Cliquez ici pour afficher normalement la page (avec mise en forme et graphisme). Si ça ne fonctionne pas, vérifiez que votre navigateur accepte JavaScript et supporte les CSS. Nous vous recommandons un navigateur respectant les standards, tel que : Google Chrome, Firefox, Safari…

Vous êtes ici : accueil > bouddha > l’intégration de yasa
résumé de la page

Le jeune et riche Yasa mène une existence de luxe et d’opulence. Un jour il prend conscience du caractère futile des plaisirs auxquels il s’adonne.

De ce fait, il renonce à tous ses biens et part pour la vie d’ascète. En pénétrant dans la forêt, il rencontre Bouddha…

l’intégration du riche Yasa dans le saṃgha

La luxueuse existence du riche Yasa

Un jour, il y avait un homme riche très délicat, du nom de Yasa. Il vivait dans trois palais différents, que son père fit bâtir pour lui, un palais pour chacune des trois saisons : un pour la saison fraîche, un pour la saison chaude et un pour la saison des pluies. Durant les quatre mois de la saison des pluies, Yasa n’était entouré que de femmes, sans un seul homme, qui dansaient et jouaient de la musique pour lui. Il ne sortait jamais de son palais. Le riche jeune homme avait les cinq sens totalement comblés. Il allait tôt au lit, et durant toute la nuit, on allumait des lampes à huile. Une fois, se levant au milieu de la nuit, voyant toutes ces femmes éparpillées n’importe comment autour de lui, il eut le sentiment d’être au beau milieu d’un cimetière. Saturé de cette existence noyée dans la débauche, il prit conscience du caractère répugnant du corps. Cette prise de conscience déboucha sur une décision soudaine de renoncer à tout. Le jeune Yasa partit alors sur-le-champ. Arrivé devant la porte fermée de son palais, il formula un souhait :

« Puissé-je ne pas rencontrer d’ennui en quittant le monde laïc pour celui du renoncement ! »

Des deva lui ouvrirent la porte. En parvenant devant la porte fermée de la ville, il reformula son souhait :

« Puissé-je ne pas rencontrer d’ennui en quittant le monde laïc pour celui du renoncement ! »

De nouveau, des deva lui ouvrirent la porte.

Le départ de Yasa pour la forêt

Plus tard, il arriva dans la forêt de Nigadā, dans le bois d’Isipatana. Bouddha, qui s’était levé tôt, était en train de faire sa marche. Apercevant de loin le riche Yasa approcher, le Bienheureux interrompit sa marche s’installa à terre en s’asseyant les jambes croisées. Ensuite, s’approchant du Bienheureux, Yasa s’adressa à lui :

« Ô noble renonçant ! Sachez combien les kilesā (impuretés mentales) m’oppriment !

— Dans nibbāna, il n’y a rien qui soit opprimant. Asseyez-vous, je vais vous en enseigner le dhamma. Ce nibbāna, aucun kilesā ne peut l’opprimer, rien ne peut le troubler. »

Réjoui, le riche Yasa s’approcha de Bouddha, il se prosterna respectueusement devant lui et s’assit à une place convenable. Quand il eut entendu son enseignement, il devint sotāpana. Lorsque son père, parti à sa recherche, arriva près de Bouddha, ce dernier, à l’aide de ses pouvoirs, cacha son fils de sa vue, afin de pouvoir lui enseigner également le dhamma. S’approchant du Bienheureux qui semblait seul, le père de Yasa le questionna :Le père de Yasa est à genoux, les mains jointes, devant Bouddha assis sur un rocher.

« N’auriez-vous pas aperçu mon fils ?

— Si, je l’ai aperçu ; vous allez bientôt le revoir. En attendant, asseyez-vous là et écoutez-moi, je vais vous enseigner le dhamma. »

Séduit par la noblesse et la majesté dont rayonnait Bouddha, il accepta de bon gré sa proposition. Alors qu’il écouta attentivement le dhamma, le père devint sotāpana et son fils, qui écoutait aussi, devint arahant. Ce dernier ne pouvait donc plus concevoir d’autre issue que l’existence monacale ; un arahant est intrinsèquement un moine, puisqu’il est un être parvenu à la libération du saṃsarā et que ce qui définit un moine est précisément : « celui qui s’entraîne au mieux et sans relâche jusqu’à se libérer du saṃsarā ». Pour cette raison, le faisant réapparaître aux yeux de son père, Bouddha le prit comme disciple, à l’aide de ces mots :

« Venez, moine ! Pratiquez le noble dhamma ! Œuvrez pour (aider les autres à parvenir à) la fin de la souffrance ! »

Le père invita les deux moines – Bouddha et le Vénérable Yasa – à venir manger chez lui. Le lendemain, le Bienheureux et son disciple furent dignement reçus chez le père. Le repas leur fut servi avec le plus grand soin.

La première prise des trois refuges

À l’issue du repas, Bouddha délivra un enseignement du dhamma. Toutes les personnes présentes devinrent sotāpana : l’ex-épouse du Vénérable Yasa – qui n’est autre que Sujātā, la femme qui offrit le fromage suprême au renonçant Gotama, la veille de son éveil –, la mère du Vénérable Yasa, et quatre de ses amis. Le père prit le triple refuge : en Bouddha, dans le dhamma (son enseignement) et envers le saṃgha (sa communauté). Il devint ainsi le premier homme à prendre le triple refuge, en même temps que l’ex-épouse et la mère de Yasa devinrent les premières femmes à prendre le triple refuge. Ses quatre amis présents, Vimala, Subāhu, Puṇṇaji et Gavaṃpati, quant à eux, ont voulu l’imiter en devenant moines à leur tour. Ils ont alors suivi Bouddha, qui leur délivra un enseignement, au terme duquel tous les quatre devinrent arahant. Un jour suivant, cinquante autres amis qu’avait fréquenté le Vénérable Yasa vinrent en faire autant, devenant tous arahant après un autre enseignement délivré par Bouddha, et aussitôt – par définition – moines. Il y eut donc, en ce jour, dans le monde, soixante et un arahant.

La distinction du Vénérable Yasa

Comme pour d’autres moines, Bouddha attribua une distinction particulière au Vénérable Yasa. Chaque distinction possède sa particularité. Celle du Vénérable Yasa est d’avoir pris conscience du caractère indésirable de l’existence de la même manière que Bouddha : en percevant le caractère répugnant du corps humain. Une nuit, il vit soudainement un ensemble de corps de femmes jonchées de manière désordonnée, endormies après s’être pleinement investies dans les réjouissances, comme s’il s’agissait d’un répugnant tas de cadavres dans un charnier.

Dans une vie passée, il effectua toute son existence durant un travail dans les charniers, à l’instar de ses cinquante-cinq amis, qui devraient le rejoindre dans le saṃgha. Ainsi, ils brûlaient des cadavres et nettoyaient les charniers. C’est cette longue expérience parmi les morts, qui incita le futur Vénérable Yasa à renoncer aux plaisirs sensoriels par une telle prise de conscience.

Le premier vassa

Après que Bouddha eut délivré des enseignements du dhamma à l’intention de ses moines et des familles de ces derniers, il partit vers la forêt de Migadāvana, dans laquelle il passa son premier vassa. Pour permettre au Bienheureux de passer le vassa dans de bonnes conditions, Nandiya, un riche homme, lui fit bâtir une kuṭī dans cette forêt.

Remarque : Un jour, lorsque le saṃgha comportait déjà de nombreux membres, les moines saccageaient les rizières sans même s’en rendre compte, lorsqu’ils voyageaient durant la mousson, car le paddy n’est pas encore sorti de terre. Comme les paysans du royaume de Rājāgaha se fâchaient contre les moines, le roi Bimbisāra sollicita Bouddha (pour qui il avait un immense respect) de demander à ses disciples de ne pas circuler pendant cette saison. En échange, le Bienheureux demanda au roi de laisser les moines libres de toute obligation militaire. C’est ainsi que Bouddha établit que chaque moine devrait désormais demeurer dans un seul monastère pendant le vassa, c’est-à-dire les trois mois de la saison des pluies, évitant ainsi d’abîmer les rizières.

infos sur cette page

Origine : ouvrage français

Auteur : Moine Dhamma Sāmi

Date : Janv. 2004

Mise à jour : 14 juin 2005