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résumé de la page

Introduction générale sur les 6 grands conciles bouddhiques, suivie d'une petite histoire racontant l'organisation de chacun d'entre eux et les raisons qui ont motivé ces réunions.

les 6 conciles


vue d'ensemble sur le 6e concile

Introduction

Du temps de Bouddha, il était de tradition de mémoriser par cœur les textes importants tels que les textes de loi et les doctrines philosophiques. C'est donc ainsi que la parole de Bouddha fut préservée par les bhikkhu, avant d'être consignée par écrit lors du quatrième concile. Les enseignements de Bouddha sont connus sous le nom de tipi†aka. Ce terme pali signifie littéralement « les trois paniers ». Ces enseignements sont donc divisés en trois parties :

  1. Le vinaya pi†aka : il contient toutes les règles de conduite que Bouddha a établies pour les moines et les nonnes ainsi que tout ce qui concerne les démarches de la vie monastique.
  2. Le suttašta pi†aka : il contient les discours et les dialogues entre Bouddha ou de grands disciples avec d'autres.
  3. L'abhidhamma pi†aka. il comporte l'ensemble des explications détaillées de la réalité. C'est la partie « psychologique » ou « métaphysique de l'enseignement de Bouddha ».

L'enseignement de Bouddha est donc constitué de tous ces discours, explications et règles donnés par Bouddha et tout cela a été mémorisé par les moines au fur et à mesure de ses quarante-cinq années d'enseignement. Cet enseignement a ainsi été préservé de façon exacte en étant transmis d'anciens à disciples par voie orale.

Une partie des bhikkhu qui ont directement entendu Bouddha prêcher étaient arahanta. Ils étaient donc par définition libres de toutes impuretés, avaient une compréhension juste du dhamma et étaient ainsi capables de retenir parfaitement la parole du Parfait. Même les bhikkhu qui n'étaient pas encore arahanta étaient parvenus à un autre stade et avaient aussi une puissante capacité de mémorisation. Ils étaient alors dignes de sauvegarder la parole de Bouddha.

Le Vénérable Ánandá fut un de ceux-là. Il était extrêmement intelligent et doué d'une remarquable capacité de se rappeler de tout ce qu'il avait entendu. Il était à la fois le cousin et le bras droit de Bouddha, qui l'a choisi lui-même, pour l'accompagner pendant les vingt-cinq dernières années de sa vie.

Ce sont les efforts de tous ces moines qui ont rendu possible la préservation du dhamma et du vinaya, dans leur état initial, tels que Bouddha les a enseignés. Le tipi†aka et toute la littérature palie existe en raison de la découverte de Bouddha : La noble voie de la libération, le dhamma. Cette voie permet à tous ceux qui la suivent de mener une vie paisible et heureuse. En effet, de nos jours, nous bénéficions d'une chance extraordinaire d'avoir encore les enseignements authentiques de Bouddha. S'ils sont encore accessibles aujourd'hui, c'est parce qu'ils ont été transmis à travers les âges par les efforts de bhikkhu consciencieux.

Bouddha avait indiqué à ses disciples que quand il ne serait plus parmi eux, il sera essentiel que le saµgha ne cesse de s'entraîner à réciter collectivement le dhamma avec grande précision, de telle sorte qu'il demeure toujours tel que lui-même l'a enseigné. Conformément à cette instruction, pour s'assurer qu'il n'y ait pas d'altération avec la version d'origine, les premiers aînés ont dûment organisé un concile. Le saµgha s'est alors réuni pour réciter mot pour mot l'intégralité de la parole de Bouddha (l'ensemble de ses discours et des règles monastiques).

L'enseignement que constitue le tipi†aka, qui n'est autre que l'enseignement de Bouddha dans sa version d'origine, n'a été conservé et connu que par le theraváda, qui signifie en pá¦i « enseignement des anciens ». Lors des six conciles qui ont eu lieu jusqu'à nos jours, cet enseignement a été revu mot à mot dans son intégralité, assurant ainsi la validité de son authenticité. Le premier concile a eu lieu cent jours après le parinibbána de Bouddha. Cinq autres furent tenus au fil des siècles dont le dernier en date, le sixième, eut lieu à Yangon (Myanmar) entre 1953 et 1956. Lors de ces réunions des membres du saµgha, la totalité des enseignements du dhamma étaient prononcés d'abord par un aîné de la communauté et ensuite récité de nouveau en cœur par tous les bhikkhu de l'assemblée. Cette revue du tipi†aka était jugée authentique seulement quand elle avait été approuvée à l'unanimité par les membres du concile.

Voici une brève histoire des six conciles...

Le premier concile

Le premier concile a été commandité par le roi Ajátasattu. Il a été réuni en 544 avant l'ère chrétienne (100 jours après le parinibbána de Bouddha) dans la grotte de Sattapaññi, située dans les environs de Rájagaha. Un compte rendu détaillé de cette réunion historique est décrite dans le Cúllavagga du vinaya pi†aka. Selon ce texte, l'incident qui a incité l'aîné Mahá Kassapa à convoquer cette réunion, était des remarques de dépréciation quant au sujet de la discipline stricte de la vie pour des bhikkhu.

En apprenant la disparition de Bouddha, beaucoup de bhikkhu le déploraient et étaient profondément affligés. Cependant, le Vénérable Subhadda, un ancien coiffeur entré tard dans le saµgha, n'était pas affligé ni déplorait son extinction. En exprimant sa réprobation de se conformer à toutes les règles du vinaya établies par le Parfait, il a déclaré : « Nous voilà bien débarrassés de cette séquestration ! Il était dérangeant lorsqu'il nous disait : "Ceci vous est permis, cela ne vous est pas permis". Désormais, nous pourrons faire ce qui nous plaît et ne serons pas obligés de faire ce qui ne nous plaît pas. » Cette remarque a profondément inquiété le Vénérable Mahá Kassapa. Il craignait que le dhamma et le vinaya aient pu être altérés et ainsi ne pas survivre si d'autres moines devaient se comporter comme le Vénérable Subhadda, et interpréter le dhamma et les règles du vinaya à leur convenance.

Pour éviter ceci, il a décidé que cet enseignement devait être soigneusement préservé et protégé. Pour ce faire, après avoir obtenu l'approbation du saµgha, il a réuni un concile de cinq cent arahanta. En fait, le Vénérable Ánandá, qui était inclus dans ce groupe de bhikkhu, n'avait pas encore obtenu le stade d'arahanta. Il a fait l'expérience qui l'a hissé à ce stade, à l'aube même du premier jour de ce concile, qui s'est tenu lors de la saison des pluies. Étant le bhikkhu le plus ancien du saµgha à ce moment-là, le Vénérable Mahá Kassapa a présidé le concile.

La première chose que fit Mahá Kassapa était d'interroger le plus grand expert en vinaya du moment, le Vénérable Upáli sur les conditions de la discipline monastique. Ce bhikkhu était bien indiqué pour cette tâche car Bouddha lui avait enseigné lui-même la totalité du vinaya.

Mahá Kassapa l'a d'abord interrogé sur toutes les spécificités de la première règle (párájika) autant en ce qui concerne l'énoncé détaillé de la règle, les cas où la faute est commise et les cas où elle n'est pas commise. Le Vénérable Upáli a donné les réponses adéquates, et toutes ses remarques ont reçu l'approbation unanime de la présidence du concile. C'est ainsi que le vinaya fut formellement approuvé.

Le Vénérable Mahá Kassapa s'est ensuite tourné vers le Vénérable Ánandá, expert remarquable dans tous les sujets liés au dhamma. Heureusement, à l'aube du premier jour du concile, le Vénérable Ánandá avait atteint l'état d'arahanta juste avant de rejoindre les autres membres du concile. Le Vénérable Mahá Kassapa pouvait alors l'interroger longuement avec une totale confiance. Cette interrogation avait notamment pour but de vérifier l'endroit où chaque discours avait été donné pour la première fois et la personne à qui il avait été adressé. Facilité par sa mémoire parfaite de chaque mot prononcé par le Parfait, le Vénérable Ánandá a été en mesure de répondre exactement et ainsi, ces discours reçurent l'approbation unanime du saµgha.

Le premier concile a permis également de mettre l'accent sur le chapitre des règles dites mineures en précisant officiellement l'obligation de leur observance. Cela a pris sept mois à ces cinq cent bhikkhu pour réciter la totalité du vinaya et du dhamma. Dotés d'une mémoire remarquable, ils ont retenu de tête tout ce qui avait été récité.

Ce concile est connu sous le nom de Pañcasatika, indiquant que cinq cents arahanta y ont participé.

Voir aussi : Le premier concile (rubrique Bouddha)

Le deuxième concile

Le deuxième concile s'est tenu cent ans après le parinibbána de Bouddha (en - 444), afin de régler un sérieux conflit à propos de dix points qui avaient été rompus par quelques bhikkhu :

  1. stocker du sel dans une corne. (Un bhikkhu ne peut garder d'objet en corne, en ivoire, en os ou en nacre)
  2. manger après midi
  3. retourner au village pour rechercher de la nourriture après avoir déjà mangé son repas
  4. faire la cérémonie de l'uposatha avec des bhikkhu demeurant dans la même localité
  5. mener à bien des actes officiels alors que l'assemblée n'est pas au complet
  6. suivre une certaine pratique (seulement) parce qu'elle a été faite par son précepteur ou son enseignant
  7. consommer du lait aigre après le repas de midi. (Le lait est considéré comme un aliment solide car il est nourrissant)
  8. boire une boisson forte avant qu'elle ait été fermentée. (Et à plus forte raison après)
  9. utiliser une couverture qui n'est pas de taille appropriée
  10. utiliser de l'or et de l'argent

Ces méfaits ont causé une polémique importante, car ils étaient considérés comme des contradictions des enseignements originaux de Bouddha. Le Roi Kášásoka était l'organisateur du deuxième concile qui eut lieu à Vesáli.

Un jour, tout en visitant la plantation de Mahávana à Vesáli, le plus ancien, le Vénérable Yasa, a appris qu'un important groupe de bhikkhu, connu sous le nom de Vajjia, violait la règle interdisant un bhikkhu de recevoir de l'or ou de l'argent. Non seulement ces bhikkhu en recevaient, mais de plus, ils en demandaient ouvertement à leurs dáyaká. Il a immédiatement critiqué leurs comportements, et leur réponse a été de lui offrir une part de leurs gains illégaux dans l'espoir de le gagner à leur cause. Le Vénérable Yasa a toutefois dédaigné leur comportement. Les moines l'ont immédiatement poursuivi en justice à travers une action formelle de « réconciliation », l'accusant d'avoir critiqué leurs dáyaká. Le Vénérable Yasa s'est donc concilié avec les laïcs, tout en leur faisant savoir que les moines de Vijjia avaient commis une faute. Il leur expliqua l'interdiction que Bouddha avait établie, quant au fait de recevoir ou de solliciter de l'or et de l'argent.

Les laïcs ont immédiatement soutenu le Vénérable Yasa et ont déclaré que les bhikkhu de Vajjia étaient des hérétiques. Ils ont également affirmé que le Vénérable Yasa est un vrai bhikkhu, un fils de Sákya, et que tous les autres ne sont pas des bhikkhu, pas des fils de Sákya.

Lorsqu'ils ont pris connaissance de cette conciliation avec les laïcs, sans se repentir, les bhikkhu de Vajjia ont suspendu le Vénérable Yasa sans l'approbation du reste du saµgha.

Le Vénérable Yasa a toutefois su contourner la censure impropre de ces « faux bhikkhu » en allant rechercher le soutien d'autres bhikkhu, qui ont confirmé la justesse de ses vues orthodoxes sur le vinaya. Soixante moines habitant la forêt de Pává et quatre-vingts moines des régions méridionales d'Avanti, qui étaient du même avis, lui ont offert de l'aider à surveiller la corruption du vinaya.

Ensemble, ils ont décidé d'aller à Soreyya pour rencontrer le Vénérable Revata, qui était un noble bhikkhu expert en matière de dhamma et de vinaya. Aussitôt que les bhikkhu de Vajjia ont été mis au courant de ceci, ils ont également recherché le soutien du Vénérable Revata en lui offrant les quatre nécessités (nourriture, robes, logement et médicaments), qu'il a promptement refusées. Ces bhikkhu ont alors recherché à utiliser les mêmes moyens de convaincre le préposé du Vénérable Revata, le Vénérable Uttara.

Au début, lui aussi refusa leur offre avec raison, mais ils arrivèrent adroitement à le persuader d'accepter, en disant que, lorsque Bouddha n'acceptait pas les quatre nécessités qui lui étaient destinées, il était demandé à Ánandá d'accepter, ce qu'il faisait souvent. Uttara a fini par changer d'avis en acceptant les quatre nécessités. Sous l'influence de leurs fortes sollicitations, il a accepté d'aller persuader le Vénérable Revata pour déclarer que les moines de Vajjian disaient réellement la vérité et soutenaient le dhamma. Le Vénérable Revata mis à jour leur ruse et refusa de les soutenir. Il a renvoyé Uttara.

Afin de régler le problème une fois pour toutes, le Vénérable Revata a informé à tous qu'un concile aurait lieu à Vášikáráma, pour qu'il pose des questions sur les dix offenses au plus ancien des aînés de ce jour, le thera Sabbjakámi. Une fois que son avis a été donné, il a été entendu par un comité de huit bhikkhu, qui ont approuvé sa validité par vote. Les huit moines, appelés pour juger le cas, étaient les Vénérables Sabbakámi, Sašha, Khujjasobhita et Vásabhagámika, venant de l'Est, et les Vénérables Revata, Sambhuta-Sánavási, Yasa et Sumana, venant de l'Ouest. Ils ont discuté du sujet en profondeur avec le Vénérable Revata qui posait les questions et le Vénérable Sabbakámi qui répondait. Après que la discussion ait eu lieu, ces huit bhikkhu ont rejeté ceux de Vajjian et leur verdict a été annoncé à l'assemblée.

Puis, sept cents moines ont récité le dhamma et le vinaya. Cette récitation est connue sous le nom de Sattasati parce que sept cents moines y avaient pris part. Ce concile historique s'appelle également le Yasatthera Sangiti en raison du rôle majeur joué par l'aîné Yasa et de son ardeur pour la préservation du vinaya. Les moines de Vajjian ont catégoriquement refusé la décision du concile. Ils ont alors organisé de leur côté un concile distinct, appelé le Mahásašgiti.

Le troisième concile

Le troisième concile s'est tenu principalement dans le but de débarrasser le saµgha de la corruption et des faux bhikkhu qui tiennent des vues hérétiques. Ce concile a eu lieu en 309 avant J.C. à Asokáráma, dans le royaume de Pa†aliputta, sous le règne de l'empereur Asoka.

Il a été présidé par le maháthera Moggaliputta Tissa. Mille bhikkhu y ont participé. La tradition maintient qu'Asoka avait gagné son trône en versant le sang de tous les fils de son père sauf son propre frère, Tissa Kumára qui est par la suite entré dans le saµgha et a réalisé l'état d'arahanta. Asoka a été couronné à la deux cent dix-huitième année suivant le parinibbána de Bouddha. Il a d'abord seulement rendu un hommage symbolique au dhamma et au saµgha et a également supporté des membres d'autres écoles religieuses comme son père avait fait avant lui. Cependant, tout ceci a changé quand il a rencontré le tout jeune mais scrupuleux bhikkhu Nigrodha qui lui a prêché « l'appamáda-vagga ».

Ensuite il a cessé de soutenir d'autres groupes religieux. Son intérêt et sa dévotion envers le dhamma se sont accrus. Il a pris l'habitude d'utiliser son énorme richesse pour édifier des pagodes et a ainsi fait construire jusqu'à quatre-vingt-quatre mille vihára, tout en supportant largement les bhikkhu pour le reste des quatre nécessités. Son fils Mahinda et sa fille Sašghamittá ont été admis dans le saµgha.

Par la suite, sa générosité a fini par poser de sérieux problèmes dans le saµgha. Cette débordante générosité a attiré beaucoup d'hommes indignes, tenant des vues hérétiques. Ils sont entrés dans le saµgha en raison des offres coûteuses de l'empereur, autant pour la nourriture, pour les robes, pour le logement et les médicaments. Un grand nombre de ces hommes infidèles et avides, adoptant des vues fausses ont essayé de joindre la communauté mais ont été considérés incapables de porter la robe. En dépit de cela, ils ont saisi l'occasion d'exploiter la générosité de l'empereur pour leurs propres fins. Ils se sont alors vêtus de robes couleur terre et se sont joint à la communauté sans avoir été intégré dans le saµgha.

En conséquence, le respect des gens pour le saµgha a rapidement diminué. Lorsque la non-authenticité de ces (faux) bhikkhu a commencée a émerger, certains (véritables) bhikkhu ont fini par refuser de présenter l'uposatha (récitation du pátimokkha) et d'y participer en présence de ces faux bhikkhu hérétiques, au vinaya altéré.

Lorsque l'empereur a été mis au courant, il a cherché à rectifier la situation. Il a envoyé un de ses ministres au près des bhikkhu avec l'ordre de les faire exécuter la procédure. Cependant, l'empereur n'avait donné au ministre aucune indication quant aux moyens devant être employés pour effectuer cet ordre. N'acceptant pas de tenir l'uposatha en compagnie des faux bhikkhu, les autres ont catégoriquement refusé d'obéir.

Désespéré et fâché, le ministre a sorti son épée et commencé a décapiter les bhikkhu les uns après les autres, jusqu'à ce qu'il se retrouve devant le Vénérable Tissa, le frère du roi, qui avait fait son intégration dans la communauté. Brusquement horrifié de son action, le ministre a arrêté net la tuerie et s'est sauvé des lieux. Il a fait un rapport à l'empereur Asoka, qui a été profondément affligé par ces massacres. Ce dernier est alors allé demander conseil auprès du thera Moggaliputta Tissa.

Il a ensuite proposé que les bhikkhu hérétiques soient expulsés de la communauté et qu'un troisième concile soit immédiatement assemblé. Ainsi, c'est lors de la dix-septième année de règne de l'empereur Asoka que le troisième concile s'est tenu. Le thera Moggaliputta Tissa a dirigé les démarches et a choisi mille bhikkhu parmi les soixante mille disponibles pour les traditionnelles récitations du dhamma et du vinaya, qui ont duré pendant neuf mois. L'empereur a lui-même remis en cause les bhikkhu d'un certain nombre de monastères au sujet des enseignements de Bouddha. Ceux qui ont exposé des vues fausses ont été immédiatement expulsés du saµgha. De cette façon le saµgha a été purgé de tout hérétique et de tout faux bhikkhu.

Ce concile aura été utile pour d'autres choses également importantes. Le Vénérable Moggaliputta Tissa, afin de réfuter un certain nombre d'hérésies et de s'assurer que l'enseignement du dhamma reste pur, a rassemblé et dirigé un groupe de bhikkhu pendant ce concile, pour la rédaction d'un livre, appelé le « kathávatthu ». Ce livre se compose de vingt-trois chapitres, il est une compilation de discussions (kathá) et de réfutations des vues hérétiques tenues par les diverses sectes sur des sujets philosophiques. Il s'agit du cinquième des sept livres de l'abhidhamma pi†aka.

Les membres du concile ont également donné une approbation royale à la doctrine de Bouddha, la nommant le Vibhajjaváda, la doctrine de l'analyse. Elle est identique à la doctrine approuvée par le theraváda. Une des plus importantes réalisations de cette assemblée du dhamma, et qui devait porter ses fruits pour les siècles à venir, a été la décision de l'Empereur d'envoyer des moines érudits dans le dhamma et dans le vinaya enseignés par Bouddha, capables de le réciter par cœur dans sa totalité, pour l'enseigner dans neuf pays différents.

Ces moines Dhammadúta ont inclus le Vénérable Majjhantika qui est allé au Kashmir et au Gandhára. Il a été invité à y enseigner le dhamma et à y établir un saµgha. Le Vénérable Mahádeva a été envoyé à Mahinsakamandaša (actuellement Mysore) et le thera Rakkhita a été acheminé à Vanavási (actuellement le nord du Kanara, dans le sud de l'Inde). Le thera Yonaka Dhammarakkhita a été envoyé dans l'Aparantaka supérieur (actuellement le nord du Goudjerate, Kathiawar, Kutch et Sindh). Le thera Mahárakkhita est allé à Yonaka-loka (la terre des lonians, de Bactrians et des Grecs.) Le thera Majjhima est allé à Himavanta (l'endroit touchant l'Himalaya.) Les Vénérables Sona et Uttara ont été envoyés à Suvannabhúmi (actuellement le Myanmar). Le thera Mahinda, le thera Ittiya, le thera Uttiya, le thera Sambala et le thera Bhaddasála ont été envoyés à Tambapanni (actuellement Sri Lanka).

Les missions de propagation du dhamma de ces bhikkhu ont été une grande réussite. Elles ont porté de grands fruits au fil du temps et ont permis d'ennoblir considérablement les peuples de ces contrées. Le don du dhamma a totalement influencé leurs civilisations et leurs cultures.

Avec la diffusion du dhamma à travers la parole de Bouddha, l'Inde en est venue à être connue comme Visvaguru, l'enseignante du monde.

Le quatrième concile

Le quatrième concile s'est tenu à Tambapanni (à Sri Lanka) en 96 avant J.C. sous le règne du Roi Va††agámani. La raison principale de sa mise en place était due au fait qu'il n'était maintenant plus possible à la majorité des bhikkhu de mémoriser entièrement le tipi†aka, comme cela avait été le cas autrefois par le Vénérable Mahinda et ceux qui l'avaient suivi peu de temps après.

Par conséquent, comme à cette époque, l'art de l'écriture s'était sensiblement développé, il devenait avantageux et nécessaire de coucher par écrit tout le corps des enseignements de Bouddha. Le Roi Va††agámani a soutenu l'idée des bhikkhu et un concile a été tenu spécifiquement pour mettre le tipi†aka en sa totalité par écrit. Ainsi, de sorte que le dhamma puisse être durablement préservé, le Vénérable Mahárakhita et cinq cents bhikkhu ont récité mot à mot la parole de Bouddha, puis les ont écrits sur des feuilles de palme.

Cette entreprise remarquable a eu lieu dans une grotte appelée l'Áloka Lena, située dans la fissure d'un éboulement de terrain antique, près de l'actuelle Matale. Ainsi, le but du concile a été réalisé et la conservation par écrit du dhamma authentique a été assurée. Plus tard, au dix-huitième siècle, le Roi Vijayarájasiha a obtenu des images de Bouddha créées dans cette grotte.

Le cinquième concile

Le cinquième concile a eu lieu à Mandalé, au Myanmar en 1871, sous le règne du Roi Mindon. L'objectif essentiel de cette réunion était la récitation exhaustive de tous les enseignements de Bouddha et de les examiner minutieusement dans le détail, pour voir si l'un d'entre eux aurait été modifié, faussé ou relâché.

Il a été présidé notamment par trois aînés, le maháthera Jágará, le Vénérable Narindábhidhaja, et le maháthera Sumašgalasámi, en présence d'environ deux mille quatre cents bhikkhu. La récitation de l'ensemble du corps du dhamma a duré cinq mois. Le travail de ce concile a également été de rediscuter du tipi†aka dans son entier et de l'inscrire pour la postérité sur sept cents vingt-neuf plaques de marbre, en l'écriture birmane, après que la récitation ait été terminée, discutée et approuvée à l'unanimité.

Cette tâche monumentale a été réalisée par environ deux mille quatre cents bhikkhu érudits et beaucoup d'artisans habiles. Ils ont logé chaque plaque ainsi gravée dans une pagode miniature (mini maisonnette de pierre, à la fois pour les protéger et pour les mettre en valeur). Elles ont été installées dans un site, sur les terres du Roi Mindon. Dans le site de Kuthodaw, situé au pied de la colline de Mandalé, se dresse encore de nos jours, ce « plus grand livre du monde ».

Le sixième concile

Le sixième concile s'est tenu dans la grotte de Kaba Aye (construite pour l'occasion), à Yangon, en 1954, quatre-vingt-trois années après que cinquième concile n'ait été tenu à Mandalé. Il a été commandité par le gouvernement birman, mené par l'honorable premier ministre U Nu. Il a autorisé la construction du Mahá Pásána Gúhá, la grande grotte, une grotte artificielle très semblable à la grotte de Sattapaññi en Inde, où le premier concile s'était tenu.

Le concile s'est réuni depuis le 17 mai 1954. Comme pour les conciles précédents, son premier objectif était d'affirmer et de préserver l'authenticité du dhamma et du vinaya. Il s'agit du seul concile pour lequel les bhikkhu qui y ont participé (au nombre de deux mille cinq cents), sont venus de huit pays. Ces bhikkhu érudits du theraváda sont venus du Myanmar, du Cambodge, d'Inde, du Laos, du Népal, de Sri Lanka, de Thaïlande et du Viêt-Nam.

Le Vénérable Mahásí Sayádaw (maháthera Sobhana) a été nommé à la noble tâche de questionneur sur l'ensemble du corps du dhamma, quant au Vénérable maháthera Vicittasárá, il a répondu savamment et de manière satisfaisante à chaque question.

le Vénérable Vicittasárá Sayádaw lors du 6e concilele Vénérable Mahásí Sayádaw lors du 6e concile

Avant ce concile, tous les pays y ayant participé, excepté l'Inde, avaient une version du tipi†aka pali rédigée dans leurs écritures respectives. La récitation traditionnelle des textes du dhamma a pris deux ans. Le tipi†aka et sa littérature dans toutes les transcriptions ont été soigneusement examinés. Toutes les versions ont alors été assemblées et leurs différences ont fait l'objet de toutes les corrections nécessaires. Heureusement, on a constaté qu'il n'y avait pas beaucoup de différence dans la teneur de ces textes.

En conclusion, après que le concile les ait officiellement approuvés, tous les volumes du tipi†aka et leurs commentaires ont été préparés pour être imprimés sur les presses modernes et édités en caractères birmans. Cet accomplissement notable a été rendu possible par le travail remarquable de deux mille cinq cents bhikkhu et de nombreux laïcs. Ce travail s'est terminé en mai 1956, deux millénaires et demi après le parinibbána de Bouddha. Le travail de ce concile est le seul accomplissement réalisé par les représentants de tout le monde bouddhiste (hormis les écoles divergentes, évidemment). La version du tipi†aka qu'il s'est engagé à produire a été identifiée en tant qu'authentique, fidèle aux enseignements primitifs du Vénérable Gotama (Bouddha) et comme étant le rendu le mieux fondé de ceux-là jusqu'ici.

Outre la version en caractères birmans, on trouve de nos jours une version de ce tipi†aka pali en caractères romains, devanagaris, thaï, cingalais, khmères et mongols, de sorte à rendre disponible au plus grand nombre ces textes authentifiés de la parole de Bouddha.

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Origine : Texte en anglais

Traducteur : Moine Dhamma Sámi

Date : 2002

Mise à jour : 10 juin 2005

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