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13 - dhutaṅga nesajjika

Signification du dhutaṅga nesajjika

Le terme pali « nesajjika » signifie « celui qui a l’habitude d’être assis ».

« nissīda » = « posture assise »

Le bhikkhu qui prend l’habitude de renoncer à la posture allongée, n’adoptant que les postures assise, debout et en marche, est appelé un « nesajjika ». Lorsque cette pratique est convenablement appliquée, avec constance et diligence, avec la détermination de ne pas la rompre, on dit qu’il y a « nesajjikaṅga » (état d’esprit du renoncement de la posture allongée).

Adoption du dhutaṅga nesajjika

Pour adopter ce dhutaṅga, il convient de prononcer la phrase suivante soit en pali, soit dans la langue de son choix…

En pali :

« seyyaṃ paṭikkhipāmi, nesajjikaṅgaṃ samādhiyāmi. »

En français :

« Je renonce à la posture allongée, je m’entraînerai à demeurer toujours assis (pour le repos) »

Les trois sortes de pratiquants du dhutaṅga nesajjika

Selon les restrictions, il existe trois sortes de pratiquants du dhutaṅga nesajjika :

  1. ukkaṭṭha nesajjika, le pratiquant noble du dhutaṅga nesajjika
  2. majjhima nesajjika, le pratiquant intermédiaire du dhutaṅga nesajjika
  3. mudu nesajjika, le pratiquant ordinaire du dhutaṅga nesajjika

1. le pratiquant noble

Le pratiquant noble du dhutaṅga nesajjika ne fait jamais l’une des choses suivantes, même en dormant : 1) appuyer le dos ; 2) enlacer les genoux à l’aide d’un tissu ; 3) enlacer ou maintenir ses genoux à l’aide des mains ou des bras.

2. le pratiquant intermédiaire

Le pratiquant intermédiaire du dhutaṅga nesajjika adopte l’une des trois choses que rejette le pratiquant noble.

3. le pratiquant ordinaire

Le pratiquant ordinaire du dhutaṅga nesajjika adopte deux ou trois des trois choses rejetées par le pratiquant noble. Il peut mettre un oreiller derrière son dos, ou s’asseoir sur une chaise dont le dossier n’excède pas une inclinaison de 45o ou dépourvue de dossier.

Du temps de Bouddha vivait le mahāthera Miḷābhaya, qui pratiquait le dhutaṅga nesajjika. Ce mahāthera se fit offrir un lit de haute qualité par ses dāyakā. Le mahāthera s’est entraîné au développement à vipassanā, tout en maintenant scrupuleusement son dhutaṅga nesajjika. En peu de temps, il est devenu anāgāmi.

Ainsi, il est convenable que des bhikkhu pratiquant le dhutaṅga nesajjika utilisent des chaises et des lits de toutes sortes. Tant qu’ils ne s’allongent pas, ils ne brisent pas leur dhutaṅga.

Les avantages du dhutaṅga nesajjika

En pratiquant le dhutaṅga nesajjika, on peut bénéficier des avantages suivants…

  1. absence de développement de plaisirs sensoriels liés aux sensations plaisantes procurées par la posture allongée
  2. développement propice de toutes les formes d’entraînement samatha ou vipassanā
  3. vénération (l’absence de posture allongée confère une grande dignité)
  4. développement propice de l’effort et de la concentration
  5. développement propice du sīla et de tous les facteurs d’éveil

Remarque : seule la pratique d’un dhutaṅga permet d’en comprendre véritablement les avantages.

La manière de rompre le dhutaṅga nesajjika

Dès l’instant où un pratiquant du dhutaṅga nesajjika s’allonge et pose la tête (sur quoi que ce soit), il brise son dhutaṅga.

La façon de pratiquer le dhutaṅga nesajjika

Durant l’une des trois parties de la nuit, le pratiquant du dhutaṅga nesajjika peut se lever et marcher. Pendant cette marche, le dhutaṅga ne peut pas être brisé. Parmi les quatre postures – allongée, assise, debout et marche –, seule la posture allongée doit être écartée. Pendant la nuit, le pratiquant de ce dhutaṅga peut donc alterner entre les trois autres postures. Pendant qu’il effectue la marche, il continue de développer son entraînement (samatha ou vipassanā). Il peut dormir en restant assis durant les deux autres parties de la nuit.

Encouragements au dhutaṅga nesajjika

Les deva nuisibles ont peur d’un individu qui reste assis bien droit (en posture de méditation). Lorsqu’on pratique ce dhutaṅga, on est débarrassé de la paresse, de la somnolence et des attachements au plaisir de dormir. On bénéficie d’un grand vīriya, on dispose d’excellentes conditions pour s’entraîner à kammaṭṭhāna (vipassanā ou samatha). On peut aussi développer le pīti qui élimine le désir sensuel, on connaît le bonheur.

Pour ces raisons, certains bhikkhu adoptent le dhutaṅga nesajjika, qui est une pratique particulièrement propice au développement et au maintien de vīriya. Les pratiquants de ce dhutaṅga donnent beaucoup de prestige au sāsana.

infos sur cette page

Origine : Ouvrage en birman

Auteur : Moine Devinda

Date : 2001

Traducteur : Moine Dhamma Sāmi

Date de traduction : Janv. 2004

Mise à jour : 18 juin 2005