Informations sur la démarche à suivre pour devenir moine :
Conditions, procédure d'intégration au sein de la communauté, ainsi que procédure d'abdication.
Pour devenir bhikkhu, il suffit de le vouloir ! C'est la principale démarche. Une fois qu'il est muni d'un bol, d'un jeu de trois robes et d'une ceinture, le futur bhikkhu prend les dix préceptes de sámašera (si ce n'est pas déjà fait), car seul un sámašera peut être incorporé dans le saµgha. Une fois ce palier effectué, il peut entamer la procédure d'intégration dans le saµgha.
| En pali | En français | |
|---|---|---|
| En pali | En français | |
| 1 | « pánátipátá veramaši sikkhápadaµ samádhiyámi. » | « Je m'abstiendrai de nuire à la vie d'autrui. » |
| 2 | « adinnádáná veramaši sikkhápadaµ samádhiyámi. » | « Je m'abstiendrai de voler la propriété d'autrui. » |
| 3 | « abrahmacariyá veramaši sikkhápadaµ samádhiyámi. » | « Je m'abstiendrai de pratiques sexuelles. » |
| 4 | « musávádá veramaši sikkhápadaµ samádhiyámi. » | « Je m'abstiendrai de mensonges. » |
| 5 | « surámeraya majjapamáda††háná veramaši sikkhápadaµ samádhiyámi. » | « Je m'abstiendrai de consommation d'alcool ou de quels intoxicants que ce soit. » |
| 6 | « vikálabhojaná veramaši sikkhápadaµ samádhiyámi. » | « Je m'abstiendrai de consommer de la nourriture entre midi (solaire) et l'aube. » |
| 7 | « nacca gíta vádita visukadassaná veramaši sikkhápadaµ samádhiyámi. » | « Je m'abstiendrai de danse, de chant, d'audition de musique, et d'assister à des spectacles. » |
| 8 | « málá gandha vilepana dhárana mandana vibhúsana††háná veramaši sikkhápadaµ samádhiyámi. » | « Je m'abstiendrai de l'utilisation de parfums, de cosmétiques, ainsi que de l'utilisation d'ornements (et de tout ce qui a attrait à la séduction). » |
| 9 | « uccásayana mahásayana veramaši sikkhápadaµ samádhiyámi. » | « Je m'abstiendrai de m'installer à des places plus hautes que des êtres nobles (bhikkhu, bhikkhuní ou sámašera plus ancien que soi) ou à des places réservées à de tels êtres. » |
| 10 | « játarúpa rájata pa†iggahaná veramaši sikkhápadaµ samádhiyámi. » | « Je m'abstiendrai d'accepter ou d'utiliser de l'or ou de l'argent (métal et monnaie). » |
Au moment où il rentre dans le saµgha, le nouveau bhikkhu ne doit rien posséder, car tout ce qu'il détiendra devra lui être offert. Ainsi, juste avant de prendre la robe, il lui faut abandonner la totalité de ses possessions (sauf les affaires médicales comme les lunettes, les médicaments, ou une brosse à dents). S'il a des objets qui peuvent lui être nécessaires comme des sandales, des livres, un réveil-matin, il doit les donner à une personne qui pourra lui ré-offrir une fois qu'il sera bhikkhu. Il peut expliquer la situation à cette personne mais ne doit pas lui demander de lui redonner ensuite ces affaires, car un bhikkhu ne peut accepter quoi que ce soit qu'il ait demandé pour lui-même (sauf s'il est malade), même s'il était laïc au moment de cette demande. Bien entendu, il est toléré aux bhikkhu temporaires de conserver leurs possessions, mais il leur faudra les mettre de côté ou les confier à quelqu'un pour toute la durée de leur expérience monastique.
La procédure d'intégration dans le saµgha consiste essentiellement en quelques interrogations. Elle exige la présence d'un minimum de dix bhikkhu au síla pur (cinq suffisent si elle a lieu en dehors de la région du Majjhima), dont un doit avoir au moins dix années d'ancienneté. Les bhikkhu et le sámašera (futur bhikkhu) prennent place dans la símá, qui doit être propre. Le préambule de la procédure et les trois sections de la kammavácá doivent être articulés de façon claire, en respectant scrupuleusement la prononciation.
Il y a des bhikkhu qui pourraient rentrer dans le saµgha uniquement pour bénéficier de soins donnés par les médecins qui soignent gratuitement les bhikkhu. D'autres pourraient y entrer pour fuir illicitement des obligations. En premier lieu de la procédure, pour éviter ce genre de problèmes, quinze questions sont posées au postulant, auxquelles il doit pouvoir répondre de manière satisfaisante pour être accepté.
| Questions : | Réponses : |
|---|---|
| Questions : | Réponses : |
| Avez-vous la lèpre ? | Non, Vénérable |
| Avez-vous des furoncles ? | Non, Vénérable |
| Avez-vous de l'eczéma ? | Non, Vénérable |
| Avez-vous la tuberculose ? | Non, Vénérable |
| Avez-vous l'épilepsie ? | Non, Vénérable |
| Êtes-vous un être humain ? | Oui, Vénérable |
| Êtes-vous un homme ? | Oui, Vénérable |
| Êtes-vous un homme libre ? | Oui, Vénérable |
| Êtes-vous libre de dettes ? | Oui, Vénérable |
| Êtes-vous exempt de fonction pour l'État ? | Oui, Vénérable |
| Avez-vous la permission de vos parents ? | Oui, Vénérable |
| Êtes-vous âgé d'au moins 20 ans ? | Oui, Vénérable |
| Avez-vous votre bol et vos robes ? | Oui, Vénérable |
| Quel est votre nom ? | Mon nom est Naga |
| Quel est le nom de votre précepteur ? | Mon précepteur est le Vénérable Tissa |
Note : Durant la procédure, le postulant et le précepteur prennent provisoirement les noms de (respectivement) Naga et de Tissa.
Si le postulant est en mesure de répondre comme indiqué ci-dessus, il est apte à entrer dans le saµgha. Ce n'est pas plus compliqué. Après cela, la procédure d'intégration peut se poursuivre, le précepteur donnera les indications essentielles au nouveau bhikkhu, dont les quatre fautes entraînant la perte à vie du statut de bhikkhu. Voir "Les 4 párájika".
L'expérience de la vie monastique peut être vécue sous deux formes : provisoire ou définitive. Dans tous les cas, le bhikkhu peut "rendre la robe" et la reprendre n'importe quand. Ce choix est parfaitement libre et peut être fait autant de fois que le besoin s'en fait ressentir.
Voir aussi : Comment défroquer ?
Il prend la robe pour quelques jours, quelques semaines ou quelques mois pour consacrer une ou plusieurs périodes de sa vie à s'entraîner à l'existence monastique. Il est encore investi dans des activités diverses auxquelles il ne se sent pas prêt à renoncer. Toutefois, il sait suffisamment prendre des distances pour mener quelques temps une vie de détachement. S'il constate qu'une telle expérience lui est profitable, il pourra éventuellement envisager de la prolonger jusqu'au terme de son existence.
Il est celui qui renonce ; il renonce au monde et à tous ses plaisirs. Pour cela, il s'entraîne avec vigilance et persévérance à observer la réalité, à demeurer attentif. Il s'entraîne sans relâche à suivre la voie juste, celle qui mène à l'extinction définitive de toute souffrance, il essaie sans cesse de s'améliorer, d'avoir un comportement noble face à chaque situation, d'aider les autres dans le dhamma de la manière la plus positive, et sa conduite est irréprochable, ainsi il représente dignement le saµgha qui est le véhicule de la parole de Bouddha.
Pour ne plus être tenu aux règles de conduite du vinaya, le bhikkhu souhaitant abdiquer afin de revenir à la vie laïque doit le déclarer oralement. Si après cela il commet une action propre à un párájika, étant donné qu'il n'est plus bhikkhu, il ne commet – par définition – pas de párájika. Un bhikkhu qui a commis un párájika, perd de ce fait son statut de bhikkhu. Donc, la question de défroquer ne se pose même plus pour lui. Pour qu'une abdication soit valide, six facteurs doivent impérativement être réunis :
Il y a de nombreuses manières de déclarer son abdication du saµgha. Voici quelques exemples : je rejette le dhamma ; je rejette la discipline des bhikkhu ; je ne veux plus du pátimokkha ; je ne veux plus d'un précepteur ; je ne veux plus des bhikkhu avec qui je vis ; prenez note que je redeviens laïc ; prenez note que je deviens kappiya ; je souhaite devenir sámašera ; je souhaite devenir disciple d'une autre école ; prenez note que je ne suis plus bhikkhu ; l'enseignement de Bouddha ne m'apporte aucun bénéfice, j'en ai assez ; je n'ai plus besoin du dhamma, je me libère.
Afin de défroquer, il convient alors de prononcer une déclaration implicite de son souhait d'abdiquer du saµgha, soit en pali, soit dans une autre langue. Dans tous les cas, la personne à qui la déclaration est adressée, doit comprendre la langue utilisée et le sens de la déclaration. La déclaration ne peut que se faire au moment de quitter la robe. Si elle est annoncée antérieurement ou après le moment de quitter la robe, l'abdication n'est pas valide. Cette déclaration peut être annoncée soit à un homme, soit à une femme, mais en aucun cas à une divinité, à un animal, à un arbre ou à une statue. La personne qui écoute cette déclaration doit comprendre sa signification sur le moment. Si elle ne la comprend que plus tard (soit après réflexion, soit après que quelqu'un d'autre la lui a expliquée), l'abdication n'est pas valide.
Pour cette raison, il convient de déclarer l'abdication du saµgha à une personne qui comprend le vinaya. Autrement, il est nécessaire de donner les explications qui s'imposent avant de faire cette déclaration.
Les bhikkhu temporaires doivent faire très attention à défroquer correctement. Sans quoi, ils pourraient commettrent un párájika sans le savoir en portant les vêtements de laïc alors qu'ils avaient pris soin de ne pas en commettre durant leur vie monacale. Ainsi, ils risqueraient d'entrer de nouveau dans le saµgha en étant párájika. Il est extrêmement négatif de porter la robe étant párájika, même si on ne le sait pas ; de la même façon qu'il serait dangereux de se joindre à la foule si on est atteint d'une grave maladie contagieuse, qu'on le sache ou non. Un bhikkhu párájika n'étant autre qu'un laïc au crâne rasé portant une robe, il ferait commettre un nombre incalculable de fautes aux bhikkhu qui vivent avec lui.
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Origine : Texte écrit pour le site
Auteur : Moine Dhamma Sámi
Date : 2001
Mise à jour : 18 juin 2005