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résumé de la page

Vue d’ensemble sur les différentes façons de méditer, avec explication de la manière d’orienter son choix vers une méthode ou une autre.

Quelle méditation choisir ?

Le mot de passe pour nibbāna

Bouddha nous a indiqué que la mise en œuvre d’un enseignement ne peut mener au But que si elle inclut les huit éléments du noble chemin octuple, dont la stabilité de l’esprit et la vigilance dans l’instant font partie intégrante, et seulement si chacun d’eux est développé de façon correcte. L’important est donc de parachever ces huit constituants.

Le chemin octuple est un mot de passe à 8 caractères permettant d’ouvrir l’esprit à la réalité. Si un seul de ces « caractères » est manquant, ou simplement incorrect, la « page » nibbāna ne s’ouvre pas.

Les 2 éléments principaux à toute méditation

S’il fallait schématiser la méditation, il serait absolument indispensable de conserver les deux socles que sont samādhi et sati, c'est-à-dire respectivement : la stabilité de l’esprit et la vigilance. C’est seulement lorsque ces deux éléments sont développés ensemble convenablement que la méditation est en mesure d’aboutir à la réalisation de l’Éveil. Par conséquent, bien que d’un abord parfois radicalement différent, la plupart des méthodes de méditation conduisent à la même Délivrance.

Pour tuer les souillures de l’esprit, nous avons tout autant besoin de la puissante arme samādhi que de ses munitions pénétrantes sati. Bien qu'une arme vide puisse effrayer un ennemi pour un temps, celui-ci finira par comprendre et par nous attaquer, à notre grande surprise. De la même façon, des munitions lancées à la main peuvent atteindre l’ennemi, mais le véritable effet sur lui sera surtout de le faire rire.

Samatha ou vipassanā ?

Nous savons maintenant qu’il est nécessaire de cultiver aussi bien la stabilité que la vigilance. Alors, que faut-il pratiquer en premier ? Est-ce d’abord la stabilité  ou d’abord la vigilance ? Ou bien faut-il pratiquer les deux simultanément ?

À chacun de choisir ! Ce qui est merveilleux dans le Dhamma, c’est qu’on peut faire du sur-mesure, et c’est cela qui fait toute la diversité et la richesse des multiples approches de méditation. Le choix de la méthode se fait en fonction de ses aptitudes, voire de ses affinités.

Certains, dotés d’une disposition naturelle à l’apaisement intérieur, seront plus qualifiés pour débuter leur entraînement par une méditation de type samatha. L’avantage de cette option est de pouvoir obtenir une stabilité de la conscience si puissante que la vision intérieure devient à la fois aisée et très profonde.

D’autres, généralement trop penseurs ou peu habiles au calme intérieur, d’une façon ou d’une autre, se tourneront davantage vers une méditation de type vipassanā. L’avantage de cette option est le développement de la sagesse dès le commencement.

Pour avoir une arme opérationnelle, on peut : soit commencer par acheter une arme vide et se procurer les munitions par la suite ; soit s’occuper d’abord d'acheter des munitions et se procurer l’arme ensuite ; mais on peut tout aussi bien acquérir l’arme et les munitions simultanément. Ce qui importe n’est pas tant l’ordre dans lequel on se procure ces éléments mais plutôt d’apprendre à s’en servir correctement. Et bien sûr, ne pas tirer avec des balles à blanc.

Samatha, qui signifie « calme », comprend l’aspect de la stabilité de l’esprit ; la capacité à demeurer absorbé dans son objet.

Vipassanā, qui signifie « vision profonde », comprend l’aspect de la vigilance à l’instant présent ; la capacité à connaître pleinement son objet, en toute conscience.

Les divers enseignements de méditation proposent donc les éléments samādhi et sati, en les combinant chacun à leur façon.

Ainsi, certaines méthodes, ou « approches », demandent de développer samatha jusqu’à l’obtention d’un niveau de stabilité plus ou moins élevé avant de passer à vipassanā pour développer la vigilance jusqu’à l’Éveil.

On peut se demander comment une méthode qui ne parle que de « vipassanā directe » sans qu’il ne soit jamais question de samatha pourrait constituer à elle seule une voie complète jusqu’à l’Éveil. En fait, quand les instants de sati, ou vigilance, sont répétés de façon continue, un « samādhi instantané », c'est-à-dire une stabilité instantanée mais néanmoins profonde se développe en simultané alors même que l’objet d’observation change constamment. Le samādhi est donc inclus dans la « vipassanā directe » sans frais supplémentaire.

Changer en fonction des besoins

Imaginons qu’un chef de cuisine — aussi célèbre soit-il et aussi délicieuse que soit sa spécialité — vous serve un plat aux saveurs célestes qui ravit votre palais au plus haut point. Si ce grand cuisinier vous recommande de ne manger que de ce plat tous les jours, suivriez-vous son conseil en ne mangeant jamais d’autres aliments ? Il est très probable que non. Vous consommeriez des aliments variés, en fonction des besoins du moment, sans vous poser de grandes questions.

Pareillement, se figer sur une seule façon de méditer, puisse-t-elle nous convenir à merveille, n’est pas forcément un choix judicieux. Selon la période, ou même le moment de la journée, changer de méditation — ou d’objet de méditation — est riche de bénéfices. Entre autres :

  • Adaptation au besoin du moment. Par exemple, quelques minutes de samatha pour calmer un esprit trop agité, ou un peu de mettā bhāvanā (méditation sur la bienveillance) pour assouplir un esprit en proie à de l’angoisse ou à du mécontentement.
  • Extension de l'éventail des possibilités. Il y a du bon à prendre dans toute méthode. Afin de trouver les meilleurs ingrédients pour une recette culinaire, un seul (super)marché ne suffit pas, il faut parfois en faire plusieurs.
  • Développement d’une meilleure perspective de la Voie. Quand on ne voit que la devanture d’une maison, on connait sa longueur mais pas sa largeur. Inversement quand on ne voit que son côté. Lorsqu’on voit sa devanture ET son côté, on peut concevoir sa surface.
  • Prévention contre le sectarisme. Quand on impose le même style (de vie, de méditation…) à tout le monde ; cela convient bien à certains, mais cause une majorité de malheureux.

Un bon soldat ne se contente pas d’une seule arme. Il emploie un fusil d’assaut pour les combats rapprochés, un revolver silencieux pour les opérations subtiles, un lance-grenade pour les gros obstacles…

Voir aussi :

Adresses de centres de méditation

Pratiquer en fonction de sa personnalité (site externe) Extrait :

Question : Vous dites qu’il y a de nombreuses manières efficaces de pratiquer. Que penser des maîtres qui affirment que leur méthode est la seule conforme à la voie du Bouddha, et que les autres pratiques ne conduisent pas à l’éveil ?

Réponse : L’ensemble de la pratique bouddhiste peut se résumer en une phrase : Ne t’attache à rien.

Il arrive que des gens, même très sages, s’attachent encore à la méthode qui leur a permis de progresser. Ils ne se sont pas encore totalement détachés de leur méthode, ou de leur maître.

Ils n’ont pas compris ce qu’il y a de commun à toutes nos pratiques. Ce ne sont pas pour autant de mauvais maîtres. Il faut s’efforcer de ne pas les juger et de ne pas idéaliser l’image du maître.

La sagesse n’est pas quelque chose à quoi on puisse s’accrocher, et elle ne peut émerger qu’en l’absence d’attachements.

Principales méthodes et approches

Voici une liste des principales approches de méditation. Elles sont classées de la « plus samatheuse »  en rouge, à la  « moins samatheuse » en jaune. Celles qui demandent pour base le plus haut degré de samatha apparaissent en premier pour parvenir en fin de liste à celles qui correspondent à la vipassanā la plus « épurée ».

Méthode Degré de samatha Objets Remarques Lieux et sites Web
Pa Auk Tous les jhānas sur plusieurs objets. Presque tous les kammaṭṭhāna Très technique, basé sur l’abhidhamma. Birmanie [Mawlamyine, Maymyo, Yangon…], Malaisie, Sri Lanka…
paaukforestmonastery.org/index.htm
Ajahn Brahm Tous les jhānas. ānāpāna Perfection du jhāna. Perth (Australie).
ajahnbrahm.org
Upasaka Culadasa Tous les jhānas. ānāpāna Met l'accent sur sampajañña, même pour développer samatha. TCMC (EU, Tucson, Arizona).
http://dharmatreasure.com
Vimalaramsi Tous les jhānas. (légers) mettā Emphase sur le fait de continuellement relaxer son corps et son esprit. DSMC (EU, Missouri).
http://www.dhammasukha.org
Myay Zin nimitta ānāpāna, mettā, maranasati, buddhanussati Vue à distance, lévitation, vies passées. Yankin Taung, près de Mandalé (Birmanie).
Goenka Quelques jours, chacun selon ses capacités. ānāpāna Cours limité à 10 jours pour les nouveaux venus. Nombreux pays (centre principal en Inde).
mahi.dhamma.org
Mogok Léger. ānāpāna Nécessite une bonne connaissance théorique de la ronde des renaissances. Partout en Birmanie, Royaume Uni.
Mahāsī Très léger. Mouvement de l'abdomen et des pas Alternance avec la marche. Lenteur constante dans tout mouvement. Nombreux pays (centre principal à Yangon, en Birmanie).
mahasi.org.mm
Vimalakirti Aucun. Enseignement délivré par des laïcs. Genève (Suisse).
vimalakirti.org
Shwe Oo Min Aucun. L’accent est mis sur ce que l’esprit connaît dans l’instant. Centre dans la campagne à Hmaubi, près de Yangon (Birmanie).
sayadawutejaniya.org/meditation-center/

Cette liste des principales façons de méditer n’est ni exhaustive ni catégorique. Son but est d’offrir une vue d’ensemble claire et rapide sur ces méthodes, tout en mettant en avant leurs principales différences.

infos sur cette page

Origine : Texte écrit pour le site

Auteur : isi Dhamma

Date : 9 mars 2012

Mise à jour : 9 mars 2012