant des tissus abandonnés. Quand il en avait suffisamment, il les lavait et les déteignait à l’eau bouillante. Ensuite, il les teignait avec une décoction d’écorces (généralement le jacquier), obtenant ainsi une couleur brunâtre, autant destinée à ne pas développer d’attachement pour la beauté d’un vêtement clair que pour donner une teinte unique pour tous les membres de la communauté (symbolisant notamment l’absence de différences de castes ou de niveau social entre les moines). Finalement, les tissus teints étaient cousus ensemble afin d’obtenir un grand rectangle de tissu, constituant une robe à part entière.

infos sur cette page

Origine : ouvrage français

Auteur : Moine Dhamma Sāmi

Date : Janv. 2004

Mise à jour : 14 juin 2005