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résumé de la page

Informations à propos des novices :

Qui sont-ils ? À quoi sont-ils tenus ? Quelle est l’origine de ce statut ?

Un chapitre donne toute la procédure pour devenir novice.

La discipline des novices

groupe de tout jeunes novices, debout et portant leurs bols

Qu’est-ce qu’un novice ?

Bien souvent, dans les pays du theravāda, nous voyons des enfants prendre la robe de sāmaṇera (terme pali pour « novice ») dans le seul but de se retrouver avec nombre de copains, de mener une existence plus facile (comme certains moines, d’ailleurs), ou parce que leurs parents les mettent au monastère pour la fierté de la famille ou espérant que cela leur portera bonheur.

Théoriquement, un sāmaṇera est une personne qui souhaite prendre du recul par rapport à la vie mondaine, et de ce fait, fait le choix de pratiquer le dhamma d’une manière ou d’une autre, mais de manière plus approfondie que ne le permet la vie laïque. Une telle personne recherche un cadre de vie permettant de s’entraîner dans de bonnes conditions au détachement, au développement de la vertu, de la concentration, ou plus directement, de la sagesse.

Pour se faire, l’existence monacale telle que Bouddha l’a établie s’avère en être la réponse la plus adaptée. Les garçons qui veulent faire l’expérience de ce mode de vie, mais qui n’ont pas encore l’âge pour être intégrés dans le saṃgha (au minimum 20 ans, depuis la conception), ou qui ne veulent pas s’astreindre aux nombreuses règles et procédures du vinaya, peuvent se contenter de prendre les préceptes de sāmaṇera.

Seule, une moniale (bhikkhunī) est en mesure de donner les préceptes de novice à une fille (sāmaṇerī). Comme les moniales ont disparu, les sāmaṇerī ne peuvent ipso facto plus être. Si une fille souhaite faire l’expérience de la vie monacale, elle peut toutefois prendre les 8 préceptes de nonne (sīladhāra) et observer 8, 9 ou 10 préceptes, et même plus. Certaines nonnes vont jusqu’à observer le vinaya des bhikkhunī (ou en partie), ou des dhutaṅga.

Un novice est donc une personne s’entraînant au renoncement, vivant avec le saṃgha, qui, à l’instar des moines, porte la robe rougeâtre ou ocre (selon les régions) et se rase le crâne. Cependant, la discipline à laquelle il est tenu est nettement plus basique que celle des moines, puisque pour l’essentiel, elle se limite aux 10 préceptes.

Remarque : comme seul un sāmaṇera peut intégrer le saṃgha, toute personne souhaitant devenir moine (bhikkhu) doit nécessairement prendre les préceptes de sāmaṇera préalablement.

L’origine

À l’époque où Bouddha et son enseignement commençaient à être connus, beaucoup de nouveaux moines firent leur apparition au sein de la communauté, et parmi eux, des enfants. Du fait du jeune âge de ces derniers, et par conséquent de leur incapacité à mener convenablement une telle existence, de nombreux problèmes survinrent. Pour cette raison, Bouddha établit une règle (le pācittiya 65) interdisant les moines d’intégrer une personne âgée de moins de vingt ans au sein du saṃgha. Plus tard, lorsque Bouddha rendit visite à sa famille, il prit son fils Rahūla dans sa communauté en demandant à l’un de ses principaux disciples, Sāriputtarā, d’effectuer son intégration. Sāriputtarā demanda alors à Bouddha comment procéder, étant donné qu’il n’autorisait pas un moine à intégrer une personne âgée de moins de vingt ans, et que Rahūla n’est encore qu’un enfant de sept ans.

C’est depuis cet instant que Bouddha accepta les personnes de moins de vingt ans auprès du saṃgha, avec néanmoins un statut « plus limité ». Ainsi, un moine peut donner les 10 préceptes de sāmaṇera à une personne âgée de moins de vingt ans (et, a fortiori, de plus de vingt ans), mais – a précisé Bouddha – d’au moins quinze ans. Par la suite, des gens se sont plaints auprès de Bouddha que leurs fils de moins de quinze ans, bien que tout à fait mûrs pour la vie monacale, ne soient pas acceptés auprès de sa communauté. Il a alors ajouté une précision : un moine est autorisé à donner les préceptes de novice à un enfant de moins de quinze ans qui a la capacité d’effrayer des corbeaux.

Comment devient-on novice ?

Rien n’est plus simple. Le vinaya explique la procédure en détail, donnant toutes les formules en pali qu’il convient d’énoncer. Pour résumer : celui qui souhaite être novice en formule la demande auprès d’un moine, ensuite il se rase, il quitte ses vêtements laïcs, il met sa robe monastique, il « prend refuge » et prend les 10 préceptes auprès du moine. Voilà un nouveau novice !

Une fois que le futur novice a demandé au moine le triple refuge et les 10 préceptes, il commence par rendre hommage à Bouddha :

« namo tassa bhagavato arahato samā sambuddhassa namo tassa bhagavato arahato samā sambuddhassa namo tassa bhagavato arahato samā sambuddhassa. »

« Vénérons l’être parfait, libéré de toutes impuretés, ce Bouddha omniscient Vénérons l’être parfait, libéré de toutes impuretés, ce Bouddha omniscient Vénérons l’être parfait, libéré de toutes impuretés, ce Bouddha omniscient. »

Le triple refuge

Ensuite, il prend refuge (c’est une manière de marquer son respect et sa confiance envers celui qui a délivré l’enseignement qui mène à la libération définitive de toute insatisfaction, envers l’enseignement lui-même et la communauté de ceux qui le véhiculent) :

« buddhaṃ saranaṃ gacchāmi dhammaṃ saranaṃ gacchāmi sanghaṃ saranaṃ gacchāmi dutiyampi buddhaṃ saranaṃ gacchāmi dutiyampi dhammaṃ saranaṃ gacchāmi dutiyampi sanghaṃ saranaṃ gacchāmi tatiyampi buddhaṃ saranaṃ gacchāmi tatiyampi dhammaṃ saranaṃ gacchāmi tatiyampi sanghaṃ saranaṃ gacchāmi. »

« Je prends refuge envers Bouddha Je prends refuge dans le dhamma (son enseignement) Je prends refuge auprès du saṃgha (la communauté de ceux qui le véhiculent) Pour la deuxième fois, je prends refuge envers Bouddha Pour la deuxième fois, je prends refuge dans le dhamma Pour la deuxième fois, je prends refuge auprès du saṃgha Pour la troisième fois, je prends refuge envers Bouddha Pour la troisième fois, je prends refuge dans le dhamma Pour la troisième fois, je prends refuge auprès du saṃgha. »

Le moine conclut alors :

« tisarana gamanam nitthitam. »

« Le triple refuge est accompli. »

Il ne reste plus qu’à prendre les 10 préceptes (voir plus bas).

Remarque : les laïcs qui souhaitent observer les 5 ou les 8 préceptes prennent également le triple refuge.

À quelle discipline sont tenus les novices ?

Chaque sāmaṇera est tenu aux 10 préceptes et aux 75 sekhiya. Si un sāmaṇera brise l’un des cinq premiers des 10 préceptes, il perd son statut de sāmaṇera jusqu’à ce qu’il reprenne ces 10 préceptes auprès d’un bhikkhu. S’il brise l’un des cinq derniers des 10 préceptes, il est soumis à une punition.

Pour entretenir la pureté de la communauté des novices, tout comme les moines qui écoutent la présentation du pātimokkha deux fois par mois, les moines leur redonnent les 10 préceptes à chaque jour de pleine, nouvelle et demi-lune (soit près de quatre fois par mois).

En dehors des préceptes et des points d’entraînement à la une conduite irréprochable, chaque novice est naturellement tenu d’obéir aux instructions et recommandations des novices anciens et des moines (dans la mesure où il n’y a pas d’abus). Il doit aussi se soumettre aux diverses tâches établies dans le monastère où il réside, ainsi qu’à toutes les marques de respect et devoirs envers ses précepteurs et instructeurs (tel que cela est décrit dans le vinaya).

Les 75 sekhiya

Voir : Les 75 sekhiya

Les dix préceptes

  1. s’abstenir de tuer
  2. s’abstenir de prendre ce qui n’a pas été donné
  3. s’abstenir de pratique sexuelle non noble (aucune pratique sexuelle n’est considérée comme noble)
  4. s’abstenir de dire ce qui n’est pas vrai
  5. s’abstenir de boire des boissons alcoolisées et de tous intoxicants
  6. s’abstenir de manger après midi(125)
  7. s’abstenir de regarder danser, d’écouter chanter, d’écouter jouer de la musique, de danser, de chanter, de jouer de la musique — s’il est directement lié aux activités du dhamma, le chant est toléré
  8. s’abstenir de se parer de fleurs, de s’enduire de parfum, de se parer d’ornements, de l’utilisation d’onguents
  9. s’abstenir d’installation à des places plus hautes que des êtres nobles (bhikkhu, bhikkhunī ou sāmaṇera plus ancien que soi), ou réservées à de tels êtres
  10. s’abstenir d’accepter de l’or ou de l’argent(47)
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Origine : Rédigé pour le site

Auteur : Moine Dhamma Sāmi

Date : 2003

Mise à jour : 18 juin 2005