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02 - dhutanga tecīvarika

Signification du dhutaṅga tecīvarika

Le terme pali « ticīvara » signifie « trois robes », c’est-à-dire la robe du bas (antaravāsaka), la robe du haut (uttarāsaṅga) et la robe double (saṅghāṭi).

« ti » = « trois pièces » ; « cīvara » = « robe (utilisée par un bhikkhu) »

Le bhikkhu qui se limite à n’employer que trois robes est appelé un « tecīvarika ». Lorsque cette pratique est convenablement appliquée, avec constance et diligence, avec la détermination de ne pas la rompre, on dit qu’il y a « tecīvarikaṅga » (état d’esprit de l’emploi limité à trois robes).

Le bhikkhu qui adopte le dhutaṅga tecīvarika doit, en dehors de ses trois robes, renoncer à toute autre pièce de tissu dont la surface correspond à celle d’un tissu exigeant une détermination (soit un minimum d’une coudée et un empan de longueur sur un empan et six phalanges de large).

Adoption du dhutaṅga tecīvarika

Pour adopter ce dhutaṅga, il convient de prononcer la phrase suivante soit en pali, soit dans la langue de son choix…

En pali :

« catuttha cīvaraṃ paṭikkhipāmi, tecīvarikaṅgaṃ samādhiyāmi. »

En français :

« Je renonce à une quatrième robe, je m’entraînerai à n’utiliser que trois robes. »

Les trois sortes de pratiquants du dhutaṅga tecīvarika

Selon les restrictions, il existe trois sortes de pratiquants du dhutaṅga tecīvarika :

  1. ukkaṭṭha tecīvarika, le pratiquant noble du dhutaṅga tecīvarika
  2. majjhima tecīvarika, le pratiquant intermédiaire du dhutaṅga tecīvarika
  3. mudu tecīvarika, le pratiquant ordinaire du dhutaṅga tecīvarika

1. le pratiquant noble

Lorsque le bhikkhu pratiquant noble du dhutaṅga tecīvarika lave ses robes, il est vêtu de sa robe du bas (autour de la taille) pendant qu’il lave sa robe du haut, et il est vêtu de sa robe du haut (pliée en deux et autour de la taille) pendant qu’il lave sa robe du bas. Après (ou avant) seulement, il convient qu’il lave sa robe double. Il est bien de ne pas porter la robe double autour de la taille.

Le bhikkhu qui pratique le dhutaṅga tecīvarika prend soin de procéder comme indiqué ci-dessus, s’il vit dans un monastère proche (ou à l’intérieur) d’un village. Seul le bhikkhu pratiquant du dhutaṅga tecīvarika qui vit dans un monastère de campagne (dans un lieu situé en dehors des zones habitées) peut, s’il n’y a personne d’autre que lui, laver ou teindre simultanément ses robes. Toutefois, dans cette situation, au cas où un tel bhikkhu serait vu par quelqu’un, il convient qu’il garde près de lui l’une de ses trois robes afin de se cacher facilement le corps.

Ainsi est la pratique du pratiquant noble du dhutaṅga tecīvarika.

2. le pratiquant intermédiaire

Le bhikkhu pratiquant intermédiaire du dhutaṅga tecīvarika peut avoir une robe supplémentaire, qu’il utilise seulement pour et pendant le moment où il lave ou teint ses robes. Le reste du temps, cette robe supplémentaire doit être laissée de côté.

3. le pratiquant ordinaire

Lorsqu’il lave ou teint l’une de ses trois robes, le bhikkhu pratiquant ordinaire du dhutaṅga tecīvarika peut porter l’un des tissus suivants : la robe d’un bhikkhu d’accord de lui prêter, le tissu qu’il emploie comme couverture, le tissu employé comme couverture d’un autre, un tissu de corps d’une largeur d’un empan de large sur trois coudées de long. Le bhikkhu pratiquant du dhutaṅga tecīvarika ne devra en aucun cas porter de tissu supplémentaire en dehors du lavage ou de la teinture de ses robes. Il ne peut pas non plus transporter d’autres tissus avec lui (en voyage, etc.)

Les avantages du dhutaṅga tecīvarika

En pratiquant le dhutaṅga tecīvarika, on peut bénéficier des avantages suivants…

  1. comme un oiseau qui s’envole vers d’autres lieux, on peut voyager facilement, sans être embarrassé de beaucoup d’affaires
  2. il y a peu de tâches (lavage, séchage, etc.)
  3. on est épargné de tout rangement et stockage de vêtements
  4. entretien léger pour son corps
  5. on est épargné de l’attachement à des robes supplémentaires aux trois
  6. comme on n’emploie que trois robes, on a des besoins de moyens d’existence réduits au minimum

Remarque : seule la pratique d’un dhutaṅga permet d’en comprendre véritablement les avantages.

La manière de rompre le dhutaṅga tecīvarika

Dès l’instant où un bhikkhu pratiquant du dhutaṅga tecīvarika utilise une quatrième robe (en dehors de la lessive d’une de ses trois robes), il brise son dhutaṅga.

Autorisation exceptionnelle accordée aux pratiquants du dhutaṅga tecīvarika

Un bhikkhu qui ne pratique pas le dhutaṅga tecīvarika est autorisé à conserver des tissus pendant une période de dix jours. Il est tenu de terminer la couture, la teinture et la détermination d’une robe durant ces dix jours. Si, sans avoir achevé sa robe, il conserve des tissus au-delà de cette période, il commet un nissaggiya pācittiya. Il doit alors les abandonner auprès d’un bhikkhu connaisseur du vinaya, et ne doit pas conserver plus longtemps ces tissus.

Un bhikkhu pratiquant du dhutaṅga tecīvarika est autorisé à dépasser cette période de dix jours. Dans cas, il ne commet pas le nissaggiya 1. Aussitôt que la couture et la teinture de sa robe sont achevées, il ne doit plus garder de tissus supplémentaires. Si dans ces conditions il garde des tissus supplémentaires au-delà de dix jours, ou s’il adopte ce dhutaṅga uniquement pour pouvoir conserver des tissus non cousus pour une durée excédant dix jours, il est appelé un « dhutaṅga cora », c’est-à-dire un « voleur de dhutaṅga ».

infos sur cette page

Origine : Ouvrage en birman

Auteur : Moine Devinda

Date : 2001

Traducteur : Moine Dhamma Sāmi

Date de traduction : Janv. 2004

Mise à jour : 18 juin 2005