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Les 4 pārājika (2)
à propos des pārājika
 

La perte du statut de bhikkhu à vie

Un bhikkhu qui commet un pārājika perd son statut de bhikkhu. Ce qui signifie qu’il ne peut plus faire partie du saṃgha à vie. Même si avec la meilleure volonté du monde, réunis dans une sīmā, un millier d’arahant lisaient un millier de fois le kammavācā, cela ne permettrait pas au bhikkhu pārājika de redevenir bhikkhu. Pour illustrer cela, Bouddha a exposé quatre comparaisons métaphoriques :

La tête tranchée

En replaçant la tête d’une personne qui a été tranchée sur son corps, cela ne peut en aucun cas redonner vie à cette personne. De la même manière, un bhikkhu pārājika ne peut plus redevenir bhikkhu.

La feuille tombant de l’arbre

Une fois que le pétiole d’une feuille jaunie se détache de sa branche, même en tentant de la recoller à l’arbre, elle ne retrouvera ni sa fraîcheur ni sa couleur verte. De la même manière, un bhikkhu pārājika ne peut plus redevenir bhikkhu.

Les deux morceaux d’une dalle fendue

Si une dalle est fendue en deux morceaux, il est impossible de lui faire retrouver son état d’origine, en un bloc unique. De la même manière, un bhikkhu pārājika ne peut plus redevenir bhikkhu.

Le palmier étêté

Il n’est pas envisageable de faire continuer de vivre et donner des fruits à un palmier en re-fixant sa tête qui a été sectionnée. De la même manière, un bhikkhu pārājika ne peut plus redevenir bhikkhu. (Un « palmier étêté » est une expression asiatique employée pour désigner une personne qui n’a plus d’espoir).

L’entrée dans le saṃgha (devenir bhikkhu)

Afin qu’un futur bhikkhu soit accepté parmi les membres du saṃgha, il doit préliminairement prendre les préceptes de sāmaṇera. Ensuite, dans la sīmā, on procède à la lecture de la kammavācā. En dehors des dix questions qui sont posées aux futur bhikkhu (voir le terme kammavācā dans le lexique), cinq conditions doivent être remplies pour que puisse avoir lieu la procédure :

  1. le futur bhikkhu doit être un être humain (certains êtres d’autres mondes ont pris l’apparence d’êtres humains pour essayer d’entrer dans le saṃgha) de sexe masculin (une femme, un androgyne ou une personne asexuée ne peut être bhikkhu)
  2. la sīmā doit être propre
  3. un minimum de dix bhikkhu au sīla pur doivent être présents si la procédure a lieu dans la région du Majjhima et cinq suffisent si elle a lieu en dehors de cette région. (Le Majjhima est une région du Nord de l’Inde actuelle qui recouvre toute la zone parcourue par Bouddha durant son existence)
  4. la lecture du préambule de la procédure doit être lue de façon claire en respectant scrupuleusement la diction
  5. Les trois sections de la kammavācā doivent être lues de manière exacte

L’abdication du saṃgha (défroquer)

Pour ne plus être tenu aux règles de conduite du vinaya, le bhikkhu souhaitant abdiquer doit le déclarer oralement. Si après cela il commet une action propre à un pārājika, étant donné qu’il n’est plus bhikkhu, il ne commet par définition pas de pārājika. Un bhikkhu qui a commis un pārājika, n’étant plus bhikkhu n’a de ce fait plus besoin de déclarer son souhait de défroquer. Pour qu’une abdication soit valide, six facteurs doivent impérativement être réunis :

  1. le bhikkhu souhaite réellement défroquer
  2. les paroles de la déclaration sont justes
  3. la déclaration est prononcée au moment de l’abdication
  4. la déclaration est prononcée oralement et distinctement (à l’aide de gestes ou d’écrits, l’abdication ne peut être reconnue)
  5. la personne à qui la déclaration est adressée est un être humain
  6. la personne à qui la déclaration est adressée est en mesure de comprendre

Les vingt-six manières de déclarer son abdication du saṃgha

  1. Je rejette Bouddha (buddhaṃ paccakkhāmi).
  2. Je rejette le dhamma (dhammaṃ paccakkhāmi).
  3. Je rejette le saṃgha (saṃghaṃ paccakkhāmi).
  4. Je rejette la discipline des bhikkhu (sikkhaṃ paccakkhāmi).
  5. Je rejette le vinaya (vinayaṃ paccakkhāmi).
  6. Je rejette le pātimokkha (pātimokkhaṃ paccakkhāmi).
  7. Je rejette le résumé du vinaya (uddesaṃ paccakkhāmi).
  8. Je rejette le précepteur (upajjhāyaṃ paccakkhāmi).
  9. Je rejette l’instructeur (ācariyaṃ paccakkhāmi).
  10. Je rejette les disciples avec qui je vis (saddhihārikaṃ paccakkhāmi).
  11. Je rejette les disciples qui sont proches (antevāsikaṃ paccakkhāmi).
  12. Je rejette les bhikkhu qui sont avec le précepteur (samānupajjhāyakaṃ paccakkhāmi).
  13. Je rejette les disciples qui sont avec l’instructeur (samānāsariyaṃ paccakkhāmi).
  14. Je rejette le compagnon avec qui je vis (sabrahmasāriaṃ paccakkhāmi).
  15. Prenez note que je deviens laïc (gihīti maṃ dhārehi).
  16. Prenez note que je deviens kappiya (upāsakoti maṃ dhārehi).
  17. Prenez note que je deviens gardien (de monastère) (ārāmikoti maṃ dhārehi).
  18. Prenez note que je deviens sāmaṇera (sāmaṇeroti maṃ dhārehi).
  19. Prenez note que je deviens renégat (titthiyoti maṃ dhārehi).
  20. Prenez note que je deviens disciple d’une autre doctrine (titthiyasāvakoti maṃ dhārehi).
  21. Prenez note que je ne suis plus bhikkhu (asamaṇeti maṃ dhārehi).
  22. Prenez note que je ne suis plus un membre des Sakya, des fils de Bouddha (asakyaputtiyoti maṃ dhārehi).
  23. L’enseignement de Bouddha ne m’apporte aucun bénéfice, j’en ai assez (alaṃ me buddhena).
  24. À quoi me sert l’enseignement de Bouddha ? (kiṃ nu me buddhena).
  25. Je n’ai plus besoin de l’enseignement de Bouddha (naattho me buddhena).
  26. Je ne suis plus sous le contrôle de l’enseignement de Bouddha, je me libère (sumutto haṃ buddhena).

(« Je rejette » est à comprendre dans le sens : « Je ne veux plus de ».)

Afin de défroquer, il convient de prononcer l’une de ces vingt-six manières de déclaration d’abdication du saṃgha, soit en pali, soit dans une autre langue. Dans tous les cas, la personne à qui la déclaration est adressée, doit comprendre la langue utilisée et le sens de la déclaration. La déclaration ne peut que se faire au moment de quitter la robe. Si elle est annoncée antérieurement ou après le moment de quitter la robe, l’abdication n’est pas valide. Cette déclaration peut être annoncée soit à un homme soit à une femme, mais en aucun cas à un deva, à un animal, à un arbre ou à une statue. La personne qui écoute cette déclaration doit comprendre sa signification sur le moment. Si elle ne la comprend que plus tard (soit après réflexion, soit après que quelqu’un d’autre la lui a expliqué), l’abdication n’est pas valide.

Pour cette raison, il convient de déclarer l’abdication du saṃgha à une personne qui comprend le vinaya. Autrement, il est nécessaire de donner les explications qui s’imposent avant de faire la déclaration.

Les bhikkhu temporaires doivent faire très attention à bien défroquer dans les règles. Sans quoi, ils pourraient très bien commettre un pārājika sans le savoir en portant les vêtements de laïc alors qu’ils n’en avaient pas commis durant leur vie monastique. Ainsi, un jour ou l’autre, ils risqueraient de ré-entrer dans le saṃgha en étant pārājika. Il est extrêmement négatif de porter la robe de bhikkhu en étant pārājika même si on ne le sait pas ; de la même façon qu’il serait dangereux de se joindre à la foule si on est atteint d’une grave maladie contagieuse, qu’on le sache ou non. Un bhikkhu pārājika n’étant rien d’autre qu’un laïc au crâne rasé qui porte une robe rougeâtre, une telle personne ferait commettre un nombre incalculable de fautes aux bhikkhu qui vivent avec (par exemple, un bhikkhu ne peut passer plus de trois nuits consécutives sous le même toit qu’un laïc).

La purification d’un pārājika

Un bhikkhu qui a commis un pārājika est tenu de dévoiler immédiatement sa faute. Ensuite, il peut choisir de vivre soit en tant que sāmaṇera soit en tant que laïc. En faisant part de sa faute, il doit déclarer : « Je mènerai ma vie de sāmaṇera (ou laïc) dans le but de me purifier. »

Les trois types de personnes qui vont renaître dans les mondes inférieurs

Bouddha a enseigné ceci : « bhikkhu (pluriel) ! Ceux qui n’évitent pas les mauvaises actions vont renaître dans les mondes inférieurs, ils vont renaître dans le monde des enfers. Ces êtres sont de trois sortes… »

  • Ceux qui, menant une conduite indigne prétendent aux autres en mener une noble (par exemple, prétendre être un bhikkhu en étant laïc)
  • Ceux qui accusent les personnes pures ayant une noble conduite d’être sans tenue et d’avoir une conduite indigne (par exemple, accuser un bhikkhu honorable d’être pārājika)
  • Ceux qui s’adonnent aux plaisirs des sens en considérant qu’il n’y a aucun méfait à cela

« bhikkhu ! Ces trois sortes d’êtres qui ont une mauvaise conduite et qui n’évitent pas les mauvaises actions vont renaître dans les mondes inférieurs, ils vont renaître dans le monde des enfers. »

Les cinq grands voleurs de ce monde

Bouddha comparait un bhikkhu qui, n’ayant aucune morale mais feignant en avoir, acceptait une offrande avec un esprit tortueux tel que celui d’un chasseur qui tue des oiseaux pour le plaisir. Il a expliqué que chaque fois qu’un mauvais bhikkhu sans aucune morale accepte et consomme de la nourriture offerte, c’est comme s’il avalait du fer chauffé au rouge. Du point de vue des akusala, c’est plus grave que de commettre des cambriolages, des bastonnades, des viols ou des crimes. Les pārājika que Bouddha a établies s’accordent avec les méfaits de ces cinq grands voleurs :

« Ô bhikkhu ! Dans ce monde, il y a cinq grands voleurs. Qui sont-ils ? … »

1- « Dans ce monde, il était une personne qui réfléchissait ainsi : “Quand est-ce que j’aurais des centaines et des milliers d’hommes avec lesquels en parcourant les villages, les bourgs et enfin le palais du roi, nous envahirons tout, nous pillerons tout, nous détruirons tout et martyriserons les gens ?” Après avoir eu ce projet, un jour est venu où des centaines et des milliers d’hommes se sont joints à lui. Tous ensemble, ils ont parcouru les villages, les bourgs et le palais du roi puis tout envahi en pillant tout, en détruisant tout et en martyrisant les gens. »

« De la même manière, dans ce sāsana, il y avait un mauvais bhikkhu qui un jour songeait ainsi : “Quand est-ce que j’aurais des centaines et des milliers de disciples qui me suivront et qu’en parcourant les villages, les bourgs et le palais du roi, les foules se prosterneront avec le plus grand des respects ? Quand est-ce que j’obtiendrai ainsi facilement des robes, de la nourriture, un monastère, et des médicaments (les quatre nécessités) ?”. Quelque temps après avoir imaginé ces projets, ce mauvais bhikkhu s’est vivement mis à exécution. En usant d’une belle voix et d’une belle élocution, il a donné des enseignements en attirant ainsi à lui des centaines et des milliers de bhikkhu médiocres. À l’aide ces derniers, il a parcouru les villages, les bourgs et le palais du roi, et les foules se sont prosternées avec le plus grand des respects. Il a pu de ce fait obtenir facilement des robes, de la nourriture, un monastère et des médicaments. »

« Ô bhikkhu ! Ce bhikkhu malfaisant est le premier grand voleur de ce monde. »

Note : Il est tout à fait convenable que certains bhikkhu étant accomplis dans leur sīla et entraînés à la concentration, certains instructeurs reconnus, versés dans les suttanta, dans l’abhidhamma ou dans le vinaya, entourés de nombreux disciples se fassent vénérer avec grand respect par la foule, car ils œuvrent pour la propagation du sāsana et aucunement pour leur prestige.

2- « Dans ce monde, il y avait un mauvais bhikkhu qui après avoir étudié le dhamma et le vinaya enseignés par Bouddha, prétendait avoir obtenu ces connaissances suite à de profondes réflexions, sans avoir écouté l’enseignement de Bouddha. Il affirmait qu’il a découvert par lui-même ce que Bouddha a enseigné. »

« Ô bhikkhu ! Ce bhikkhu malfaisant est le second grand voleur de ce monde. »

3- « Une fois, dans ce monde, il y avait un mauvais bhikkhu qui accusait faussement un bhikkhu digne au sīla pur et ayant une pratique vertueuse d’être sans morale et d’avoir des relations sexuelles malpropres. »

« Ô bhikkhu ! Ce bhikkhu malfaisant est le troisième grand voleur de ce monde. »

4- « Une fois, dans ce monde, il y avait un mauvais bhikkhu qui distribuait aux gens les affaires appartenant au saṃgha. Dans le but d’attirer beaucoup de monde à lui, il offrait aux gens toutes les sortes de choses appartenant à la communauté : des jardins, des terrains, des vihāra, des lits, des chaises, des matelas, des oreillers, des pots en cuivre, des coupes en cuivre, des plats en cuivre, des casseroles en cuivre, de la vaisselle en fer, des herminettes, des cognées, des couteaux, des houes, des fourches, des ciseaux (de charpenterie), des lianes, du bambou, de la paillote, des roseaux (destinés à la confection de cordes et de nattes), du “ciment”, du bois, etc. »

« Ô bhikkhu ! Ce bhikkhu malfaisant est le quatrième grand voleur de ce monde »

5- « Une fois, dans ce monde, il y avait un mauvais bhikkhu qui se vantait prétentieusement d’avoir des réalisations de type jhāna ou de type magga qu’il n’avait jamais obtenues. Trompant ainsi les bhikkhu, les brahmanes, les autres humains, les deva, et les brahmā, ce bhikkhu est le cinquième grand voleur du monde. »

« Pour cette raison, un bhikkhu qui trompe ainsi les gens du peuple vole la nourriture qu’ils lui offrent lorsqu’il l’accepte et la consomme. »

« En ayant une morale impure, un bhikkhu qui feint avoir une morale pure, qui sans être un arahant prétend être un arahant, prétend qu’il a éliminé tous les kilesā, du point de vue des akusala qu’il produit, est comparable à un chasseur qui tue sans scrupules de nombreux oiseaux pour ensuite les griller et les manger. »

« Les bhikkhu pervers qui, bien qu’ayant la robe bien enroulée autour du cou, sans surveiller leurs actes, paroles et pensées, commettent des actions immorales finirons automatiquement en enfer. »

« Pour un bhikkhu évitant de surveiller ses actes, paroles et pensées, n’ayant pas de vertu, qui consomme la nourriture offerte par les laïcs, c’est comme s’il avalait du métal en fusion rougie par une violente température. »

Le « sutta aggikkhandhāpama »

Le très vénérable Bouddha était une fois en déplacement dans le royaume de Kotala, entouré de cent vingt bhikkhu. Parmi ces bhikkhu, soixante avaient commis un pārājika et sans avoir défroqué, ils conservaient malhonnêtement l’apparence monastique. Ces faux bhikkhu sans morale acceptaient et utilisaient sans scrupules les objets des quatre nécessités qu’on leur offraient. Ces êtres totalement non-méritoires acceptaient ainsi la vénération fervente des bienfaiteurs sans la moindre gêne. Comme ils se préparaient de ce fait à de profonds enfers, Bouddha a donné un enseignement en usant de comparaisons (aggikkhandhopama sutta).

Lorsque Bouddha et ces bhikkhu voyageaient à travers le royaume de Kotala, ils sont parvenus devant un immense feu de chaleur impressionnante. À ce moment, Bouddha a enseigné une vérité à ces bhikkhu en exposant une métaphore qui s’appuie sur cette fournaise.


« Ô bhikkhu ! Est-il bon de vivre tout contre ce feu en l’étreignant ? Est-il agréable de s’allonger dedans ? Est-il bon de vivre tout contre une splendide jeune fille vierge en l’étreignant ? Est-il agréable de s’allonger à ses côtés ? »

Les bhikkhu ont alors répondu : « Vivre tout contre une splendide jeune fille vierge en l’étreignant doit être très réjouissant. Vivre tout contre un feu en l’étreignant doit être particulièrement infernal. »

Le Parfait à répliqué : « Ô bhikkhu ! Je vais vous enseigner, pour vous que vous sachiez. Pour les bhikkhu au caractère lamentable ayant une mauvaise conduite, pour les faux bhikkhu qui font semblant de l’être, pour les bhikkhu pourris par le mensonge, pour les bhikkhu impurs, il est nettement préférable de vivre tout contre ce feu en l’étreignant et s’allongeant dedans. »

« La raison en est qu’ils leur seraient mortel de subir la brûlante punition de s’allonger dans ce feu en l’étreignant et la souffrance subie avant de mourir doit être insupportable. Après avoir péri dans ce feu, il leur est possible de ne pas renaître aux enfers. Vivre avec une ravissante jeune fille vierge en l’étreignant les feraient tomber aux enfers en leur causant des douleurs insoutenables durant des temps interminablement longs. »


« Ô bhikkhu ! Se faire frapper extrêmement violemment tout autour de la jambe avec un solide fouet par un homme très musclé, jusqu’à entailler la peau, traverser la chair, les muscles les os et la moelle des os ou recevoir les prosternations du roi, des membres du gouvernement, des riches, des commerçants, des paysans, des dāyakā et des dāyīka, de ces deux choses, quelle est la meilleure ? »

Les bhikkhu ont alors répondu : « Recevoir les prosternations des dāyakā et des dāyīka est certainement satisfaisant, mais recevoir des coups de fouet tout autour de la jambe doit plutôt être pénible. »

Bouddha a poursuivi : « Pour les bhikkhu qui n’ont pas de sīla, qui ont une mauvaise conduite, il est bien de recevoir des coups de fouet tout autour des deux jambes jusqu’à leur entailler la peau, traverser la chair, les muscles les os et la moelle des os. »

« La raison en est que ces coups de fouet peuvent leur provoquer la mort et avant cela, une atroce douleur. Il leur est possible de ne pas renaître aux enfers. Vivre en recevant volontiers les prosternations des dāyakā et dāyīka les feraient tomber aux enfers en leur causant des douleurs insoutenables durant un temps interminablement long. »


« Ô bhikkhu ! Se faire transpercer la poitrine avec une lance bien aiguisée par un homme très musclé ou se faire respectueusement saluer les mains jointes par le roi, les membres du gouvernement, les riches, les commerçants, les paysans, les dāyakā, et les dāyīka, de ces deux choses, quelle est la meilleure ? »

Les bhikkhu ont alors répondu : « Se faire respectueusement saluer les mains jointes par les dāyakā, et les dāyīka est certainement satisfaisant, mais se faire transpercer la poitrine avec une lance bien aiguisée doit plutôt être désagréable. »

Bouddha a poursuivi : « Pour les bhikkhu qui n’ont pas de sīla, pour les faux bhikkhu, il est bien de se faire transpercer la poitrine avec une lance bien aiguisée. »

« La raison en est que cette lance peut leur provoquer la mort et avant cela, une infernale douleur. Il leur est possible de ne pas renaître aux enfers. Vivre en recevant volontiers les salutations respectueuses des dāyakā et dāyīka les feraient tomber aux enfers en leur causant des douleurs insoutenables durant des temps interminablement longs. »


« Ô bhikkhu ! Se faire envelopper le corps dans une plaque de fer rouge incandescente dégageant un nuage de fumée tant elle est brûlante, par un homme très musclé, ou utiliser les robes que le roi, les membres du gouvernement, les riches, les commerçants, les paysans, les dāyakā et les dāyīka offrent, de ces deux choses, quelle est la meilleure ? »

Les bhikkhu ont alors répondu : « Utiliser les robes que les dāyakā, et dāyīka offrent est certainement satisfaisant, mais se faire envelopper le corps dans une plaque de fer brûlante doit plutôt être insupportable. »

Bouddha a poursuivi : « Pour les bhikkhu qui n’ont pas de sīla, il est mieux de se faire envelopper le corps dans une plaque de fer chauffée au rouge que d’utiliser les robes que les dāyakā et dāyīka offrent. »

« La raison en est qu’en ayant le corps enveloppé dans une plaque de fer brûlante, cela peut leur provoquer la mort et avant de mourir, une insoutenable douleur. Il leur est possible de ne pas renaître aux enfers. En n’ayant pas de morale, utiliser les robes que les dāyakā offrent avec une intention pure amène aux enfers en causant des douleurs insoutenables durant des temps interminablement longs. »


« Ô bhikkhu ! Se faire pénétrer dans la bouche une barre de fer brûlante chauffée au rouge par un homme très musclé, et qu’il la fait glisser depuis les lèvres, sur la langue, le long du palais, dans la gorge, à travers l’intestin, dans le côlon et ressortir encore incandescente, par l’anus, ou manger la nourriture que les dāyakā et les dāyīka offrent avec une intention emplie de foi, de ces deux choses, quelle est la meilleure ? »

Les bhikkhu ont alors répondu : « Manger la nourriture que les dāyakā et dāyīka offrent est certainement plus satisfaisant que de se faire pénétrer par la bouche une barre de fer chauffée au rouge. »

Bouddha a poursuivi : « Pour les bhikkhu qui n’ont pas de sīla, pour les faux bhikkhu, il est mieux de se faire pénétrer par la bouche une barre de fer chauffée au rouge que de manger la nourriture que les dāyakā et dāyīka offrent. »

« La raison en est que de pénétrer ainsi une barre de fer brûlante par la bouche leur provoque la mort et avant de mourir, une insoutenable douleur, et il leur est possible de ne pas renaître aux enfers. En n’ayant pas de morale, manger la nourriture que les dāyakā offrent avec une intention emplie de foi amène aux enfers en causant des douleurs insoutenables durant des temps interminablement longs. »


« Ô bhikkhu ! Se faire coucher de force par un homme très musclé sur un lit de fer chauffé au rouge et asseoir de force sur une chaise de fer chauffé au rouge, ou se coucher sur les lits et s’asseoir sur les chaises que les dāyakā et les dāyīka offrent avec une intention emplie de foi, de ces deux choses, quelle est la meilleure ? »

Les bhikkhu ont alors répondu : « Se coucher sur les lits et s’asseoir sur les chaises que les dāyakā et dāyīka offrent est une bonne chose. Se faire asseoir ou coucher de force sur des chaises ou des lits de fer chauffés au rouge doit être plutôt douloureux. »

Bouddha a poursuivi : « Pour les bhikkhu qui n’ont pas de sīla, pour les bhikkhu qui sont sans morale, être assis ou couché sur une chaise ou un lit de fer chauffé au rouge est la meilleure de ces deux choses. »

« La raison en est que le fait d’être assis ou couché sur une chaise ou un lit de fer brûlant leur provoque la mort et avant de mourir, une insoutenable douleur. En n’ayant pas de morale, s’asseoir ou se coucher sur ou les chaises que les dāyakā ne peut qu’amener aux enfers. »


« Ô bhikkhu ! Se faire plonger de force tête première par un homme très musclé dans une grosse marmite débordante d’eau bouillante, ou habiter dans un vihāra que les dāyakā offrent et construisent en étant animés d’une foi pure. De ces deux choses, quelle est la meilleure ? »

Les bhikkhu ont alors répondu : « Habiter un vihāra que les dāyakā et dāyīka offrent et construisent est une chose plaisante. Se faire plonger dans une marmite brûlante doit être plutôt abominable. »

Bouddha a poursuivi : « Pour les mauvais bhikkhu qui ont une conduite détestable, pour les faux bhikkhu qui dissimulent leurs mauvaises actions, pour les bhikkhu qui font semblant d’être bhikkhu, qui sont pourris par les impuretés, pour les bhikkhu qui sont sans morale, il est préférable de se faire plonger dans une grosse marmite d’eau bouillante. »

« La raison en est que pour ces bhikkhu, le fait d’être plongé dans une grosse marmite d’eau bouillante entraîne la mort et avant de mourir, une douleur insupportable. En succombant, ils ne vont pas aux enfers. En étant sans morale, habiter un vihāra que les dāyakā offrent et construisent avec une intention pure ne peut que conduire aux enfers pour une interminable durée. »

« Pour cette raison, ô bhikkhu ! ne suivez pas une mauvaise pratique. Nous pouvons être satisfaits d’utiliser ou de consommer les robes, la nourriture, les vihāra, les médicaments (les affaires des quatre nécessités) que les dāyakā nous offrent. Donnons l’occasion à ces bienfaiteurs de développer un maximum de kusala. Que cela puisse aussi être profitable aux bhikkhu (bénéficier de ces conditions pour pratiquer la méditation jusqu’au stade d’arahant). Faites que votre pratique ne soit pas vaine. »

« Ô bhikkhu ! Si un besoin se présente pour son propre bénéfice, pour le bénéfice d’autrui, ou pour le bénéfice de soi et d’autrui à la fois, accomplissez-le de façon complète. »

Par ces paroles, Bouddha achevait le sutta aggikkhandhāpama. Parmi les cent vingt bhikkhu qui ont entendu ce sermon, complètement bouleversés, les soixante bhikkhu impurs en ont vomi du sang. En reconnaissant leurs fautes devant Bouddha, ces soixante bhikkhu ont défroqué. Les bhikkhu au sīla pur, n’ayant plus d’āsava, sont parvenus au stade d’arahant.

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Origine : Textes en birman

Traducteur : Moine Dhamma Sāmi

Date : 2000

Mise à jour : 19 juin 2005