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résumé de la page

Introduction à la discipline monastique, exposant ses origines, son utilité et son inestimable importance.

En effet, le vinaya est le véhicule essentiel à la préservation de l’enseignement de Bouddha.

Le vinaya

On le néglige trop souvent, pour ne pas dire ignorer. Le vinaya est LA raison de vie de l’enseignement de Bouddha. Cette partie du site est très riche, elle comporte l’intégralité des règles monastiques – dont le pātimokkha –, de nombreuses informations et des explications très détaillées sur la façon de gérer l’existence monastique, toutes les procédures importantes du saṃgha, accompagnées de leurs formules en pali.

Koan Zen

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À quoi sert le vinaya ?

Le vinaya permet de bénéficier des meilleures conditions possibles pour s’entraîner à réduire les attachements. Il est ce qui donne au bhikkhu les moyens de suivre la voie du juste milieu et d’y rester. Il l’oblige à demeurer conscient de chacun de ses actes, à tout instant, car ce n’est qu’à ce prix qu’il est possible d’empêcher tout manquement. Il lui évite de gaspiller du temps et de l’énergie aux choses futiles tout en les focalisant sur ce qui est sain et bénéfique. Le vinaya permet aux bhikkhu d’être irréprochables en toute situation et d’offrir aux laïcs qui les soutiennent un exemple de pureté, d’équilibre et de sagesse. D’ailleurs, le seul critère visible définissant la qualité d’un bhikkhu est sa capacité à observer le vinaya.

Le vinaya est un ensemble de balises qui permet au bhikkhu de développer, de la meilleure manière, le meilleur sīla possible. Le sīla étant la base de toute action dans le dhamma, le bhikkhu qui néglige le vinaya est un opportuniste. Le danger est qu’il risque de parasiter la communauté qu’il représente, car son attitude négligée est susceptible d’entraîner beaucoup de monde sur la mauvaise voie. Il est donc très important de s’entraîner correctement au vinaya. Tant qu’il n’a pas été sérieusement mis en pratique, ses bénéfices inestimables ne peuvent pas être compris. De même qu’un métier a beau être étudié durant des années ; ce n’est qu’en l’exerçant qu’on peut véritablement le connaître. À propos de métier, nous pouvons dire que le bhikkhu est un professionnel de la conduite — entre autres.

Le concept de bhikkhu se définit autant par le détachement que par la conduite. D’ailleurs, le non-respect des règles de conduite est essentiellement dû à des problèmes liés à l’attachement. Parallèlement, c’est le fait de respecter ces règles qui contribuent au détachement.

Le vinaya permet également la préservation de l’enseignement de Bouddha. Sans le vinaya, il ne peut y avoir de saṃgha. Sans le saṃgha, l’enseignement du dhamma ne peut être véhiculé, car seule, une communauté organisée et composée d’êtres ayant pleinement réalisé le dhamma – nibbāna – est en mesure de le conserver intact. Bouddha disait que si son enseignement venait à disparaître, ce serait uniquement par la faute des bhikkhu ; par leur manque de respect pour le vinaya.

Les dix bénéfices du vinaya

  1. Approbation des règles du vinaya par les membres du saṃgha : les points du vinaya sont établis de sorte à préserver toute forme de respect les uns envers les autres.
  2. Harmonie et sérénité pour les membres du saṃgha : le vinaya prévoit toutes les manières de résoudre les problèmes de discorde ou de conflit.
  3. Possibilité d’expulsion des bhikkhu qui ont une conduite irrespectueuse : le vinaya faisant autorité, le saṃgha peut écarter les bhikkhu perturbateurs de la communauté.
  4. Sécurité pour les bhikkhu qui ont un grand respect pour les règles du vinaya : les gens préfèrent toujours mieux aider les êtres de grande vertu.
  5. Protection contre les grands dangers dans cette vie présente : le fait d’adopter une conduite de vie juste – ce qui inclut de nombreuses abstinences – réduit considérablement les opportunités propices aux situations dangereuses.
  6. Protection contre les grands dangers dans la vie prochaine : le fait de cultiver une grande vertu contribue à développer le mérite de façon à bénéficier de conditions avantageuses dans la vie suivante.
  7. Intérêt pour le dhamma par les personnes qui ne s’y intéressent pas encore : les êtres qui ont une discipline de vie exemplaire suscitent naturellement beaucoup de confiance, d’attention et d’intérêt.
  8. Accroissement de l’intérêt pour le dhamma par les personnes qui s’y intéressent déjà : (même raison).
  9. Stabilité et durabilité de l’enseignement de Bouddha : pour qu’un enseignement demeure intact, il est impératif que ceux qui le véhiculent soient en parfait accord. Cela ne peut se faire qu’au sein d’une communauté qui s’organise autour d’un code de conduite commun.
  10. Suscitation de considération et de valeur à sa propre conduite : le vinaya sert de repère permettant de valider à tout instant la qualité de sa conduite.

L’origine des règles

Le sīla pur se passe de vinaya

Durant les premières années qui suivirent la fondation du saṃgha par Bouddha, il n’y avait aucune règle du vinaya, ni même aucune procédure du vinaya. Les bhikkhu avaient tous un sīla complètement pur ; pour cette raison, il n’y en avait pas besoin.

Une personne vertueuse est pourvue de bon sens, ce qui l’amènera naturellement à éviter les fautes du vinaya, qui ne concernent que des actes nuisibles à éviter et des points de conduite destinés à adopter un comportement noble et irréprochable. Une telle personne sera capable d’éviter de commettre la plupart – sinon toutes – les fautes du vinaya sans même les connaître.

L’établissement des règles

Bouddha n’a jamais établi la moindre règle d’office. Chaque règle n’a été établie qu’en raison d’un mauvais acte commis par un bhikkhu et ayant entraîné autrui à critiquer ou à se plaindre. Dans le vinaya, pour chaque règle, les éléments suivants sont présentés : l’histoire qui relate dans quel contexte et de quelle manière la faute est commise pour la première fois ; les personnes qui critiquent l’acte ; les personnes qui le rapportent auprès de Bouddha ; Bouddha qui convoque le bhikkhu fautif et qui le réprimande ; Bouddha qui fait des recommandations aux bhikkhu ; Bouddha qui établit la règle en conséquence (telle qu’elle est présentée dans le pātimokkha) ; Bouddha qui donne tous les détails nécessaires à l’application de la règle.

Pour chaque règle, le bhikkhu qui a commis l’acte inconvenant (du corps ou de la parole) qui en est à l’origine n’est pas en faute.

Le vinaya est si bien conçu que tout est fait pour inciter chaque bhikkhu fautif à purifier ses fautes et à prendre garde à ne plus les reproduire, sinon, il risque d’être expulsé du lieu où il se trouve. Ainsi, les bhikkhu de chaque monastère demeurent purs, nobles, irréprochables, dignes de vénération et bénéficient aisément de toutes les conditions nécessaires pour l’accomplissement du dhamma. Naturellement, pour qu’un monastère abrite un saṃgha pur, il est impératif que les bhikkhu anciens – ou les bhikkhu responsables – de ce monastère respectent eux-mêmes et imposent à leurs disciples le respect du vinaya.

L’observation du vinaya

Les trois façons d’observer le vinaya

Loin d’être une obédience à quoi que ce soit, le vinaya est un outil destiné à se libérer et il n’est rien d’autre qu’un ensemble de jalons qui permettent à celui qui l’observe de développer au mieux le sīla, ingrédient de base indispensable à la libération, qui constitue l’accomplissement de la voie du dhamma. Pour cela, il convient d’éviter soigneusement deux extrêmes opposés : en faire moins ou en faire plus…

1. Le vinaya moins

Cela consiste à n’observer que les points qui nous arrangent, trouvant toujours des prétextes pour ne pas respecter les autres. Cette façon d’observer le vinaya est une mauvaise façon. Elle est favorable (entre autres) à la paresse, au manque d’attention, aux remords, aux critiques, au manque de respect (de la part des autres) et à la déconsidération du saṃgha par les laïcs.

2. Le vinaya tel quel

Cela consiste à observer le vinaya tel que Bouddha a établi qu’il devait être observé par chaque bhikkhu. Cette façon d’observer le vinaya est la façon juste. Ses avantages sont innombrables.

3. Le vinaya plus

Cela consiste à observer des points supplémentaires que Bouddha n’a jamais établi. Certains bhikkhu croient ainsi faire mieux que les autres ; or bien souvent, ils ne respectent même pas les points établis par Bouddha. Même si cela est le cas, ces points ajoutés sont souvent des pratiques non autorisées par Bouddha, que beaucoup d’entre eux observent dans le seul but d’attiser la vénération des gens, comme l’abstention totale de la parole, le refus de manger une nourriture cuisinée par une femme ou l’abstention de consommer des aliments après neuf heures (du matin). Le vinaya tel que Bouddha l’a établi est suffisamment complet et parfait en soi. Pour les bhikkhu qui souhaitent adopter des pratiques à caractère plus ascétique, Bouddha a enseigné les 13 dhutaṅga dans ce but, auxquels les bhikkhu ne sont pas tenus. Cette façon d’observer le vinaya est une mauvaise façon. Elle est propice (entre autres) à la difficulté, à la fatigue, à l’esclavagisme moral et à un oubli de l’essentiel.

Les choses à éviter et les devoirs à accomplir

Dans ce site, se trouve l’intégralité des fautes établies par Bouddha pour les bhikkhu (et les novices). En plus de ces fautes, Bouddha a établi un vaste ensemble de choses à éviter et de devoirs à accomplir qui, exposés tout au long des cinq grands volumes qui contiennent les textes du vinaya, ne font pas l’objet de faute. Bouddha s’est contenté de dire que dans tel cas, un bhikkhu ne doit pas faire ainsi, dans tel cas, il n’est pas convenable qu’un bhikkhu fasse ainsi, dans tel cas, il est convenable qu’un bhikkhu fasse ainsi, et dans tel cas, un bhikkhu doit faire ainsi.

Le respect du vinaya

Le respect envers les laïcs

Les laïcs sont très dévoués envers le saṃgha. Ils témoignent généralement beaucoup de respect aux bhikkhu et les soutiennent généreusement. Ils méritent d’avoir un saṃgha digne de ce nom. Il serait honteux de profiter de cette générosité pour jouir d’une existence confortable. Les bhikkhu ont le devoir d’offrir aux laïcs une communauté irréprochable. Il ne faut pas oublier qu’ils représentent l’exemple à suivre. Il est donc impératif que les bhikkhu s’entraînent sans relâche à exceller dans la conduite, la patience, la pratique du détachement, etc. En s’efforçant à cela, ils doivent suivre l’enseignement du dhamma, les instructions et les conseils des anciens.

Un bhikkhu devrait constamment se soucier de vouloir suivre correctement les règles du vinaya. Pour cette raison, un bhikkhu doit s’efforcer de connaître toutes les règles de conduite (pātimokkha). Chaque fois qu’il connaît mal ou ne comprend pas une règle, il doit se renseigner auprès d’un bhikkhu qui la connaît et qui la comprend.

L’adaptation

Il est primordial de ne pas négliger des points du vinaya sous prétexte de « s’adapter » à des situations. Rien n’est laissé au hasard dans le vinaya, il est parfaitement valide, quel que soit l’époque et le lieu. Celui qui se contente d’adopter la conduite juste ne peut pas rencontrer de problèmes. Au contraire, il obtient ses besoins avec grande facilité. Ce sont toute personne et toute chose qui s’adaptent naturellement à lui, non l’inverse. C’est ainsi que fonctionne la réalité. Celui qui fait l’effort de pratiquer la conduite juste ne pourra que le constater. La conduite d’un bhikkhu ne doit jamais être influencée par une culture quelconque, ni par les mauvaises habitudes que peuvent avoir des bhikkhu situés dans son entourage. En revanche, en cas de conditions enclines à causer un danger, les bhikkhu sont autorisés à s’adapter en conséquence. Par exemple, dans un pays où le climat est très froid, un bhikkhu ne sera pas en faute s’il porte un bonnet ou des chaussures. Bouddha rejetait tout extrême. C’est pourquoi, d’ailleurs, le vinaya est relativement flexible concernant les bhikkhu malades.

La loi avant tout

Bouddha a indiqué aux bhikkhu qu’ils devaient d’abord se plier à toutes les lois de l’État dans lequel ils sont, même si l’une d’entre elles va à l’inverse du vinaya (il n’y aurait alors pas de faute dans ce cas). De la même façon, un bhikkhu est tenu de suivre tout le règlement du monastère dans lequel il demeure. Si une loi ou une règle contraint à commettre un acte négatif ou à adopter un comportement malsain, cela signifie que l’endroit n’est pas convenable pour un bhikkhu.

Le bon sens

C’est une chance inestimable que Bouddha ait livré toute la recette de la vertu parfaite. Cependant, chaque bhikkhu devrait faire appel à son bon sens dans son entraînement à la conduite, et non se plier aveuglément aux règles établies. Lorsqu’un bhikkhu a un doute, ne sachant pas si tel agissement est une faute ou non, il convient qu’il s’en abstienne. Dans ce cas, il est certain de ne pas être en faute.

Sur ce site se trouve l’intégralité des fautes du vinaya en français (pour les moines et les novices).

Le pātimokkha en une page

Sur la page « Les 227 règles », vous disposez d’une liste réduite (pour permettre un accès clair et rapide) des 227 règles du pātimokkha sous formes de liens. Chacun d’entre eux pointe sur un développement très détaillé de la règle correspondante, sur une autre page. Les paragraphes de chaque règle (hormis les plus petites) se présentent ainsi :

  • une petite histoire qui raconte l’origine de la faute
  • la règle en pali, telle qu’elle figure dans les écritures canoniques
  • la définition exacte, avec des explications détaillées
infos sur cette page

Origine : Textes écrits conjointement pour ce site et pour un livre sur la discipline monastique.

Auteur : Moine Dhamma Sāmi

Date : 2000

Mise à jour : 30 juin 2005