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résumé de la page

Ensemble de réponses à 30 questions à propos de l’acte d’observer les perceptions.

Cette page provient d’un petit livret destiné à donner une correcte compréhension du développement de la vipassanā aux personnes effectuant une retraite.

Comment noter ?

30 questions et réponses sur l’entraînement à vipassanā
 

1. Lorsqu’on commence à s’entraîner à noter les phénomènes (porter son attention sur la réalité), que note-t-on et comment note-t-on ?

Portez votre concentration sur votre propre abdomen. Vous verrez probablement qu’il monte et qu’il descend. Si cette montée et cette descente ne vous apparaissent pas clairement, vous pouvez poser votre main sur l’abdomen afin de mieux les distinguer. Pendant l’inspiration, vous notez mentalement le mouvement de l’abdomen qui monte : « monter », pendant l’expiration, vous notez mentalement le mouvement de l’abdomen qui descend : « descendre ». Ainsi, durant la montée de l’abdomen, vous connaîtrez clairement l’abdomen qui monte, et durant la descente de l’abdomen, vous connaîtrez clairement l’abdomen qui descend.

2. Quand on observe la montée et la descente de l’abdomen, il est possible de connaître la forme de l’abdomen tel qu’il est perçu conventionnellement, n’est-ce pas ?

Au début de l’entraînement, il n’est pas possible que les perceptions conventionnelles disparaissent complètement de l’observation. C’est seulement si on note ces perceptions conventionnelles qui apparaissent que la concentration, l’attention et l’intelligence pourront facilement se développer. Une fois que la connaissance s’est accrue, l’attention sur la réalité conventionnelle aura disparu et ne demeurera naturellement que la réalité absolue, et la sagesse apparaîtra.

3. C’est seulement en notant avec connaissance tous les phénomènes physiques et mentaux apparaissant les uns après les autres par les six portes sensorielles que le travail de vipassanā peut être vraiment complet, n’est-ce pas ? Pourquoi est-ce que le Sayādaw Mahāsi nous indique de commencer par noter la montée et la descente de l’abdomen ?

Si l’on note avec connaissance tous les phénomènes physiques et mentaux qui apparaissent les uns après les autres par les six portes sensorielles, le travail de vipassanā est complet. Cependant, au début de l’entraînement, en raison d’une attention et d’une concentration encore peu développées, noter tout ce qui apparaît est très difficile. L’instruction basique qui est alors donnée à qui commence l’entraînement à noter, c’est à la fois ce qui est toujours présent et facilement visible. À savoir la montée et la descente de l’abdomen.

4. En notant « monter… descendre… », faut-il le dire oralement ? Est-il nécessaire de forcer très fort la respiration ?

On note mentalement. Il n’est pas nécessaire de le faire oralement. En s’entraînant à connaître la montée et la descente de l’abdomen, ne forcez pas non plus la respiration. N’ayez pas un souffle lent ni un souffle rapide. Si vous forcez trop, étant épuisé, vous ne pourrez probablement plus noter. Pour cette raison, respirez de façon normale, comme d’habitude, régulièrement, en notant à chaque instant.

5. En notant sans interruption : « monter… descendre… », si des réflexions s’interfèrent, comment doit-on le noter ?

Notez les réflexions telles qu’elles prennent forme.

Voici la manière de noter cela : Si des réflexions surgissent, notez : « réflexions… réflexions… ». Si vous vous faites des projets, notez : « projets… projets… ». Si vous réfléchissez, notez : « réfléchir… réfléchir… ». Si vous pensez, notez : « penser… penser… ». Si vous imaginez, notez : « imaginer… imaginer… ». Si votre esprit vagabonde, notez : « vagabonder… vagabonder… ». Si vos pensées vous font arriver à un endroit, notez : « arriver… arriver… ». Si dans vos pensées, vous rencontrez quelqu’un, notez : « rencontrer… rencontrer… ». Si dans vos pensées, vous voyez quelque chose, notez : « voir… voir… », notez cette vision encore et encore jusqu’à ce qu’elle disparaisse. Si dans vos pensées, vous parlez avec quelqu’un, notez : « parler… parler… ». Lorsque vous aurez ainsi noté, vous reviendrez à la note habituelle : « monter… descendre… » en notant sans interruption.

6. Si une vive courbature surgit à un endroit, comment doit-on la noter ? Comment peut-elle devenir ?

En portant votre concentration uniquement sur cette courbature, sans coupure, régulièrement, ni trop vite, ni trop lentement, vous notez : « courbature… courbature… ». Ce n’est qu’en appliquant la note sur cette courbature qu’elle réduira progressivement, et pourra éventuellement disparaître. Elle pourra aussi devenir insupportable.

7. Si l’on veut éliminer une courbature devenue insupportable, comment doit-on le noter ?

Si vous avez besoin d’éliminer une sensation insupportable, notez : « désir d’éliminer… désir d’éliminer… ». Tout en modifiant votre position en vue d’éliminer l’insupportable sensation, continuez de noter tous les gestes que vous faites en les nommant comme vous le faites habituellement pour le reste. Voici de quelle manière : … Si vous avez besoin de déplacer un pied ou une main, notez : « intention de déplacer », si vous effectuez ce déplacement, notez chaque mouvement : « déplacer… déplacer… ». Si vous tendez un membre, notez : « tendre… tendre… », si vous le posez, notez : « poser… poser… ». N’allez surtout pas vite, modifiez la sensation insupportable en douceur. Si un membre touche un endroit, notez : « toucher… toucher… ». Ainsi, lorsque la sensation a disparu soit par une modification de la position, soit automatiquement en la notant, poursuivez en revenant à la note habituelle : « monter… descendre… » en notant sans interruption.

8. Si à un endroit, une sensation de chaleur apparaît, comment doit-on le noter ?

En portant votre concentration uniquement sur cette sensation de chaleur, de manière ni lente ni rapide, mais régulière, vous allez noter sans interruption : « chaud… chaud… », tout en restant fixé sur la zone concernée. Pendant que vous notez cette chaleur, si elle vient à disparaître, revenez à la note habituelle : « monter… descendre… ».

9. Si l’on veut éliminer une sensation de chaleur devenue trop forte, comment doit-on le noter ?

Si vous avez besoin d’éliminer cette chaleur devenue trop forte, notez : « désir d’éliminer… désir d’éliminer… ». Tout en modifiant votre position en vue d’éliminer cette chaleur, noter tous les mouvements du corps : « intention de déplacer… déplacer… déplacer… » et ainsi de suite. En demeurant toujours en accord avec la méthode habituelle, sans être distrait, tout en notant, modifiez lentement votre position. Une fois que cela est passé, poursuivez en revenant à la note habituelle : « monter… descendre… » en notant sans interruption. Ne vous arrêtez pas, et ne vous laisser pas aller.

10. Si à un endroit une démangeaison apparaît, comment doit-on le noter ?

Si à un endroit une démangeaison apparaît, portez votre concentration uniquement sur cette démangeaison, de manière ni lente ni rapide, mais régulière. Vous allez noter sans interruption en fixant votre esprit sur la zone concernée : « démangeaison… démangeaison… ». Tout en notant, si cette démangeaison disparaît, revenez à la montée et la descente de l’abdomen en les notant.

11. Si l’on élimine une démangeaison devenue insupportable, comment doit-on le noter ?

Si vous avez besoin d’éliminer une démangeaison insupportable, notez soit : « désir d’éliminer », soit : « désir de gratter ». Si vous avez besoin de déplacer la main, notez : « intention de déplacer ». Si vous déplacez la main, notez : « déplacer… déplacer… » et opérez le déplacement de manière lente. Dès que vous êtes en contact avec l’endroit de la démangeaison, notez : « toucher ». En soulageant la démangeaison, vous noterez chaque grattement soit : « éliminer… éliminer… », soit : « gratter… gratter… ». Lorsque le grattage est suffisant, notez : « intention d’arrêter ». Au moment de reposer la main, notez : « intention de reposer la main ». En la redescendant, notez : « descendre… descendre… ». Lorsqu’elle se pose, notez : « toucher… toucher… ». Après cela, poursuivez en revenant à la note habituelle : « monter… descendre… » en notant sans interruption.

12. Si une douleur apparaît dans le corps et devient insupportable, comment doit-on la noter et comment peut-elle devenir ?

Si une douleur apparaît dans le corps et devient insupportable, en se concentrant dessus, comme à chaque fois, régulièrement, ni trop vite, ni trop lentement, en distinguant bien les phénomènes, notez : « douleur… douleur… », « fourmillements… fourmillements… », « piquer… piquer… », « oppression… oppression… », « fatigue… fatigue… », « vertiges… vertiges… », et ainsi de suite. En notant cette douleur, elle peut soit disparaître, soit augmenter. Si vous vous efforcer de noter sans vous relâcher, la douleur disparaîtra dans la plupart des cas.

13. Dans l’accélération de la concentration, pendant que certaines personnes notent, des douleurs insupportables peuvent apparaître. Peut-il s’agir de maladies ? Est-il nécessaire d’avoir peur ? Comment devrait-on réagir ?

Dans l’accélération de la concentration, pendant que certaines personnes notent, ils leur semblent que des douleurs insupportables apparaissent. Cela peut être douloureux comme si l’on plantait la pointe d’un couteau dans la peau ou comme une brûlure sur tout le corps. Alors que le fait d’enfoncer la pointe d’une aiguille dans la peau peut être très agréable. Cela peut être comme si des vers se répandaient partout dans le corps en provoquant une forte démangeaison. On peut ressentir des fortes démangeaisons, douleurs, ainsi qu’une violente sensation de froid. En raison de peur, si l’on cesse de noter en se laissant aller, la douleur peut même disparaître aussitôt. Si la note redevient profonde, cette douleur réapparaîtra. Ainsi, si on rencontre des douleurs, il n’est pas nécessaire d’en avoir peur, de même pour les maladies.

Lorsqu’on ne note pas, les sensations sont étouffées. Quand la note est bonne, ces sensations qui étaient étouffées, en raison d’une concentration bien établie, en accord avec la nature de la réalité, deviennent visibles. Pour qu’elles disparaissent, concentrez-vous seulement sur ces sensations en les notant. En notant, il n’est pas possible de ne subir aucun dommage. Si l’on s’arrête de noter, la prochaine fois aussi, si on a une bonne concentration, à chaque note, ce genre de sensation sera tout le temps visible. En s’efforçant de noter avec une énergie et une vigilance persévérantes, on verra probablement cette sensation disparaître. À partir de cette nouvelle fois, cette sorte de sensation s’apaise sans refaire surface.

14. Si l’on souhaite boire de l’eau, comment noter le fait de se rendre vers le pot d’eau depuis l’endroit où l’on est assis, et le fait de boire de l’eau ?

Si vous avez envie de boire, notez : « envie de boire ». Si vous projetez de vous lever, noter : « envie de se lever ». En vous levant, notez tel que vous le faites habituellement, en nommant tous les gestes que vous effectuez avec les pieds, les mains, le corps… En vous concentrant sur le mouvement du corps qui se dresse durant toute son élévation, en notant : « Lever… lever… », levez-vous lentement. Lorsque vous êtes complètement debout, notez : « debout… debout… ». Si vous lancez un regard, notez : « regarder… voir… ». Si vous avez besoin de vous déplacer, notez : « intention de se déplacer ».

En vous déplaçant, notez chacun de vos pas : « faire un pas… faire un pas… » ou bien : « pas droit… pas gauche… ». Puissiez-vous connaître vos pas de l’instant où le pied se lève, jusqu’au moment où il se pose. En se déplaçant lentement, pendant que vous marchez, notez chaque pas : « lever… avancer… » ou : « lever… poser… » ou encore : « avancer… poser… ». Notez donc deux étapes par pas. Lorsque vous serez capable de noter ainsi avec une grande facilité, vous noterez trois étapes par pas : « lever… avancer… poser… ».

Quand vous apercevez le pot d’eau et ce qui est autour, notez : « apercevoir… voir… ». Si vous vous tenez debout, notez : « debout… debout… ». Si vous saisissez un verre d’eau, en tendant le bras, notez : « tendre… tendre… ». Si vous touchez le verre, notez : « toucher… toucher… ». Si vous le saisissez, notez : « saisir ». Si vous puisez de l’eau, notez : « puiser de l’eau », en la prenant, notez : « prendre… prendre… ». Quand le verre touche vos lèvres, notez : « toucher… toucher… ». Si c’est froid, notez : « froid… froid… ». En buvant, notez : « boire… avaler… boire… avaler… ». Lorsque la sensation de froid descend le long de la gorge et va jusque dans l’estomac, notez : « froid… froid… ». En reposant le verre, notez : « reposer… reposer… ». Si vous poser la main vers le bas, notez : « poser… poser… ». Si elle touche le corps, notez : « toucher… toucher… ».

15. De l’endroit où l’on a bu, comment note-t-on le retour jusqu’à sa place assise ?

Quand vous voulez revenir, notez : « intention de revenir ». Si vous vous déplacer pour revenir, notez : « se déplacer ». Si vous retournez à votre place, allez-y en notant comme d’habitude. Si vous avez besoin de vous lever, notez : « intention de se lever ». Si vous restez longtemps debout, notez : « monter… descendre… debout… ». Si vous prévoyez de vous asseoir, noter : « intention de s’asseoir ». Si vous vous rendez vers votre place assise, notez comme d’habitude. En arrivant, noter : « arriver ». Si vous tournez sur vous-même, notez : « tourner… tourner… ». Si vous prévoyez de vous asseoir, noter : « intention de s’asseoir ». En vous asseyant petit à petit, en vous concentrant sur le corps durant tout le temps qu’il se pose, notez : « s’asseoir… s’asseoir… ». Asseyez-vous lentement. Dès que vous êtes assis, vous pouvez arranger la position de vos pieds et mains. Notez tout cela tel qu’à l’habitude. S’il n’y a rien de spécial à noter, poursuivez comme d’habitude, à noter : « monter… descendre… », sans interruption.

16. Lorsqu’on se couche, comment doit-on noter ?

Si vous avez besoin de vous coucher, noter : « intention de se coucher ». En vous couchant, noter tous les gestes des mains, des pieds, du corps : « monter… étendre… s’appuyer… » et ainsi de suite. Pendant que vous vous couchez, en vous concentrant sur le corps qui s’allonge très lentement, notez : « s’allonger… s’allonger… » ou bien : « se coucher… se coucher… ». Notez les contacts avec l’oreiller ou le matelas : « toucher… toucher… ». Dès que vous commencez à vous coucher, en notant tous les mouvements des mains, des pieds et du corps destinés à trouver une position convenable, effectuez-les d’une manière lente. Quand il n’y a plus rien de spécial à noter, en vous concentrant seulement sur la montée et la descente de l’abdomen, notez : « monter… descendre… », sans interruption.

17. Lorsqu’on est sur le point de dormir, comment note-t-on ?

Lorsque vous avez envie de dormir, notez : « envie de dormir… envie de dormir… ». Si vos paupières s’alourdissent, notez : « paupières lourdes… paupières lourdes… ». Quand l’entraînement au vipassanā s’est développé pendant suffisamment longtemps, en notant, il est possible que vous n’ayez plus envie de dormir, et que vous vous sentiez une nouvelle fois pleinement éveillé. Au tel cas, vous notez « éveillé… éveillé… », et ensuite revenez à la note habituelle : « monter… descendre… ». Si l’envie de dormir ne s’atténue pas, et qu’en relâchant la note, vous ne dormez toujours pas, dans ce cas, il n’y a rien d’autre à faire que de noter. Après en avoir eu l’intention, revenez à la note habituelle sur la montée et la descente de l’abdomen, et notez sans interruption. Lorsque la fatigue du corps arrive, alors, tout en notant, petit à petit, les paupières s’alourdiront et vous vous endormirez.

18. Est-ce que l’on note pendant le sommeil ?

Ce qu’on appelle « sommeil » est une activité de l’esprit très lente et très inconsciente. Les activités de l’esprit se présentent de la même manière que le premier et le dernier instant d’une vie. Comme les activités mentales du sommeil sont inconscientes, les phénomènes expérimentés ne peuvent pas être connus.

Pendant que l’on est éveillé, entre les intentions de voir, le fait de voir, l’intention d’entendre, le fait d’entendre etc., cette forme d’activité mentale peut encore apparaître. Cependant, comme cette activité de l’esprit est extrêmement courte durant le sommeil, elle ne peut pas être connue. Durant la veille, en raison de la longueur de l’activité de l’esprit, il est possible de la connaître. Toutefois, pendant le sommeil, il n’est pas possible de connaître quel phénomène que se soit. Pour cette raison, la question de noter pendant le sommeil ne se pose pas, puisqu’on ne peut absolument pas noter.

19. Dès que l’on se réveille le matin, comment doit-on noter ?

Au moment du réveil, le premier instant de conscience doit être noté : « réveil ». Cela dit, être capable de commencer à appliquer la note dès le tout premier instant du réveil est assez difficile. Si vous ne parvenez pas encore à noter les perceptions du début du réveil, dès que vous en prenez conscience, notez sans interruption chaque phénomène qui apparaît. Si vous pensez, notez : « penser » ensuite, continuez de noter la montée et la descente de l’abdomen. Si vous êtes réveillé par un bruit, notez : « entendre » ensuite, continuez de noter la montée et la descente de l’abdomen.

Si rien de particulier n’apparaît, notez seulement comme d’habitude : « monter… descendre… », sans interruption. En nommant comme d’habitude le fait de se retourner, de s’allonger, de plier un membre, de détendre un membre, ou d’arranger une position, lorsque vous notez ces modifications de position, faites-le très modérément. Si vous réfléchissez à quelque chose comme : « quelle heure est-il ? », notez : « réfléchir ». Si vous avez l’intention de vous lever, notez : « intention de se lever ». En vous levant, notez également toutes les modifications effectuées, sans vous relâcher. Pendant que vous vous levez, en vous concentrant sur les mouvements du corps, notez : « se lever… se lever… ». Si vous asseyez, notez : « s’asseoir… s’asseoir… ». Ensuite, revenez à la note habituelle en notant sans interruption : « monter… descendre… ».

20. En mangeant, comment doit-on noter ?

En mangeant, si vous regardez, notez : « regarder… voir… ». En préparant une bouchée de nourriture, notez tous les gestes de la main : « préparer… préparer… ». Si vous prenez une bouchée, notez : « baisser la tête ». Quand la cuillère touche la bouche, notez : « toucher ». En ouvrant la bouche, notez : « ouvrir ». Si vous inclinez la tête, notez : « incliner ».

Lorsque vous refermez la bouche, notez : « fermer ». Quand vous reposez la main, notez : « reposer… reposer… ». Si vous touchez un plat, notez : « toucher ». En relevant la tête, notez : « relever ». Ensuite, mangez en notant chaque mâchage : « mâcher… mâcher… ». Si vous percevez un goût, notez : « goût… goût… ». En avalant, notez : « avaler ». Si vous sentez les aliments qui descendent dans la gorge et dans l’intestin, notez : « sentir… sentir… ». De la même manière, notez soigneusement chaque bouchée de nourriture et chaque cuillerée à soupe.

21. Au début de l’entraînement, pour être capable de connaître ce qui est noté, comment doit-on considérer la chose et comment doit-on noter ?

Au début de l’entraînement, n’étant pas en mesure de noter continuellement, il y a beaucoup de moment d’absence. Pendant les changements de position notamment, il est très probable qu’on ne puisse pas noter. Que cela ne vous contrarie pas. En ayant l’intention de noter tout en détail, si vous respectez bien votre concentration, vous parviendrez à noter de plus en plus de choses. Lorsque votre entraînement aura atteint une certaine maturité, en faisant toujours bien comme c’est indiqué, vous serez capable de noter de plus en plus de détails et cela deviendra de plus en plus facile.

22. Quand on pense que de noter deux choses par respiration (monter, descendre) est devenu très facile comment peut-on noter ?

Si pendant toute une journée, le fait de noter : « monter… descendre… » à chaque respiration vous paraît être devenu très facile à noter, à partir de ce moment-là, vous pouvez intégrer la position assise du corps. Vous noterez alors trois objets : « monter… descendre… assis… ». Ainsi, comme vous connaissez la montée et la descente de l’abdomen, vous connaîtrez la position assise du corps.

En position allongée, vous noterez trois objets par respiration : « monter… descendre… allongé… ». Si ces trois objets vous paraissent très aisés à noter, en insérant un point de touche nettement visible, vous noterez quatre objets par respiration : « monter… descendre… assis… toucher… ». En notant de la sorte, si cela ne va pas, en insérant deux fois la position assise par respiration, vous noterez : « monter… assis… descendre… assis… ». En position couchée, notez quatre objets par respiration, soit : « monter… descendre… coucher… toucher… », soit : « monter… coucher… descendre… coucher… ».

23. En étant concentré sur son corps pendant que l’on note : « monter… descendre… », est-il nécessaire de noter les visions et les sons habituels ?

En étant concentré sur son corps pendant que l’on note : « monter… descendre… », il n’est pas nécessaire de noter les visions et les sons habituels. Lorsqu’on est concentré sur la montée et la descente de l’abdomen, ces visions et ces sons ordinaires apparaissent et disparaissent d’eux-mêmes. Il n’est pas nécessaire de s’en préoccuper car ils ne durent pas.

24. Lorsqu’on porte volontairement son regard sur quelque chose, lorsqu’on écoute volontairement quelque chose, lorsqu’on perçoit une vision particulière ou lorsqu’on peut entendre un son qui apparaît clairement, comment doit-on le noter ?

Si vous regardez volontairement quelque chose, en notant : « regarder… voir… », reprenez aussitôt l’entraînement au début de la montée de l’abdomen en notant comme vous en avez l’habitude. Si vous commencez à regarder quelque chose comme une femme, un homme ou une quelconque vision particulière, en la notant : « voir… voir… » deux ou trois fois, poursuivez en notant comme vous en avez l’habitude. Si vous écoutez volontairement quelque chose, en notant : « écouter… entendre… », reprenez aussitôt l’entraînement au début de la montée de l’abdomen en notant comme vous l’habitude. Qu’il y ait le son d’une voix, d’une chanson, d’un bruit violent, un aboiement de chien, un chant d’oiseau ou de coq, etc., si vous l’entendez clairement, en le notant : « entendre… entendre… » deux ou trois fois, poursuivez en notant comme vous en avez l’habitude.

25. Qu’arrive-t-il si on ne note pas les visions et les sons particuliers ?

Si on ne note pas les visions et les sons particuliers, il est très probable qu’on ne puisse pas connaître clairement la montée et la descente de l’abdomen. En réfléchissant, les kilesā peuvent apparaîtrent facilement. S’il en est ainsi, en notant : « penser… penser… », poursuivez aussitôt de noter comme vous en avez l’habitude.

26. Si on est distrait et que l’on demeure en ne notant ni les gestes du corps ni les projections mentales, que peut-on faire ?

Si vous êtes distrait et que vous demeurez en ne notant ni les gestes du corps ni les projections mentales, en notant : « distraction », continuez de noter comme vous en avez l’habitude.

27. Lorsque l’expiration et l’inspiration sont floues, si la montée et la descente de l’abdomen ne sont pas claires, que faut-il noter ?

Lorsque l’expiration et l’inspiration sont floues, si la montée et la descente de l’abdomen ne sont pas claires, notez la position assise, la position couchée et les points de touche. En alternance, notez quatre, cinq, six points de touche.

28. À quels moments faut-il noter ?

Il faut noter du premier instant qui suit le réveil, et cela jusqu’à ce que l’on s’endorme automatiquement. Il faut s’entraîner ainsi à tout moment, de jour comme de nuit, à peu près jusqu’au moment où les yeux se ferment par la fatigue. Il faut rester seulement et sans arrêt dans la note.

29. Au début de l’entraînement, comment développer la détermination de noter ?

Au début de l’entraînement, déterminez-vous en vous disant : « Puissè-je ne faire rien d’autre que de demeurer dans la note et sans m’endormir. », et mettez-vous à noter sans relâche. Lorsque l’entraînement parvient à une bonne maturité, l’envie de s’endormir aura disparue et la note deviendra naturellement très claire.

30. Comment pourrait-on résumer l’entraînement consistant à noter ?

Il faut noter ce qui est bon comme ce qui est mauvais, toutes les projections mentales, toutes les pensées, tout ce qui apparaît à l’esprit. Il faut noter ce qui est minime, ce qui est proéminent, toutes les modifications de position et les mouvements du corps. Il faut noter les sensations plaisantes comme les sensations déplaisantes qui apparaissent dans le corps et à la conscience, et toutes les douleurs qui surgissent. Il faut noter tous les objets bons et mauvais qui apparaissent clairement à la conscience. Ainsi, quand il n’y a pas d’objet particulier à noter, reprenez comme d’habitude, en notant la montée et la descente de l’abdomen, sans interruption. Pendant la marche, notez seulement la montée, l’avancée et le poser de chaque pas, sans interruption.

infos sur cette page

Origine : Texte en birman distribué au centre de méditation Pandita de Yangon (Birmanie)

Traducteur : Moine Dhamma Sāmi

Date de traduction : 2000

Mise à jour : 28 juin 2006