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MN 9 - sammādiṭṭhi sutta

Le récit de la vision juste

L’expression « vision juste » était utilisée par plusieurs écoles de pensée, aussi bien par des ignorants que par des savants, autant en relation avec une expérience directe que par simple ouï-dire. Généralement, la vision juste concernait bien les relations de cause à effet, mais elle n’était pas conforme à la réalité parce qu’on croyait à l’existence de la personne. Dans l’enseignement de maître Gotama, la vision juste constituait le premier facteur de l’octuple chemin et conditionnait les sept autres éléments. Il était donc fondamental de bien comprendre ce qu’on entendait par ce terme. C’est ce que détaille ici le Vénérable Sāriputta, principal disciple de maître Gotama, et le plus éminent par sa sagacité, à travers 15 aspects justes qui, tous, recoupent les 4 vérités. Le commentaire distingue deux types de vision juste, mondaine quand elle porte sur les relations de cause à effet en conformité avec la réalité, supramondaine quand elle accompagne le chemin immaculé.

Ainsi ai-je entendu.

En ce temps-là le Bienheureux séjournait, près de Sāvatthi, dans le parc Anāthapiṇḍika du bois Jéta. En cette circonstance, le Vénérable Sāriputta s’adressa aux moines :

— Moines !

— Oui, mon ami, lui répondirent les moines.

Et le Vénérable Sāriputta leur dit ceci :

— Vision juste, mes amis, on entend parler çà et là de vision juste. Dans quelle mesure, mes amis, un disciple noble acquiert-il la vision juste, a-t-il la vision droite(*), est-il doué d’une extrême confiance dans le Dhamma et accède-t-il au véritable Dhamma ?

La vision est droite quand elle ne dévie pas vers l’un des deux extrêmes, éternalisme ou nihilisme pour certains cas, mortifications ou immersion dans les plaisirs sensoriels pour d’autres.

— Nous viendrions, même de loin, mon ami, pour bien apprendre de la bouche du Vénérable Sāriputta le sens de ces paroles. Il serait bon que le Vénérable Sāriputta en révèle le sens : les moines pourraient ainsi entendre son explication et la retenir.

— Alors, mes amis, écoutez et faites bien attention, je vais parler.

— Oui, mon ami, répondirent les moines.

Et le Vénérable Sāriputta leur dit ceci :

— Pour autant qu’il reconnaisse avec sagacité ce qui est pernicieux, (akusala) mes amis, reconnaisse avec sagacité la racine du pernicieux, reconnaisse avec sagacité ce qui est bénéfique (kusala) et reconnaisse avec sagacité la racine du bénéfique, un disciple noble acquiert la vision juste, à la vision droite, est doué d’une extrême confiance dans le Dhamma et accède au véritable Dhamma.

En quoi consiste le pernicieux, mes amis ? En quoi consiste la racine du pernicieux ? En quoi consiste le bénéfique ? En quoi consiste la racine du bénéfique ?

Détruire le souffle vital est pernicieux, mes amis, prendre ce qui n’est pas donné est pernicieux, mal se conduire sexuellement est pernicieux, mentir est pernicieux, parler avec malveillance est pernicieux, parler durement est pernicieux, bavarder sottement est pernicieux, convoiter est pernicieux, haïr est pernicieux, avoir des croyances erronées est pernicieux. Voilà ce qu’on appelle pernicieux.

En quoi consiste la racine du pernicieux, mes amis ? L’attachement est une racine du pernicieux, l’aversion est une racine du pernicieux et la confusion est une racine du pernicieux. Voilà ce qu’on appelle racines du pernicieux.

En quoi consiste le bénéfique, mes amis ? Renoncer à tuer est bénéfique(*), renoncer à voler est bénéfique, renoncer à l’inconduite sexuelle est bénéfique, renoncer aux paroles mensongères est bénéfique, renoncer aux paroles malveillantes est bénéfique, renoncer aux paroles dures est bénéfique, renoncer aux bavardages est bénéfique, l’absence de convoitise est bénéfique, l’absence d’aversion est bénéfique et la vision juste est bénéfique. Voilà ce qu’on qualifie de bénéfique.

Voir histoire de Cakkana et histoire d’un laïc, qui illustrent des actions bénéfiques avec ou sans engagement préalable.

En quoi consiste la racine du bénéfique, mes amis ? Le détachement est une racine du bénéfique, l’acceptation est une racine du bénéfique, la lucidité est une racine du bénéfique. Voilà, mes amis, ce qu’on appelle racines du bénéfique.

Quand il reconnaît avec sagacité, ce qui est pernicieux, reconnaît avec sagacité la racine du pernicieux, reconnaît avec sagacité ce qui est bénéfique, reconnaît avec sagacité (la racine du bénéfique, le disciple noble élimine toute tendance à l’attachement, chasse toute tendance à l’aversion, déracine toute tendance à l’estimation « je suis » qui est une forme de croyance, élimine l’aveuglement (avijjā), produit la connaissance et met fin au malheur dans la réalité présente. C’est dans cette mesure qu’un disciple noble acquiert la vision juste, à la vision droite, est doué d’une extrême confiance dans le Dhamma et accède au véritable Dhamma.

— Excellent, mon ami. Les moines louèrent les paroles du Vénérable Sāriputta et s’en réjouirent.

Puis les moines posèrent une autre question au Vénérable Sāriputta :

— Y a-t-il, mon ami, un autre moyen qui permette à un disciple noble d’acquérir la vision juste, d’avoir la vision droite, d’être doué d’une extrême confiance dans le Dhamma et d’accéder au véritable Dhamma ?

— Oui, mes amis, il en existe un autre. Pour autant qu’il reconnaisse avec sagacité les aliments, l’origine des aliments, la fin des aliments et le chemin qui mène à la fin des aliments, un disciple noble acquiert la vision juste, à la vision droite, est doué d’une extrême confiance dans le Dhamma et accède au véritable Dhamma.

En quoi consistent les aliments, mes amis ? L’origine des aliments ? La fin des aliments ? Et le chemin qui mène à la fin des aliments ?

Il y a quatre sortes d’aliments, mes amis, pour soutenir les êtres existants et développer ceux qui cherchent naissance. Quelles sont ces quatre sortes ? Ce sont les aliments en bouchées, qu’ils soient grossiers ou raffinés, les contacts(*) en deuxième, les intentions (cetanā) en troisième et les états de conscience (citta) en quatrième. Il y a aliments s’il y a soif (désir premier), leur fin résulte de la fin de cette soif, et il y a l’octuple chemin immaculé qui mène à la fin des aliments : vision juste, dessein juste, parole juste, action juste, mode de subsistance juste, effort juste, vigilance juste et concentration juste.

Les six sortes de contact : du visible et de l’œil, des sons et de l’oreille, des odeurs et du nez, des saveurs et de la langue, des touchers et du corps, des connaissables et de la capacité de connaître. Les contacts alimentent en ressentis agréables, désagréables et neutres. Les intentions suscitent les actions, paroles et pensées qui créent de nouvelles situations. Dans une nouvelle situation, l’état de conscience conditionne les composants psychiques et physiques concomitants.

Quand il reconnaît avec sagacité les aliments, l’origine des aliments, la fin des aliments et le chemin qui mène à la fin des aliments, le disciple noble élimine toute tendance à l’attachement, chasse toute tendance à l’aversion, déracine toute tendance à l’estimation « je suis » qui est une forme de croyance, élimine l’aveuglement, produit la connaissance et met fin au malheur dans la réalité présente. C’est dans cette mesure qu’un disciple noble acquiert la vision juste, à la vision droite, est doué d’une extrême confiance dans le Dhamma et accède au véritable Dhamma.

— Excellent, mon ami. Les moines louèrent les paroles du Vénérable Sāriputta et s’en réjouirent.

Puis les moines posèrent une autre question au Vénérable Sāriputta :

— Y a-t-il, mon ami, un autre moyen qui permette à un disciple noble d’acquérir la vision juste… ?

— Oui, mes amis, il en existe un autre. Pour autant qu’il reconnaisse avec sagacité le malheur, la source du malheur, l’arrêt du malheur et le chemin qui mène à l’arrêt du malheur, un disciple noble acquiert la vision juste…

En quoi consiste le malheur, mes amis ? La source du malheur ? L’arrêt du malheur ? Et le chemin qui y mène ?

La naissance est un malheur, le vieillissement est un malheur, la maladie est un malheur, la mort est un malheur, le chagrin, les lamentations, la douleur, l’insatisfaction et le désespoir sont des malheurs. En résumé, les cinq khandhā — forment le malheur. Voilà ce qu’on appelle malheur.

En quoi consiste la source du malheur ? La soif qui cause une nouvelle existence, s’accompagne de jouissance passionnée et procure du plaisir çà et là – à savoir la soif de plaisirs sensoriels, la soif d’existence et la soif de disparition –, voilà ce qu’on appelle source du malheur.

En quoi consiste l’arrêt du malheur ? Arrêt par détachement total, renoncement, lâcher-prise, libération et non-adhérence, voilà ce qu’est l’arrêt du malheur.

En quoi consiste le chemin qui mène à l’arrêt du malheur ? Le chemin immaculé qui mène à l’arrêt du malheur a huit composantes : vision juste, dessein juste, parole juste, action juste, mode de subsistance juste, effort juste, vigilance juste et concentration juste.

Quand il reconnaît avec sagacité le malheur, la source du malheur, l’arrêt du malheur et le chemin qui y mène, le disciple noble élimine toute tendance à l’attachement… C’est dans cette mesure qu’un disciple noble acquiert la vision juste…

— Excellent, mon ami. Les moines louèrent les paroles du Vénérable Sāriputta et s’en réjouirent.

Puis ils posèrent une autre question :

— Y a-t-il, mon ami, un autre moyen qui permette à un disciple noble d’acquérir la vision juste… ?

— Oui, mes amis, il en existe un autre. Pour autant qu’il reconnaisse avec sagacité ce qu’est le vieillissement-mort, son origine, son arrêt et le chemin qui mène à son arrêt, un disciple noble acquiert la vision juste…

En quoi cela consiste-t-il ? Le vieillissement, la décrépitude, les dents brisées, les cheveux blanchis, les rides, l’abrègement de la vie ou l’affaiblissement des facultés, voilà ce qu’on appelle vieillissement. Le décès, le départ, la destruction, la disparition, la mort, la fin du temps de vie, la destruction des ensembles (khandhā) et l’effondrement du corps, voilà ce qu’on appelle mort. Le vieillissement et la mort forment le vieillissement-mort. Il y a vieillissement-mort (jarā) s’il y a eu naissance, sa suppression résulte de la suppression de la naissance, et il y a l’octuple chemin qui mène à sa suppression…

… il existe un autre moyen. Pour autant qu’il reconnaisse avec sagacité ce qu’est la naissance, son origine, sa suppression et le chemin qui mène à sa suppression, un disciple noble acquiert la vision juste…

En quoi cela consiste-t-il ? La naissance en cours, la naissance accomplie, la descente, la production, l’apparition des ensembles et l’acquisition des domaines (āyatana), voilà, selon le cas, ce qu’on nomme naissance. Il y a naissance s’il y a existence(*), sa suppression résulte de la suppression de l’existence, et il y a l’octuple chemin qui mène à sa suppression…

L’existence désigne ici plus particulièrement les activités de la vie, lesquelles créent de nouvelles situations et de nouvelles naissances.

… il existe un autre moyen. Pour autant qu’il reconnaisse avec sagacité ce qu’est l’existence, son origine, sa suppression et le chemin qui mène à sa suppression, un disciple noble acquiert la vision juste…

En quoi cela consiste-t-il ? Il y a trois types d’existence : l’existence sensorielle, l’existence physique extrasensorielle et l’existence sans formes. Il y a existence s’il y a attachement, sa suppression résulte de la suppression de l’attachement, et il y a l’octuple chemin qui mène à sa suppression…

… il existe un autre moyen. Pour autant qu’il reconnaisse avec sagacité ce qu’est l’attachement, son origine, sa suppression et le chemin qui mène à sa suppression, un disciple noble acquiert la vision juste…

En quoi cela consiste-t-il ? Il y a quatre sortes d’attachement : l’attachement aux plaisirs sensoriels, l’attachement aux croyances, l’attachement aux observances et aux rites, et l’attachement à l’idée d’un moi-autonome (attā). Il y a attachement s’il y a soif (désir premier, élémentaire), sa suppression résulte de la suppression de la soif, et il y a l’octuple chemin qui mène à sa suppression…

… il existe un autre moyen. Pour autant qu’il reconnaisse avec sagacité ce qu’est la soif, son origine, sa suppression et le chemin qui mène à sa suppression, un disciple noble acquiert la vision juste…

En quoi cela consiste-t-il ? Il y a six espèces de soif : la soif de visible, la soif de sons, la soif d’odeurs, la soif de saveurs, la soif de touchers et la soif de connaissable(*). Il y a soif s’il y a ressenti, sa suppression résulte de la suppression du ressenti, et il y a l’octuple chemin qui mène à sa suppression…

La soif se répartit en soif de plaisirs sensoriels, soif d’existence quand on croit à l’éternité de quelque chose, soif de disparition quand on préfère l’anéantissement.

… il existe un autre moyen. Pour autant qu’il reconnaisse avec sagacité ce qu’est le ressenti, son origine, sa suppression et le chemin qui mène à sa suppression, un disciple noble acquiert la vision juste…

En quoi cela consiste-t-il ? Il y a six types de ressenti (vedanā) : le ressenti qui naît d’un contact avec l’œil, le ressenti qui naît d’un contact avec l’oreille, le ressenti qui naît d’un contact avec le nez, le ressenti qui naît d’un contact avec la langue, le ressenti qui naît d’un contact avec le corps, le ressenti qui naît d’un contact avec la faculté de connaître(*). Il y a ressenti s’il y a contact, sa suppression résulte de la suppression du ressenti, et il y a l’octuple chemin qui mène à sa suppression…

Le ressenti est de trois types : agréable, désagréable ou neutre. Les ressentis agréables causent la soif.

… il existe un autre moyen. Pour autant qu’il reconnaisse avec sagacité ce que sont les contacts, leur origine, leur suppression et le chemin qui mène à leur suppression, un disciple noble acquiert la vision juste…

En quoi cela consiste-t-il ? Il y a six types de contacts : le contact avec l’œil, le contact avec l’oreille, le contact avec le nez, le contact avec la langue, le contact avec le corps et le contact avec la faculté de connaître. Il y a contact s’il y a les six portes sensorielles, leur suppression résulte de la suppression des six portes sensorielles, et il y a l’octuple chemin qui mène à leur suppression…

… il existe un autre moyen. Pour autant qu’il reconnaisse avec sagacité ce que sont les six portes sensorielles, leur origine, leur suppression et le chemin qui mène à leur suppression, un disciple noble acquiert la vision juste…

En quoi cela consiste-t-il ? Il y a six portes sensorielles (āyatana) : la porte de l’œil, la porte de l’oreille, la porte du nez, la porte de la langue, la porte du corps et la porte de la cognition. Il y a les portes sensorielles s’il y a le physique-et-psychique (nāma rūpa), leur suppression résulte de la suppression du physique-et-psychique, et il y a l’octuple chemin qui mène à leur suppression…

… il existe un autre moyen. Pour autant qu’il reconnaisse avec sagacité ce qu’est le psychique-et-physique, son origine, sa suppression et le chemin qui mène à sa suppression, un disciple noble acquiert la vision juste…

En quoi cela consiste-t-il ? Le ressenti, la perception, l’intention coordinatrice, le contact et la prise en considération, voilà ce qu’on appelle psychique. Les quatre grands éléments et le physique associé aux quatre grands éléments, voilà ce qu’on appelle physique. Ce psychique et ce physique forment le psychique-et-physique. Il y a psychique-et-physique s’il y a état de conscience(*), sa suppression résulte de la suppression de l’état de conscience, et il y a l’octuple chemin qui mène à leur suppression…

Lors d’un état résultant, la conscience est accompagnée du psychique et du physique cités. Cet état résulte des activités mentionnées dans le paragraphe suivant, et il peut s’agir de la renaissance dans une nouvelle vie, conditionnée par l’activité antérieure, kamma.

… il existe un autre moyen. Pour autant qu’il reconnaisse avec sagacité ce qu’est l’état de conscience, son origine, sa suppression et le chemin qui mène à sa suppression, un disciple noble acquiert la vision juste…

En quoi cela consiste-t-il ? Il y a six groupes d’états de conscience : la conscience oculaire, la conscience auriculaire, la conscience nasale, la conscience linguale, la conscience corporelle et la conscience cognitive. Il y a état de conscience s’il y a eu activités. La suppression de l’état de conscience résulte de la suppression des activités, et il y a l’octuple chemin qui mène à sa suppression…

… il existe un autre moyen. Pour autant qu’il reconnaisse avec sagacité ce que sont les activités, leur origine, leur suppression et le chemin qui mène à leur suppression, un disciple acquiert la vision juste…

En quoi cela consiste-t-il ? Il y a trois types d’activité : physiques, verbales et mentales. Il y a activités s’il y a aveuglement (avijjā), leur suppression résulte de la suppression de l’aveuglement, et il y a l’octuple chemin qui mène à leur suppression…

… il existe un autre moyen. Pour autant qu’il reconnaisse avec sagacité ce qu’est l’aveuglement, son origine, sa suppression et le chemin qui mène à sa suppression, un disciple noble acquiert la vision juste…

En quoi cela consiste-t-il ? L’ignorance relative au malheur, à sa source, à son arrêt et au chemin, voilà ce qu’on appelle aveuglement. Il y a aveuglement s’il y a contamination, sa suppression résulte de la suppression des contaminations, et il y a l’octuple chemin qui mène à sa suppression…

… il existe un autre moyen. Pour autant qu’il reconnaisse avec sagacité ce que sont les contaminations, leur origine, leur suppression et le chemin qui mène à leur suppression, un disciple noble acquiert la vision juste…

En quoi consistent les contaminations ? Leur origine ? Leur suppression ? Et le chemin qui mène à leur suppression ?

Il y a trois types de contaminations : la contamination par les sens, la contamination par l’existence et la contamination par l’aveuglement. Il y a contamination quand il y a aveuglement, la suppression des contaminations résulte de la suppression de l’aveuglement, et il y a l’octuple chemin qui mène à la fin des contaminations : vision juste, dessein juste, parole juste, action juste, mode de subsistance juste, effort juste, vigilance juste et concentration juste.

Quand il reconnaît avec sagacité ce que sont les contaminations, l’origine des contaminations, la suppression des contaminations et le chemin qui mène à la fin des contaminations, le disciple noble élimine toute tendance à l’attachement, chasse toute tendance à l’aversion, déracine toute tendance à l’estimation « je suis » qui est une forme de croyance, élimine l’aveuglement, produit la connaissance et met fin au malheur dans la réalité présente. C’est dans cette mesure qu’un disciple noble acquiert la vision juste, à la vision droite, est doué d’une extrême confiance dans le Dhamma et accède au véritable Dhamma.

Ainsi parla le Vénérable Sāriputta.

Les moines furent satisfaits des paroles du Vénérable Sāriputta et ils s’en réjouirent.

Histoire du jeune Cakkana du Sri Lanka

La mère de ce jeune homme tomba malade et le médecin lui prescrivit de manger de la viande de lapin bien fraîche. Le frère aîné envoya Cakkana chasser le lapin.

Justement, un lapin venu se régaler de jeunes pousses bien vertes avait galopé si vite qu’il s’était pris dans des plantes tentaculaires et poussait des cris désespérés :

— Kiri ! Kiri !

Guidé par ces cris, Cakkana trouva le lapin et l’attrapa facilement. Il pensa d’abord à l’utiliser comme médicament pour sa mère, puis : « Non, ce ne serait pas bien, car j’enlèverais la vie à un être afin de prolonger celle de ma mère. »

Il relâcha donc le lapin en lui disant :

— Retourne dans la forêt manger l’herbe et boire l’eau avec les autres lapins.

De retour chez lui, Cakkana raconta l’histoire à son frère et celui-ci le gronda. Cakkana se rendit alors au chevet de sa mère et lui avoua ce qu’il avait fait, puis il ajouta :

— Je ne me souviens pas d’avoir, depuis ma naissance, volontairement retiré la vie à un être vivant.

Dès qu’elle entendit ces paroles, sa mère fut guérie.

Histoire du laïc qui habitait Uttaravaddhamana

Il s’était engagé, en présence du confirmé Pingala Buddharakkhita du monastère Ambariyā, à respecter les préceptes.

Un jour, alors qu’il avait labouré son champ et dételé son bœuf, celui-ci s’enfuit. Le laïc monta chercher son bœuf sur la colline qui dominait le village, mais un grand serpent l’attaqua et commença à l’emprisonner dans ses anneaux.

Le paysan pensa d’abord à lui couper la tête avec son couteau, puis : « Ce ne serait pas bien, je briserais le vœu que j’ai pris devant mon vénérable maître. »

Par trois fois il eut cette pensée, puis : « Mieux vaut renoncer à la vie qu’à mes engagements », et il jeta le couteau effilé qu’il tenait de côté.

À ce moment, le grand serpent le lâcha et partit.

infos sur cette page

Origine : Enseignements et discussions entre Bouddha, ses disciples, ses antagonistes… (Nord de l’Inde actuelle)

Date : Ve siècle avant notre ère

Traducteur : Christian Maës

Mise à jour : 25 févr. 2011