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Les 30 nissaggiya (2)
2e partie, kosiya
 

nissaggiya 11 (kosiya)

L’origine

Bouddha demeurait au temple d’Aggāḷavacetī dans la ville d’Āḷavī. En ce temps-là, une demi-douzaine de bhikkhu s’étaient rendus auprès de fabricants de soie pour leur demander : « dāyakā, faites bouillir des vers à soie. Donnez-nous de la soie. Faites-nous des tapis de sol. » Les fabricants de soie ont répondu : « Le travail que nous effectuons avec ces vers à soie nous sert à nourrir nos familles. » Ils ont également critiqué : « bhikkhu, comment osez-vous nous inciter à tuer ? » Quand Bouddha a entendu cela, il a établi la nissaggiya 11.

nissaggiya 11 en pāḷi

« yo pana bhikkhu kosiyamissakaṃ santhataṃ kārāpeyya, nissaggiyaṃ pācittiyaṃ. »

Définition

Ne pas accepter de tapis de sol contenant de la soie. Si un bhikkhu se fait offrir un tapis de sol fait avec de la soie, il doit l’abandonner et cela entraîne un pācittiya. Même si un tel tapis ne contient qu’un fil de soie, le nissaggiya 11 est commis. Néanmoins, en utilisant des affaires en soie telles qu’un tissu anti-poussière, un rideau, une couverture de parterre ou un oreiller, il n’y a pas de faute.

Remarque : ces types de tapis ne sont presque plus utilisés de nos jours. À ne pas confondre avec les carrés de sol (nissīdana).

nissaggiya 12 (suddhakāḷaka)

L’origine

Lorsque Bouddha demeurait au royaume de Vesālī dans la grande forêt de Mahāvuna, une demi-douzaine de bhikkhu se sont confectionné des tapis de sol noir en laine de mouton. En apercevant ces tapis de sol, les gens qui venaient en visite au monastère, se sont mis à critiquer : « Les bhikkhu, ces fils de Bouddha utilisent des beaux tapis comme les gens qui vivent dans le luxe. » En raison de cela, Bouddha a établi la nissaggiya 12.

nissaggiya 12 en pāḷi

« yo pana bhikkhu suddhakāḷakānaṃ eḷakalomānaṃ santhataṃ kārāpeyya, nissaggiyaṃ pācittiyaṃ. »

Définition

Ne pas accepter de tapis de sol fait exclusivement de laine noire de mouton. Si un bhikkhu se confectionne ou se fait offrir un tapis de sol fait exclusivement de laine noire de mouton – qui ne contient pas d’autres couleurs –, il ne peut aucunement l’utiliser, il doit l’abandonner et cela entraîne un pācittiya.

nissaggiya 13 (dvebhāga)

L’origine

Alors que Bouddha demeurait au monastère de Jetavana dans le royaume de Sāvatthi, une demi-douzaine de bhikkhu se sont confectionné des tapis de sol en finassant avec la nissaggiya 13 qui interdit l’utilisation d’un tapis de sol n’étant fait que de laine noire de mouton. Pour ce faire, ils ont incorporé une bordure de laine blanche sur leur tapis de sol de laine noire. Lorsque d’autres bhikkhu ont su cela, après avoir fait des reproches à cette demi-douzaine de bhikkhu, ils ont rapporté ce fait à Bouddha qui a établi la nissaggiya 13.

nissaggiya 13 en pāḷi

« navaṃ pana bhikkhunā santhataṃ kārayamānena dvebhāgā suddhakāḷakānaṃ eḷakalomānaṃ ādātabbā tatiyaṃ odātānaṃ catutthaṃ gocariyānaṃ. anādā ce bhikkhu dve bhāge suddhakāḷakānaṃ eḷakakomānaṃ tatiyaṃ odātānaṃ catutthaṃ gocariyānaṃ navaṃ santhataṃ kārāpeyya, nissaggiyaṃ pācittiyaṃ. »

Définition

Ne pas accepter de tapis de sol dont plus de la moitié est en laine noire de mouton et moins du quart en laine blanche. Un bhikkhu qui se confectionne ou qui se fait confectionner un tapis de sol peut utiliser de la laine de mouton d’un noir uni pour tout au plus la moitié du tapis. Il doit incorporer de la laine blanche de mouton au moins pour le quart du tapis ainsi que de la laine d’une autre couleur, au choix, au moins pour un autre quart du tapis.

Si un bhikkhu fait l’acquisition d’un tapis de sol qui ne respecte pas ces proportions, il commet une faute exigeant l’abandon définitif de ce tapis et entraînant un pācittiya.

nissaggiya 14 (chabbassa)

L’origine

Lorsque Bouddha demeurait au monastère de Jetavana dans le royaume de Sāvatthi, des bhikkhu se confectionnaient de nouveaux tapis de sol en laine de mouton. Chaque année, ils avaient l’habitude de s’en faire un nouveau et pour cela, ils demandaient chaque année de la laine aux dāyakā. En contestant cela, les gens se sont mis à critiquer ces bhikkhu. Quand Bouddha a été informé, il a pris cette décision : « Un bhikkhu qui se confectionne un nouveau tapis de sol doit l’utiliser durant six ans (avant d’en obtenir un autre). » En fixant cette réglementation, il a établi la nissaggiya 14.

nissaggiya 14 en pāḷi

« navaṃ pana bhikkhunā santhataṃ kārāpetvā chabbassāni dhāretabbaṃ, orena ce channaṃ vassānaṃ taṃ santhataṃ vissajjetvā vā avissajjetvā vā aññaṃ navaṃ santhataṃ kārāpeyya aññatra bhikkhusammutiyā, nissaggiyaṃ pācittiyaṃ. »

Définition

Ne pas faire l’acquisition d’un nouveau tapis de sol tant que le précédent n’a pas encore six ans. Un bhikkhu qui se confectionne ou qui se fait confectionner un nouveau tapis de sol doit le conserver pendant six ans avant de s’en procurer un autre. Si, durant ces six ans, il s’en procure un autre, ce nouveau tapis doit être abandonné, il ne peut être récupéré et le bhikkhu commet un pācittiya.

Par contre, un bhikkhu en mauvaise santé, qui ne peut emporter avec lui son tapis de sol lors d’un déplacement, peut s’en procurer un nouveau auprès du saṃgha durant la période de six ans. Bien qu’il soit défendu de se confectionner ou de demander un tapis de sol au cours d’une période de six années, il est toutefois permis d’en confectionner un pour un autre bhikkhu. Il est également permis d’en accepter un au cours de cette période si quelqu’un en fait spontanément l’offrande, ou si l’ancien est perdu ou n’est plus en bon état.

nissaggiya 15 (nisīdanasanthata)

L’origine

Sans recevoir de visite, Bouddha demeurait seul en retraite pour trois mois au monastère de Jetavana dans le royaume de Sāvatthi. Pour faire connaître la volonté du Parfait, les bhikkhu de la ville ont annoncé : « Hormis la personne qui apporte la nourriture à Bouddha, personne ne doit se rendre auprès de lui. Celui qui y va commet une faute. Il devra faire part ouvertement de cette faute (auprès du saṃgha). » Ces bhikkhu ont ensuite fait promettre de respecter ce qui a été annoncé. En ce temps-là, arrivant de loin, le fils du brahmane Vaṅganta, le Vénérable Upasena et ses cinq cents disciples sont allés voir Bouddha en lui rendant hommage.

Lorsque le Vénérable Upasena n’avait que deux vassa d’ancienneté, il s’était déjà rendu auprès du Parfait accompagné de disciples ayant un vassa d’ancienneté. À cette époque, Bouddha l’avait reproché de se prendre pour un maître qui enseigne aux autres alors qu’il était seulement en âge de recevoir lui-même des enseignements. Pour cette raison, voulant mériter les compliments d’autrui, lorsqu’il a eu dix vassa d’ancienneté ; qu’il était donc en âge d’être précepteur, le Vénérable Upasena s’est efforcé dans la pratique du dhamma et a rassemblé jusqu’à cinq cents disciples sous sa tutelle. Il en a fait des bhikkhu ne vivant qu’en forêt, allant chaque jour chercher leur nourriture en faisant leur ronde avec le bol et n’utilisant que trois robes. Bouddha lui a demandé : « Quelle est votre méthode d’enseignement ? » « Je n’accepte comme disciples que des bhikkhu qui comme moi, pratiquent la vie en forêt, la ronde quotidienne pour aller chercher la nourriture et la possession de robes limitée à trois pièces » a-t-il répondu à Bouddha qui lui a fait ses félicitations.

Après ces congratulations, Bouddha a demandé au Vénérable Upasena : « Êtes-vous au courant de la promesse qu’ont fixé les bhikkhu demeurant à la ville de Sāvatthi ? » N’en sachant rien, Bouddha lui a alors indiqué qu’il était question de ne pas aller le voir durant cette période sinon une faute était commise. Le Vénérable Upasena étant ignorant de cette décision, Bouddha a ajouté : « Ce que je n’ai pas établi, il est bien de ne pas l’établir. Ce que j’ai établi, il est bien de ne pas le dénigrer. Il convient de pratiquer seulement en accord avec ce que j’ai établi » Ensuite, il a donné sa permission : « En accord avec ma volonté, les bhikkhu qui, en pratiquant la vie dans la forêt, font leur ronde pour aller chercher leur nourriture et qui n’utilisent que trois robes peuvent venir me rendre hommage. »

Pendant ce temps, de nombreux bhikkhu se sont mis à proclamer : « Le Vénérable Upasena a commis une faute. Nous allons lui faire avouer sa faute ! » Aussitôt que le Vénérable Upasena est sorti du monastère, les bhikkhu qui l’attendaient devant la porte principale l’ont aussitôt questionné : « Savez-vous qu’il y a une promesse qui a été fixée ? » Le Vénérable Upasena a alors déclaré : « Bouddha m’a déjà posé la question. Une fois que je lui ai répondu, il m’a annoncé qu’en accord avec sa volonté, les bhikkhu qui, en vivant dans la forêt, vont faire leur ronde chaque jour et n’utilisent que trois robes sont autorisés à venir le voir pour lui rendre hommage. » Comme le Vénérable Upasena a parlé de manière juste, en expliquant comme Bouddha a affirmé que les bhikkhu n’établissent pas ce qu’il n’a pas établi, qu’ils ne dénigrent pas ce qu’il a établi et qu’ils doivent pratiquer seulement en accord avec ce qu’il a établi, les bhikkhu ont complètement approuvé ses paroles.

Après, ayant entendu que les bhikkhu pratiquant les dhutaṅga sont autorisés à venir honorer Bouddha, voulant le voir, de nombreux bhikkhu se sont mis à n’utiliser que trois robes. Leur tapis de sol en laine étant considéré comme une quatrième robe, ils l’ont abandonné. Ces bhikkhu sont également allés pratiquer la vie en forêt en prenant l’habitude d’aller faire leur ronde quotidienne.

Au terme de sa retraite en solitaire, Bouddha est sorti faire une tournée des monastères accompagné de quelques bhikkhu. En apercevant les nombreux tapis de sol abandonnés de part en part offrant une vue non présentable, il a déclaré : « Il est totalement incongru d’abandonner en jetant ainsi n’importe comment des affaires que les gens ont offert avec une foi respectueuse. » En imposant que dorénavant, les bhikkhu qui se confectionnent un nouveau tapis de sol devront y incorporer le plus possible de laine de l’ancien qui est abandonné, il a établi la nissaggiya 15.

nissaggiya 15 en pāḷi

« nisīdanasanthataṃ pana bhikkhunā kārayamānena purāṇasantha tassa sāmanthā sugatavidatthi ādātabbā dubbaṇṇakaraṇāya, anādā ce bhikkhu purāṇasantha tassa sāmantā sugatanidatthiṃ navaṃ nisīdanasanthataṃ kārāpeyya, nissaggiyaṃ pācittiyaṃ. »

Définition

Ne pas se confectionner un nouveau tapis de sol sans lui incorporer une partie de l’ancien. Si un bhikkhu se confectionne un nouveau tapis de sol doit sans lui incorporer une partie du bord de l’ancien tapis (elle doit avoir au minimum la dimension de l’empan de Bouddha, soit environ soixante centimètres), il doit abandonner ce tapis de sol qui ne peut aucunement être utilisé, et commet un pācittiya.

Concernant le morceau qu’il faut prélever sur l’ancien tapis de sol pour l’incorporer dans le nouveau, si le morceau qui reste encore utilisable mesure moins d’un empan, il faut en récupérer le plus possible. S’il ne reste rien de réutilisable sur l’ancien tapis de sol, le bhikkhu peut alors se confectionner un nouveau tapis de sol sans y incorporer de morceau de l’ancien tapis.

Si l’ancien tapis de sol est encore en bon état, il est également possible (plutôt que de refaire complètement un autre tapis) de lui ajouter de la laine de façon à le compléter.

nissaggiya 16 (eḷakaloma)

L’origine

Quand Bouddha demeurait au monastère de Jetavana, il y avait un bhikkhu qui se rendait à la ville de Sāvatthi. Lors de son voyage, il transportait de la laine de mouton qu’il avait emballée dans sa robe du haut, sur son épaule. En apercevant ce bhikkhu avec ce gros paquet sur son épaule caché sous sa robe, les gens se sont moqués de lui. En parvenant à la ville de Sāvatthi, les autres bhikkhu lui ont reproché son apparence saugrenue. Lorsqu’il a été mis au courant, Bouddha a établi la nissaggiya 16.

nissaggiya 16 en pāḷi

« bhikkhuno paneva addhānamaggapaṭi pannassa eḷakalomāni uppajjeyyuṃ, ākaṅkhamānena bhikkhunā paṭiggahetabbāni. paṭiggahetvā tiyojanaparamaṃ sahatthā haritabbāni asante hārake. tato ce uttari tareyya asantepi hārake, nissaggiyaṃ pācittiyaṃ. »

Définition

Ne pas transporter de laine sur soi pendant plus de trois jours de marche. Si un bhikkhu, qui a besoin de laine de mouton et qui n’a personne pour la lui porter, en transporte sur une distance supérieure à celle correspondant à trois jours de marche, cette laine doit être abandonnée et cela entraîne un pācittiya.

nissaggiya 17 (eḷakalomadhovāpana)

L’origine

Lorsque Bouddha demeurait au monastère de Nigredhāruṃ dans le royaume de Kapilavatthu, six bhikkhu ont fait laver, teindre et carder leur laine par des bhikkhunī. En cause de ce travail abondant, ces bhikkhunī n’avaient plus de temps pour étudier le dhamma ni pour pratiquer la méditation. La tante du Parfait (qui l’a sollicité de fonder le saṃgha féminin et qui le dirige) est alors allée informer son neveu (Bouddha) de ce problème. En réprimandant ces six bhikkhu, celui-ci a établi la nissaggiya 17.

nissaggiya 17 en pāḷi

« yo pana bhikkhu aññātikāya bhikkhunīyā eḷakalomāni dhovāpeyya vā rajāpeyya vā vijaṭāpeyya, nissaggiyaṃ pācittiyaṃ. »

Définition

Ne pas faire laver, teindre ou carder de la laine par une bhikkhunī. Si un bhikkhu fait laver, teindre ou carder de la laine par une bhikkhunī qui n’est pas de sa famille, il doit abandonner cette laine et cela entraîne un pācittiya.

nissaggiya 18 (rūpiya)

L’origine

Lorsque Bouddha demeurait au monastère de Veḷuvana dans le royaume de Rājagaha, il y avait un dāyakā qui, ayant de la vénération et du respect pour le Vénérable Upananda, avait gardé à son intention un carry de viande. Empli d’appétence pour ce plat de viande, le jeune fils du dāyakā avait fait un grand caprice en implorant son père jusqu’à ce qu’il le lui donne. Quand le Vénérable Upananda est arrivé chez ce dāyakā, celui-ci lui a raconté le caprice de son fils. Ensuite, en désignant de l’argent au vénérable, il lui a indiqué qu’il allait lui acheter un autre carry de viande. À ce moment, le Vénérable Upananda a dit au dāyakā : « S’il en est ainsi, n’achetez pas de viande. Donnez-moi simplement cet argent. » Pris de cours, le dāyakā a donc donné au bhikkhu l’argent prévu pour lui acheter la viande. Quelque peu effaré, il a ensuite déclaré tout haut : « Ces bhikkhu sont exactement comme les laïcs : Ils acceptent l’argent ! » En entendant ces reproches, d’autres bhikkhu sont allés informer Bouddha qui, a établi la nissaggiya 18.

nissaggiya 18 en pāḷi

« yo pana bhikkhu jātarūparajataṃ uggahṇeyya vā uggahṇāpeyya vā upanikkhittaṃ vā sādiyeyya, nissaggiyaṃ pācittiyaṃ. »

Définition

Ne pas accepter d’argent. Si un bhikkhu accepte ou reçoit de quelle manière que ce soit de l’or ou de l’argent, il doit l’abandonner au saṃgha, et cela entraîne un pācittiya.

Ensuite, le saṃgha rendra cet or ou cet argent au donateur, qui fournira ce qu’il souhaite au saṃgha ou qui ira lui-même l’abandonner. Si cela n’est pas faisable, l’or ou l’argent sera confié à un bhikkhu de confiance, désigné par le saṃgha, qui ira (seul) l’abandonner dans la nature, dans un endroit où il sait que personne ne viendra le récupérer, sans que personne ne voit et sans se rappeler de l’endroit (dans le cas d’un chéquier ou d’une carte de crédit, cela devra être restitué à la banque, et le compte devra naturellement être fermé).

Les choses suivantes sont à considérer comme de l’or ou de l’argent : tous les métaux précieux, les pièces de monnaie, les billets de banque, les chèques, les cartes de crédit, les tickets restaurant et tout autre moyen monétaire (tout ce qui permet d’acheter quelque chose). Toutefois, les cartes de téléphone, les timbres-poste et les titres de transport n’entrent pas dans cette catégorie, car ces choses ne permettent pas d’effectuer des achats.

Remarque : cette règle correspond en partie au dernier des dix préceptes.

nissaggiya 19 (rūpiyasaṃvohāra)

L’origine

Bouddha demeurait au monastère de Jetavana, dans le royaume de Sāvatthi. En ce temps, il y avait une demi-douzaine de bhikkhu qui achetaient, vendaient ou échangeaient toutes sortes d’affaires. Les gens ont alors critiqué : « Les bhikkhu sont exactement comme des laïcs ordinaires qui courent après les plaisirs : Ils s’investissent dans les échanges d’affaires diverses en utilisant or et argent. » En entendant cela, d’autres bhikkhu se sont rendus auprès de Bouddha pour l’informer de ce problème. Il a aussitôt établi la nissaggiya 19.

nissaggiya 19 en pāḷi

« yo pana bhikkhu nānappakārakaṃ rūpiyasaṃvohāraṃ samāpajjeyya, nissaggiyaṃ pācittiyaṃ. »

Définition

Ne pas effectuer d’échange pour obtenir de l’argent. Si un bhikkhu se livre à des échanges (troc, achat, vente) pour obtenir de l’or, de l’argent (ou tout autre moyen monétaire), il doit abandonner tout ce qui a été ainsi obtenu au saṃgha et cela entraîne un pācittiya.

Ensuite, la procédure est la même que pour le nissaggiya 18.

Remarque : cette règle correspond en partie au dernier des dix préceptes.

nissaggiya 20 (kayavikkaya)

L’origine

Lorsque Bouddha demeurait au monastère de Jetavana, dans le royaume de Sāvatthi, il y avait le Vénérable Upananda qui, étant doué pour la couture, a confectionné une robe double avec un lonji en tissu brut (de qualité grossière). En se déplaçant habillé de cette robe aux finitions réussies, il a rencontré Paribaja, le disciple d’une autre secte. Paribaja quant à lui, était vêtu d’une robe valant relativement cher. Appréciant la robe du Vénérable Upananda, Paribaja lui a proposé de l’échanger contre la sienne. Le Vénérable Upananda lui a indiqué : « Êtes-vous bien certain de ce que vous voulez ? Plus tard, il ne faudra pas me faire d’histoires ! » Comme Paribaja était d’accord il a échangé sa robe avec le Vénérable Upananda.

Lorsque Paribaja est rentré à son monastère, ses compagnons lui ont dit que la nouvelle robe qu’il a obtenue est de mauvaise qualité. Il est alors allé retrouver le Vénérable Upananda en lui réclamant d’annuler l’échange de robes qui a été effectué auparavant. Le Vénérable Upananda lui a dit : « Dès le début je vous ai bien demandé si vous étiez sûr vouloir faire l’échange. À présent ce n’est plus possible de revenir en arrière. » Paribaja a répliqué qu’entre laïcs, lorsqu’un échange ne donne pas satisfaction, il y a toujours la possibilité de restituer un échange. Il lui alors reproché qu’il était honteux de ne pas faire de même entre renonçants. Quand cette histoire a été rapportée auprès de Bouddha, en réprimandant le Vénérable Upananda, il a établi la nissaggiya 20.

nissaggiya 20 en pāḷi

« yo pana bhikkhu nānappakārakaṃ samāpajjeyya, nissaggiyaṃ pācittiyaṃ. »

Définition

Ne pas faire d’échange. Si un bhikkhu se livre à des échanges – troc, achat, vente – de quels objets que ce soit – sous quelle forme que ce soit –, ces objets doivent être abandonnés et cela entraîne un pācittiya.

S’il s’agit d’un échange d’objets effectué avec une intention amicale et non commerciale, il n’y a pas de faute. Par exemple, un bhikkhu se rend auprès d’un marchand de beurre et lui dit : « Je vous informe que j’ai une pièce de tissu supplémentaire que je peux vous abandonner. Par ailleurs, je vous informe que j’ai besoin de beurre. » Si le marchand comprend, qu’il donne du beurre au bhikkhu et que le bhikkhu lui donne sa pièce de tissu, il n’y a aucune faute. Toutefois, dès l’instant où un bhikkhu propose directement d’échanger quelque chose contre autre chose, il commet un pācittiya et doit abandonner l’objet ainsi obtenu.

Développement du nissaggiya 20

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infos sur cette page

Origine : Textes en birman

Traducteur : Moine Dhamma Sāmi

Date : 2000

Mise à jour : 19 juin 2005