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Les 92 pācittiya (7)
6e partie, surāpāna
 

pācittiya 51 (surāpāna)

L’origine

Lorsque Bouddha était en déplacement dans le pays de Cetiya, il s’approchait d’un village du nom de Bhaddavatikā. En apercevant le Parfait, des paysans et des gardiens de vaches et de chèvres lui ont dit par trois reprises : « N’approchez pas de ce village, ô Bienheureux, il y a un manguier tout près duquel se trouve un ermitage dans lequel loge un grand dragon au poison très violent. » Cela n’a pas empêché Bouddha de poursuivre sa route jusqu’à ce village et d’y faire une halte.

À ce moment-là, alors que le mahāthera Sāgata était assis en tailleur dans un abri situé à côté de l’ermitage, le grand dragon a fait son apparition. En voyant le Vénérable Sāgata, pris d’une grande colère, le dragon crachait de la fumée de ses narines. Le Vénérable Sāgata lui a alors renvoyé encore plus de fumée. Le dragon a répliqué en arrosant le Vénérable Sāgata de flammes brûlantes. À l’aide des pouvoirs psychiques qu’il avait développés, le Vénérable Sāgata est entré instantanément dans une pratique spécifique qui lui a permis d’incendier le dragon avec un feu si virulent, qu’il dépassait ce dont était capable ce dernier. Une fois que le mahāthera Sāgata avait vaincu le grand dragon, il est retourné au village de Bhaddavatikā. Cette histoire s’est répandue jusqu’à la ville de Kosambī.

Bouddha a quitté le village de Bhaddavatikā pour se rendre à la ville de Kosambī. Des dāyakā de Kosambī souhaitaient faire des offrandes au Vénérable Sāgata. À ce moment-là, en guise de suggestion, un groupe de six bhikkhu ont indiqué à ces dāyakā que les bhikkhu appréciaient beaucoup les alcools purs ayant la couleur de patte de pigeon (alcools forts). Dans toutes les maisons, les dāyakā de Kosambī ont préparé de l’alcool ayant la couleur de patte de pigeon. Lorsque le Vénérable Sāgata a fait sa ronde, tous les dāyakā lui ont alors offert un verre d’alcool pur ayant la couleur de patte de pigeon. Après avoir bu une grande quantité d’alcool, le Vénérable Sāgata s’est effondré devant la porte de la ville.

Alors que Bouddha accompagné d’autres bhikkhu passaient par la porte de la ville, en apercevant le Vénérable Sāgata allongé par terre, les bhikkhu l’ont interpellé et ramené avec eux. En arrivant au monastère, les bhikkhu se sont respectueusement prosterné en direction de Bouddha, tandis que le Vénérable Sāgata restait allongé, les pieds pointant en direction du Parfait, qui demandait alors aux bhikkhu :

« Auparavant, le Vénérable Sāgata était très respectueux à mon égard ; à présent, il ne me témoigne pas le moindre respect. Auparavant, il a vaincu le grand dragon à l’aide de ses pouvoirs ; à présent, il serait incapable de faire quoique ce soit contre ce dragon. Le Vénérable Sāgata a perdu toute attention parce qu’il a bu de l’alcool. Est-il convenable de boire de l’alcool ou n’est-ce pas convenable ? »

Les bhikkhu lui ont approuvé qu’il n’était pas convenable de boire de l’alcool. Bouddha a ensuite critiqué le Vénérable Sāgata et établi le pācittiya 51.

pācittiya 51 en pāḷi

« surāmerayapane pācittiyaṃ. »

Définition

Ne pas consommer d’alcool ou d’autres substances intoxicantes. Si un bhikkhu consomme une substance (drogues, médicaments, produits toxiques, etc.) susceptible d’engendrer des états de conscience inhabituels (ivresse, modification des notions d’équilibre ou de poids, extases artificielles, etc.) ou d’intoxiquer le corps, il commet un pācittiya.

Remarque : cette règle correspond au cinquième des dix préceptes.

Développement du pācittiya 51

pācittiya 52 (aṅgulipatodaka)

L’origine

Lorsque Bouddha demeurait au monastère de Jetavana, dans le royaume de Sāvatthi, un groupe de six bhikkhu s’amusaient à chatouiller un jeune bhikkhu. En raison d’un fou rire incontrôlable, la respiration de ce jeune bhikkhu restait bloquée. Si bien qu’il a fini par succomber. En apprenant cela, Bouddha a établi le pācittiya 52.

pācittiya 52 en pāḷi

« aṅgulipatodake pācittiyaṃ. »

Définition

Ne pas chatouiller. Un bhikkhu commet un pācittiya aussitôt qu’il touche quelqu’un dans le but de le chatouiller par plaisanterie.

pācittiya 53 (hasadhamma)

L’origine

Lorsque Bouddha demeurait au monastère de Jetavana, dans le royaume de Sāvatthi, de jeunes bhikkhu jouaient dans l’eau du fleuve Aciravatī. Le roi Kosala était sorti de son palais, accompagné de la reine Mallikā. Lorsque le roi Kosala a vu les jeunes bhikkhu, il a dit : « Mallikā, regardez ces jeunes bhikkhu s’extasier dans leurs jeux aquatiques ». Ce à quoi la reine a répliqué : « Votre Majesté, soit Bouddha n’a pas encore établi une règle interdisant aux bhikkhu de jouer dans l’eau, soit ces jeunes bhikkhu ne connaissent pas encore cette règle. »

Afin de mettre Bouddha au courant sans lui parler directement, le roi Kosala a offert de la cassonade (sucre brut de canne) à ces jeunes bhikkhu. En rentrant au monastère de Jetavana, les jeunes bhikkhu sont allés raconter à Bouddha que le roi Kosala leur avait offert de la cassonade. Le Parfait, ayant de très proches relations avec le roi Kosala, a alors demandé dans quelles circonstances ce dernier leur avait fait cette offrande. Comme les jeunes disciples ont expliqué qu’ils jouaient dans l’eau du fleuve Aciravatī lorsque le roi, en les voyant, leur a offert cette cassonade, Bouddha les a fermement réprimandé et établi le pācittiya 53.

pācittiya 53 en pāḷi

« udake hasadhamme pācittiyaṃ. »

Définition

Ne pas jouer dans l’eau. Si, dans une étendue d’eau (fleuve, rivière, lac, étang, etc.) dans laquelle le niveau d’eau monte au moins à hauteur des chevilles, un bhikkhu plonge, flotte, nage, s’amuse ou se réjouit dans cette eau d’une autre manière, il commet un pācittiya.

S’il joue à l’aide d’une barque, ou en jetant ou faisant flotter quoique ce soit, dans de l’eau de cuisson, ou dans n’importe quel récipient contenant de l’eau, il commet un dukkaṭa. Naturellement, un bhikkhu malade qui se met dans l’eau pour des raisons de santé ne commet aucune faute. Il en va de même pour un bhikkhu qui nage seulement afin de traverser un cours d’eau d’une rive à l’autre.

pācittiya 54 (anādariya)

Lorsque Bouddha demeurait au monastère de Ghositāruna, dans le royaume de kosambī, le Vénérable Channa, né en même temps que le Parfait, avait l’habitude de toujours faire ce qui n’était pas convenable de faire. Alors, les bhikkhu lui disaient : « Vénérable, n’agissez pas ainsi, ne faites pas cela, ceci est mieux d’éviter, ne pas agir de la sorte est une bonne chose. » Sans le moindre respect à l’égard de ces bhikkhu, se fichant totalement de leurs recommandations, il persistait d’agir comme il le faisait toujours. Quand Bouddha a été au courant, il a établi le pācittiya 54.

pācittiya 54 en pāḷi

« anādariye pācittiyaṃ. »

Définition

Ne pas manquer de respect. En manquant de respect à un bhikkhu ou au dhamma, un bhikkhu commet un pācittiya.

Si un bhikkhu fait remarquer à un autre bhikkhu ne respectant pas le vinaya, que ses actes ne sont pas convenables, et si cet autre bhikkhu poursuit ses actes incorrects sans tenir compte de ces remarques, il s’agit d’un manque de respect envers un bhikkhu.

Si un bhikkhu parle à un autre bhikkhu pour qu’il observe une règle du vinaya, et si cet autre bhikkhu disparaît ou se cache pour continuer de manquer à cette règle, il s’agit d’un manque de respect envers le dhamma.

Si un bhikkhu persiste à agir incorrectement sans tenir compte des propos émis par des bhikkhu qui s’appuient sur le vinaya, il commet un pācittiya. Si un bhikkhu persiste à agir incorrectement sans tenir compte des propos émis par des bhikkhu qui s’appuient sur le suttanta ou sur l’abhidhamma, il commet un dukkaṭa. Si un bhikkhu persiste à agir incorrectement sans tenir compte des propos émis par des sāmaṇera ou par des laïcs qui s’appuient sur le vinaya, le suttanta ou sur l’abhidhamma, il commet un dukkaṭa.

pācittiya 55 (bhiṃsāpana)

L’origine

Lorsque Bouddha demeurait au monastère de Jetavana, dans le royaume de Sāvatthi, un groupe de six bhikkhu s’amusaient à faire des frayeurs à un groupe de jeunes bhikkhu. Effrayés, les jeunes bhikkhu pleuraient. Quand Bouddha a été au courant de ces actes, il a établi le pācittiya 55.

pācittiya 55 en pāḷi

« yo pana bhikkhu bhikkhuṃ bhiṃsāpeyya, pācittiyaṃ. »

Définition

Ne pas effrayer un bhikkhu. Un bhikkhu commet un pācittiya dès lors qu’il commet un acte dans le but d’effrayer un bhikkhu l’aide d’un support visuel, auditif, olfactif, gustatif ou tactile (quelle qu’en soit la raison).

pācittiya 56 (joti)

L’origine

Lorsque Bouddha demeurait au dans le royaume de Bhagga, durant l’hiver, des bhikkhu ont enflammé une grosse bûche de bois comportant un creux. Dans ce creux vivait un vieux serpent qui, assailli par les flammes, est brusquement sorti en poursuivant les bhikkhu. Ces derniers sont alors partis en courant. Une fois que Bouddha a pris connaissance de cette histoire, il a interdit l’allumage de feu.

Une fois, des bhikkhu ont allumé un feu dans le but de faire sortir la sueur d’un bhikkhu malade. Pris de doute, ils sont allés rencontrer Bouddha pour lui présenter les faits. Après avoir indiqué qu’il autorisait l’allumage de feu en cas de mauvaise santé, le Parfait a établi le pācittiya 56.

pācittiya 56 en pāḷi

« yo pana bhikkhu agilāno visibbanāpekkho jotiṃ samādaheyya vā samādahāpeyya vā aññtra tathārūpappaccayā, pācittiyaṃ. »

Définition

Ne pas allumer, ni faire allumer de feu. Hormis pour s’éclairer (bougie, lampe à huile, etc.), pour sécher un bol ou pour réchauffer sa nourriture, si un bhikkhu non malade (au point d’avoir besoin de feu) allume du feu ou fait allumer du feu, il commet un pācittiya.

L’allumage de lumière ou d’appareils électriques n’est pas considéré comme l’allumage d’un feu. Si un bhikkhu allume ou ranime un feu – volontairement –, souffle, pour le raviver, sur un feu allumé par quelqu’un d’autre, ajoute quelque chose dans le feu (bûche, papier, etc.), ou demande à une autre personne d’allumer, d’entretenir ou de raviver un feu, il commet le pācittiya 56.

pācittiya 57 (nahāna)

L’origine

Lorsque Bouddha demeurait au monastère de Veḷuvana, dans le royaume de Rājagaha, des bhikkhu se lavaient dans la rivière Tabodā. Pour y effectuer un de lavage de cheveux (cérémonie auspicieuse), le roi Bimbhisāra a emmené la famille royale au bord de la rivière Tabodā. En voyant les bhikkhu s’y laver, le roi a dit : « Nous allons attendre qu’ils aient fini de se laver. » La famille royale s’est alors installée tout près, afin d’attendre que finisse le bain des bhikkhu.

Les bhikkhu se sont lavés jusqu’à la tombée de la nuit. Comme le roi Bimbhisāra et sa famille ont du accomplir leur lavage de cheveux après la tombée de la nuit, lors de leur retour, la porte de la ville était fermée. Ils ont alors du passer la nuit à l’extérieur de la ville. En se levant de bonne heure le matin, le roi s’est rendu au monastère de Veḷuvana. En arrivant, il est allé auprès de Bouddha, à qui il a raconté les faits. Après avoir prêché quelques paroles du dhamma au roi, Bouddha a sévèrement réprimandé les bhikkhu qui avaient abusivement occupé le bord de la rivière pour se laver. Il a ensuite déclaré : « Une fois après vous être lavés, ne vous lavez plus durant les quinze jours suivants (plus exactement, la durée d’un demi mois lunaire). »

Suite à cela, alors que le climat était très chaud et très humide, les bhikkhu ne pouvant pas se doucher, dormaient salis par la transpiration dans leurs robes, si bien qu’elles finissaient rapidement par se détériorer. Le problème se posait aussi pour les couches. Sachant cela, Bouddha a précisé une exception en disant : « En cas de forte chaleur et humidité, il est autorisé de se laver. »

De la même façon, il a autorisé les bhikkhu qui sont malades, qui viennent d’effectuer un travail physique, qui sont sales de transpiration, qui transpirent en raison d’un voyage effectué, qui cousent ou teignent une robe dans un endroit sans toit, sous la pluie, ou qui sont salis par la poussière, à se laver sans attendre la fin du demi mois de répit entre deux lavages corporels.

pācittiya 57 en pāḷi

« yo pana bhikkhu orenaddhamāsaṃ nahāyeyya aññatra samayā, pācittiyaṃ. tatthāyaṃ samayo, diyaḍḍho māso seso gimhānanti vassānassa paṭhamo māso iccete aḍḍhateyyamāsā uṇhasamaso, pariḷāhasamayo, gilānasamaso, kammasamayo, addhānagamanasamayo, vātavuṭṭhisamayo, ayaṃ tattha samayo. »

Définition

Ne pas se laver plus de deux fois par mois, si le corps n’est pas sale. En dehors des situations exceptionnelles, si un bhikkhu se lave le corps avant que ne soit achevé un délai d’un demi-mois après son précédent lavage, il commet un pācittiya.

Voici les situations exceptionnelles qui permettent à un bhikkhu de se laver :

  • durant la saison chaude (période de deux mois et demi, depuis la nouvelle lune de mai jusqu’à la pleine lune d’août) ;
  • en cas de maladie, de fièvre ou de tout autre raison médicale nécessitant un bain ;
  • après avoir effectué un travail physique ayant provoqué de la transpiration ;
  • après avoir effectué un voyage d’une distance d’au moins un demi yūjanā — soit entre cinq et six kilomètres ;
  • en étant sali (poussière, boue, sable, transpiration excessive, etc.)

Attention : Cette règle s’applique uniquement au « majjhima desa », région du nord de l’Inde actuelle, où Bouddha a vécu. De ce fait, les bhikkhu vivant en dehors de cette région peuvent se laver librement, sans commettre de faute.

pācittiya 58 (dubbaṇṇakaraṇa)

L’origine

Lorsque Bouddha demeurait au monastère de Jetavana, dans le royaume de Sāvatthi, alors que des bhikkhu et des « paribajaka » (membres d’une secte de l’époque) voyageaient ensemble, ils se sont fait détrousser par des bandits. Les services du roi de Sāvatthi ont pu arrêter les brigands. En appelant les bhikkhu, ils leur ont demandé : « Vénérables, veuillez reprendre vos robes. » Chaque bhikkhu demeurant incapable de reconnaître sa propre robe, les représentants du service royal ont critiqué ce fait. Quand Bouddha a été mis au courant de cette histoire, il a établi le pācittiya 58.

pācittiya 58 en pāḷi

« navaṃ pana bhikkhunācīvaralābhena tiṇṇaṃ dubbaṇṇakaraṇaṃ aññataraṃ dubbaṇṇakaraṇaṃ ādātabbaṃ nīlaṃ vā kaddamaṃ vā kāḷasāmaṃ vā. anādā ce bhikkhu tiṇṇaṃ dubbaṇṇakaraṇānaṃ aññataraṃ dubbaṇṇakaraṇaṃ navaṃ cīvaraṃ paribhuñceyya, pācittiyaṃ. »

Définition

Ne pas utiliser une robe sans lui avoir appliqué une ou plusieurs marques marron, brunes ou noires. Lorsqu’un bhikkhu obtient une nouvelle robe, il convient qu’au moment de son acquisition, – s’il compte la porter –, il lui applique une marque (kappabindu). Cette marque peut être marron, couleur boue ou noire (le bleu d’un stylo, ou toute autre couleur sombre, est également acceptée). S’il n’applique pas l’un de ces marquages et s’il utilise cette robe, il commet un pācittiya.

Il y a cinq types de robes : la robe du bas, la robe du haut, la robe double, la robe de pluie et la robe pansement. Chaque fois qu’un bhikkhu obtient l’une de ces robes, il est tenu de lui appliquer une marque. Toutes autres pièces de tissu en sont dispensées. Enfin, il doit la déterminer avant de pouvoir la porter.

Remarque : de nos jours, les robes de pluie et les robes pansement ne sont plus utilisées.

Les marques peuvent être faites sur un ou plusieurs coins de cette robe. Il convient de faire cette marque (kappabindu) – ne serait-ce avec un brin d’herbe – de manière bien visible de forme ronde et remplie. Ces marques ne se font que sur les pièces de tissu nécessitant une détermination.

pācittiya 59 (vikappana)

L’origine

Lorsque Bouddha demeurait au monastère de Jetavana, dans le royaume de Sāvatthi, le Vénérable Upananda a fait vikappanā d’une de ses robes à l’égard d’un jeune bhikkhu habitant avec lui. Sans que ce jeune bhikkhu fasse vikappanā en retour, le Vénérable Upananda a porté cette robe. Mis au courant, des bhikkhu l’ont critiqué. Bouddha a alors établi le pācittiya 59.

pācittiya 59 en pāḷi

« yo pana bhikkhu bhikkhussa vā bhikkhuniyā vā sikkhamānāya vā sāmaṇerassa vā sāmaṇeriyā vā sāmaṃ cīvaraṃ vikappetvā appaccuddhāraṇaṃ paribhuñceyya, pācittiyaṃ. »

Définition

Ne pas porter une robe partagée avec un bhikkhu, une bhikkhunī, une sikkhamāna, un sāmaṇera ou une sāmaṇerī, sans que cette dernière personne n’ait prononcé à son tour la formule du partage pour cette robe. Après avoir fait vikappanā d’une de ses robes à l’égard d’un bhikkhu, d’une bhikkhunī, d’une sikkhamāna, d’un sāmaṇera ou d’une sāmaṇerī, un bhikkhu qui porte cette robe sans que celui – ou celle – qui a bénéficié du vikappanā n’ait fait le vikappanā en retour ou le paccuddhāraṇa (rejet de la robe), il commet un pācittiya.

La procédure du vikappanā

Le vikappanā est une procédure qu’un bhikkhu effectue en vue de destiner quelque chose à un bhikkhu, une bhikkhunī, une sikkhamāna, un sāmaṇera ou une sāmaṇerī. Cela permet que soit validé totalement un don à l’égard d’un bhikkhu ou d’une autre personne, en accord avec le vinaya. Dans certains cas, cela est obligatoire. Lorsqu’un bhikkhu souhaite partager une robe (en plus de la seule qu’il est autorisé à déterminer en tant que robe portée), il peut faire vikappanā pour la personne choisie, en prononçant la formule adéquate. Pour que le premier bhikkhu puisse porter cette robe, l’autre devra faire le vikappanā en retour en prononçant une autre formule. Ainsi, les deux bhikkhu pourront porter cette robe.

Il existe deux types de vikappanā qu’un bhikkhu peut effectuer : soit en prononçant lui-même la formule adéquate vikappanā, soit en faisant prononcer cette formule par un bhikkhu spécialiste du vinaya.

S’il partage une robe à l’égard d’un bhikkhu présent :

« imaṃ cīvaraṃ tuyhaṃ vikappemi »

S’il partage plusieurs robes à l’égard d’un bhikkhu présent :

« imāni cīvarāni tuyhaṃ vikappemi »

S’il partage une robe à l’égard d’un bhikkhu éloigné :

« etaṃ cīvaraṃ tuyhaṃ vikappemi »

S’il partage plusieurs robes à l’égard d’un bhikkhu éloigné :

« etāni cīvarāni tuyhaṃ vikappemi »

(On considère la distance de séparation « éloignée » dès qu’elle dépasse deux coudées et un empan, soit environ 120 centimètres).

Ensuite, la personne bénéficiant du vikappanā doit faire vikappanā en retour pour que le premier bhikkhu puisse porter cette robe. S’il l’a porte sans que le vikappanā n’ait été fait en retour, il commet le pācittiya 59. Pour faire le vikappanā en retour, il convient de prononcer la formule suivante :

« mayhaṃ santakaṃ paribhuñca vā visajjehi vā yathāpaccayaṃ karohi »

pācittiya 60 (cīvara apanidhāna)

L’origine

Lorsque Bouddha demeurait au monastère de Jetavana, dans le royaume de Sāvatthi, vivaient de jeunes bhikkhu qui rangeaient mal leurs bols, robes et autres affaires. Un groupe de six bhikkhu se sont emparés de ces bols et de ces robes pour les cacher. N’ayant pas de doute sur les responsables, les jeunes bhikkhu sont se sont alors rendus auprès de ces six bhikkhu en leur demandant : « Vénérables, pourriez-vous nous rendre nos bols et nos robes ? » À ce moment-là, les six bhikkhu ont éclaté de rire. Les jeunes bhikkhu se sont mis à pleurer et sont allés rapporter ce fait à d’autres bhikkhu. Lorsque Bouddha a été mis au courant, il a établi le pācittiya 60.

pācittiya 60 en pāḷi

« yo pana bhikkhu bhikkhussa pattaṃ vā cīvaraṃ vā nisīdanaṃ vā sūcigharaṃ vā kāyabandhanaṃ vā apanidheyya vā apanidhāpeyya vā antamaso hasāpekkhopi, pācittiyaṃ. »

Définition

Ne pas cacher les affaires d’un bhikkhu. Si, dans le but de rire, de faire une farce ou par rancune, un bhikkhu cache ou fait cacher un bol déterminé (utilisé), une robe déterminée (portée), un nissīdana, une aiguille, ou une ceinture – et que cet objet appartient à un bhikkhu –, il commet un pācittiya.

En cachant d’autres affaires, comme le sac d’un bol, une robe non déterminée, ou des affaires appartenant à des sāmaṇera ou à des laïcs, un bhikkhu commet un dukkaṭa. En rangeant des affaires qui sont mal rangées ou en mettant provisoirement des affaires de côté pour éviter qu’elles se perdent ou se fassent voler, un bhikkhu ne commet aucune de faute.

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infos sur cette page

Origine : Textes en birman

Traducteur : Moine Dhamma Sāmi

Date : 2000

Mise à jour : 19 juin 2005